{"id":5553,"date":"2026-01-05T15:00:27","date_gmt":"2026-01-05T13:00:27","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=5553"},"modified":"2026-01-26T13:02:39","modified_gmt":"2026-01-26T11:02:39","slug":"10-05-15","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/10-05-15\/","title":{"rendered":"15. Consommation du vin"},"content":{"rendered":"
Apr\u00e8s que l\u2019on a termin\u00e9 le Birkat hamazon<\/em>, le m\u00e9zamen <\/em>r\u00e9cite la b\u00e9n\u00e9diction Bor\u00e9 peri ha-gu\u00e9fen<\/em> (\u00ab\u00a0B\u00e9ni sois-Tu\u2026 qui cr\u00e9es le fruit de la vigne\u00a0\u00bb, puis boit de ce vin. Si l\u2019on s\u2019en tient \u00e0 la stricte obligation, pour que la mitsva soit accomplie, il suffit que le m\u00e9zamen<\/em> boive la mesure dite de m\u00e9lo lougmav<\/em> (litt\u00e9ralement \u00ab\u00a0pleine gorg\u00e9e\u00a0\u00bb), ce qui repr\u00e9sente environ 50 ml pour un homme moyen (Pnin\u00e9 Halakha \u2013 Les Lois de Chabbat<\/em> 6, 5). Mais en ce cas, puisque l\u2019on n\u2019aura pas bu un revi\u2018it<\/em>, on aura perdu la possibilit\u00e9 de r\u00e9citer la b\u00e9n\u00e9diction finale sur le vin\u00a0; aussi est-il bon de boire un revi\u2018it<\/em> (75 ml), puis de dire la b\u00e9n\u00e9diction M\u00e9\u2018ein chaloch<\/em> sur le vin (cf. Choul\u2018han \u2018Aroukh<\/em> 190, 3).<\/p>\n Si le m\u00e9zamen<\/em> a du mal \u00e0 boire du vin dans la quantit\u00e9 de m\u00e9lo lougmav<\/em>, il peut se contenter, apr\u00e8s avoir dit la b\u00e9n\u00e9diction initiale du vin, d\u2019en boire un peu, puis un autre convive boira \u00e0 sa place la mesure de m\u00e9lo lougmav<\/em> (Choul\u2018han \u2018Aroukh, Ora\u2018h \u2018Ha\u00efm<\/em> 190, 4). Si plusieurs des convives boivent, \u00e0 eux tous, une quantit\u00e9 de m\u00e9lo lougmav<\/em>, ils auront accompli par-l\u00e0 la mitsva a posteriori (Choul\u2018han \u2018Aroukh<\/em>, Ora\u2018h \u2018Ha\u00efm<\/em> 271, 14, Michna Beroura<\/em> 73, Les Lois de Chabbat<\/em> I 6, 5, note 6).<\/p>\n Du point de la mitsva m\u00eame, il suffit qu\u2019un des convives boive \u00e0 la coupe la quantit\u00e9 de m\u00e9lo lougmav\u00a0<\/em>; mais la mani\u00e8re la plus choisie d\u2019accomplir la mitsva est que chacun des convives boive de ce vin, comme il est d\u2019usage au Qidouch. Cela, afin que tous soient associ\u00e9s \u00e0 la coupe de b\u00e9n\u00e9diction. En particulier, il convient de transmettre \u00e0 sa femme la coupe sur laquelle on aura dit la berakha<\/em>\u00a0: il y a l\u00e0 une action favorable (s\u00e9goula<\/em>), par laquelle la b\u00e9n\u00e9diction s\u2019\u00e9pand sur elle et sur lui (Berakhot<\/em> 51b\u00a0; Choul\u2018han \u2018Aroukh<\/em> 183, 4)[23]<\/a><\/sup>.