{"id":562,"date":"2016-02-06T00:05:58","date_gmt":"2016-02-05T22:05:58","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=562"},"modified":"2017-08-13T09:57:54","modified_gmt":"2017-08-13T06:57:54","slug":"02-06-05","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/02-06-05\/","title":{"rendered":"05 \u2013 Lorsque l\u2019on prie au sein d\u2019un minyan d\u2019un autre rite que le sien"},"content":{"rendered":"
Si l\u2019on a l\u2019habitude de prier selon un certain rite, et que l\u2019on va prier au sein d\u2019un minyan adepte d\u2019un rite diff\u00e9rent, on doit, selon certains avis, prier conform\u00e9ment au rite du minyan au sein duquel on se trouve, car les individus se fondent dans la majorit\u00e9. Et si l\u2019on se conformait \u00e0 ses propres usages en pr\u00e9sence des autres, cela friserait l\u2019interdit de l<\/em>o titgodedou<\/em> (\u00ab\u00a0vous ne vous constituerez pas en petits clans\u00a0\u00bb) 1<\/a><\/sup> L\u2019interdit originel consiste dans le fait que, au sein d\u2019un m\u00eame tribunal rabbinique, certains juges aillent d\u2019apr\u00e8s l\u2019avis de la Maison d\u2019\u00e9tude de Chama\u00ef et que d\u2019autres suivent l\u2019avis de la Maison d\u2019\u00e9tude d\u2019Hillel, ce qui risquerait d\u2019aboutir \u00e0 une situation dans laquelle la Torah se scinderait en deux lois (Y\u00e9vamot <\/em>14a, suivant le Rif et le Roch). Aussi, selon le m\u00eame principe, il ne faut pas, dans une m\u00eame synagogue, prier selon deux rites en m\u00eame temps. De plus, les sages disent (Pessa\u2019him<\/em> 50b) que l\u2019on ne doit pas se d\u00e9marquer de l\u2019usage local, par crainte de la pol\u00e9mique (P\u00e9at Hachoul\u2019han <\/em>3, 14).<\/p>\n Mais d\u2019apr\u00e8s la majorit\u00e9 des d\u00e9cisionnaires, en ce qui concerne les parties de la pri\u00e8re qui se disent en silence, on peut prier conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019usage de ses p\u00e8res\u00a0; en effet, puisque les diff\u00e9rences ne sont pas apparentes, il n\u2019y a pas \u00e0 craindre de pol\u00e9mique\u00a0; et d\u00e8s lors, l\u2019interdit de se scinder en sous-groupes n\u2019est pas transgress\u00e9. En revanche, pour ce qui se dit \u00e0 voix haute, on priera selon l\u2019usage du minyan, afin de ne pas entra\u00eener de pol\u00e9mique ni de diff\u00e9rences entre les fid\u00e8les2<\/a><\/sup>.<\/p>\n Quand on doit prier de fa\u00e7on r\u00e9guli\u00e8re au sein d\u2019un minyan d\u2019un autre rite que le sien \u2013 cas dans lequel, par exemple, on s\u2019est install\u00e9 dans une ville o\u00f9 le seul minyan existant prie selon un autre rite, ou encore lorsque ce minyan est celui dans lequel on peut le mieux se renforcer du point de vue religieux \u2013, on est autoris\u00e9 \u00e0 choisir\u00a0: soit de prier selon l\u2019usage du minyan, tout le temps que l\u2019on priera en son sein, soit de maintenir l\u2019usage de ses p\u00e8res, et de ne se conformer au texte de l\u2019officiant que dans les parties dites \u00e0 voix haute.<\/p>\n L\u2019officiant qui se pr\u00e9sente au pupitre d\u2019une synagogue dont l\u2019usage est diff\u00e9rent du sien devra prier selon l\u2019usage de la synagogue, attendu qu\u2019il prie en tant que d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de la communaut\u00e9. Toutefois, pour une partie de la pri\u00e8re qui se dit \u00e0 voix basse, il peut prier selon son propre usage[3.Certes, le Yabia\u2019 Omer <\/em>VI Ora\u2019h \u2018Ha\u00efm<\/em> 10, 8 \u00e9crit que, si un endeuill\u00e9 est habitu\u00e9 \u00e0 prier selon un rite, et qu\u2019il vienne en un endroit o\u00f9 l\u2019on prie selon un autre rite, il peut officier suivant sa coutume si on le lui permet\u00a0; mais si on ne le lui permet pas, il vaut mieux, dit l\u2019auteur, qu\u2019il ne soit pas officiant, et qu\u2019il prie selon son usage. Cependant, la majorit\u00e9 des d\u00e9cisionnaires ne s\u2019accordent pas avec cette opinion. Le Igrot Moch\u00e9<\/em> II, 29 et IV, 33 estime que, m\u00eame en ce qui concerne la \u2018Amida, qui se dit \u00e0 voix basse, l\u2019officiant doit prier suivant le rituel de la communaut\u00e9, car la \u2018Amida dite \u00e0 voix basse par l\u2019officiant est destin\u00e9e \u00e0 pr\u00e9parer sa r\u00e9p\u00e9tition \u00e0 haute voix. Le Halikhot Chelomo<\/em> 5, 19 r\u00e9pond \u00e0 cela que, puisque l\u2019officiant lit le texte dans son sidour, il n\u2019est pas si n\u00e9cessaire de se pr\u00e9parer [aussi la pri\u00e8re dite \u00e0 voix basse par l\u2019officiant, n\u2019ayant plus tellement cette fonction de pr\u00e9paration, rev\u00eat davantage une dimension individuelle<\/p>\n N\u00e9anmoins, le Yabia\u2019 Omer<\/em><\/strong> 6, 10 estime que, m\u00eame pour ce qui se dit \u00e0 voix haute, chacun continuera \u00e0 prier selon son usage, et qu\u2019il n\u2019y a pas en cela de crainte de scission ni de pol\u00e9mique, du fait que tout le monde sait qu\u2019il existe des usages diff\u00e9rents. Toutefois, il semble que, m\u00eame d\u2019apr\u00e8s cet avis, on ne dira pas ces passages \u00e0 haute voix car, ce faisant, on \u00e9veillerait la pol\u00e9mique. En pratique<\/strong>, le fid\u00e8le est autoris\u00e9 \u00e0 choisir d\u2019aller selon l\u2019officiant ou selon son propre rite. Et plus le passage met en \u00e9vidence les diff\u00e9rences, plus il convient de suivre l\u2019officiant. Voir encore Igrot Moch\u00e9<\/em> 4, 34 sur certains aspects de l\u2019interdit pour une m\u00eame synagogue de suivre deux rites.<\/