<\/p>\n Comme pour le Qidouch, il faut veiller, pour la coupe de la b\u00e9n\u00e9diction, \u00e0 ce que le vin ne soit pas alt\u00e9r\u00e9 (pagoum<\/em>). On appelle vin alt\u00e9r\u00e9 un vin \u00e0 la coupe duquel on a d\u00e9j\u00e0 bu. Mais ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019une \u00ab\u00a0consommation nouvelle\u00a0\u00bb (chtia \u2018hadacha<\/em>) que le vin est consid\u00e9r\u00e9 comme alt\u00e9r\u00e9\u00a0: par exemple, si l\u2019on a bu \u00e0 la coupe de Qidouch le soir de Chabbat, le vin restant dans la coupe est consid\u00e9r\u00e9 comme alt\u00e9r\u00e9 pour le Qidouch du matin de Chabbat. Mais le soir m\u00eame de Chabbat, les auditeurs sont autoris\u00e9s \u00e0 boire du vin de cette coupe, bien que le m\u00e9qadech <\/em>(celui qui r\u00e9cite le Qidouch) y ait d\u00e9j\u00e0 bu. En effet, la consommation des auditeurs est consid\u00e9r\u00e9e comme la suite imm\u00e9diate<\/em> de celle du m\u00e9qadech<\/em>, et le vin qui est dans la coupe n\u2019a pas, \u00e0 leur \u00e9gard, le statut de pagoum<\/em>, tant que l\u2019on est occup\u00e9 \u00e0 boire au titre de cette m\u00eame mitsva. Il est ainsi de coutume, dans nombre de maisons, que la femme boive \u00e0 la coupe de Qidouch et de b\u00e9n\u00e9diction de son mari. Toutefois, s\u2019agissant des autres convives, en particulier ceux qui ne font pas partie de la famille proche, cela n\u2019est gu\u00e8re conforme aux bonnes mani\u00e8res (d\u00e9rekh \u00e9rets<\/em>), car nombreux sont ceux qui ne souhaitent pas boire dans le verre d\u2019autrui. La halakha est donc ainsi tranch\u00e9e\u00a0: on ne doit pas pr\u00e9senter \u00e0 son prochain la coupe \u00e0 laquelle on a bu, de crainte qu\u2019il n\u2019en soit d\u00e9go\u00fbt\u00e9 sans oser le dire. De plus, il se peut que le premier \u00e0 boire soit malade, et que le suivant, buvant \u00e0 sa coupe, contracte sa maladie (Choul\u2018han \u2018Aroukh<\/em> 170, 16, Michna Beroura<\/em> 37\u00a0; cf. ci-apr\u00e8s, chap. 12 \u00a7 5).<\/p>\n C\u2019est pourquoi bien des gens pr\u00e9f\u00e8rent que celui qui r\u00e9cite la b\u00e9n\u00e9diction verse de sa coupe dans les autres verres\u00a0; simplement, en ce cas, la consommation des autres n\u2019est plus consid\u00e9r\u00e9e comme la suite directe<\/em> de celle du premier\u00a0; d\u00e8s lors, puisque celui-ci a d\u00e9j\u00e0 bu de ce vin, le vin qu\u2019il verse dans le verre des autres est consid\u00e9r\u00e9 comme alt\u00e9r\u00e9<\/em> (pagoum<\/em>) \u00e0 leur \u00e9gard, de sorte qu\u2019il n\u2019est plus digne de servir de \u00ab\u00a0vin de la coupe de b\u00e9n\u00e9diction[l]<\/a><\/sup>\u00a0\u00bb. La solution est donc la suivante\u00a0: apr\u00e8s avoir dit la b\u00e9n\u00e9diction sur le vin, mais avant de commencer \u00e0 boire, on versera de la coupe de b\u00e9n\u00e9diction vers un autre verre auquel on boira\u00a0; de cette mani\u00e8re, le vin restant dans la coupe ne sera pas alt\u00e9r\u00e9, et l\u2019on pourra verser du vin qu\u2019elle contient dans les verres des autres convives. Si le vin restant dans la coupe ne suffit pas \u00e0 tous ceux qui souhaitent boire, on y ajoutera, depuis la bouteille, ce qu\u2019il faut de vin, puis on versera de la coupe dans le verre de chacun.<\/p>\n Mais la mani\u00e8re la plus parfaite de proc\u00e9der, c\u2019est, avant m\u00eame le Birkat hamazon<\/em>, de verser du vin dans les verres de tous les convives qui souhaitent boire du vin de la b\u00e9n\u00e9diction. Il n\u2019est pas n\u00e9cessaire de rincer les verres au pr\u00e9alable, ni que chacun ait une mesure de revi\u2018it <\/em>de vin dans son verre\u00a0: on versera \u00e0 chacun ce qu\u2019il veut boire apr\u00e8s la b\u00e9n\u00e9diction, car la notion de coupe de b\u00e9n\u00e9diction<\/em> se rapporte principalement \u00e0 la coupe de celui-l\u00e0 m\u00eame qui r\u00e9cite la b\u00e9n\u00e9diction, et ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 son \u00e9gard qu\u2019il faut veiller \u00e0 ce qu\u2019elle soit propre et contienne la mesure d\u2019un revi\u2018it<\/em>. Apr\u00e8s que le m\u00e9zamen<\/em> aura achev\u00e9 son Birkat hamazon<\/em>, il prononcera la b\u00e9n\u00e9diction du vin\u00a0; tous les participants r\u00e9pondront amen<\/em> et boiront, chacun au verre qui est devant soi. Ce proc\u00e9d\u00e9 est consid\u00e9r\u00e9 comme le plus parfait (m\u00e9houdar<\/em>), parce qu\u2019il ne cr\u00e9e aucune interruption entre l\u2019\u00e9coute de la b\u00e9n\u00e9diction Hagu\u00e9fen<\/em> et la consommation du vin, et parce que le vin que les convives boivent n\u2019est en rien alt\u00e9r\u00e9 par la consommation du m\u00e9zamen<\/em>.<\/p>\n Cependant, nombreux sont ceux qui ne sont pas si pointilleux quant aux bonnes mani\u00e8res\u00a0: ils tendent aux autres convives la coupe o\u00f9 le m\u00e9zamen<\/em> a bu, et ceux qui n\u2019en sont pas d\u00e9go\u00fbt\u00e9s y boivent, tandis que les autres, que cela d\u00e9go\u00fbte, n\u2019y boivent pas. Mais comme nous l\u2019avons dit, la mani\u00e8re la mieux choisie, aussi bien pour le Birkat hamazon<\/em> que pour le Qidouch, est de veiller \u00e0 ce qu\u2019il n\u2019y ait nulle alt\u00e9ration, ni soup\u00e7on de d\u00e9go\u00fbt provoqu\u00e9 par la coupe de b\u00e9n\u00e9diction, afin que tous puissent participer \u00e0 la mitsva de la fa\u00e7on la plus accomplie, en buvant du vin[24]<\/a><\/sup>.<\/p>\n Il importe de signaler que les convives s\u2019acquittent de la b\u00e9n\u00e9diction du vin, prononc\u00e9e par le m\u00e9zamen<\/em>, dans le seul cas o\u00f9 ils ont form\u00e9 l\u2019intention de s\u2019en acquitter ainsi. Mais s\u2019ils ont suppos\u00e9 qu\u2019on ne leur verserait pas de vin, et que finalement on leur ait pr\u00e9sent\u00e9 la coupe, ou vers\u00e9 du vin, il leur faudra dire la b\u00e9n\u00e9diction Bor\u00e9 peri hagu\u00e9fen<\/em> avant de boire (Choul\u2018han \u2018Aroukh<\/em> 190, 5).<\/p>\n [23]<\/a>. La femme \u00e9tant b\u00e9nie, l\u2019homme l\u2019est de nouveau \u00e0 son tour\u00a0; les sages ont en effet enseign\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0La b\u00e9n\u00e9diction ne r\u00e9side dans la maison de l\u2019homme que par son \u00e9pouse.\u00a0\u00bb (Baba Metsi\u2018a<\/em> 59a) Ils enseignent encore\u00a0: \u00ab\u00a0Quiconque n\u2019a pas de femme demeure sans b\u00e9n\u00e9diction.\u00a0\u00bb (Yevamot<\/em> 62b)<\/p>\n
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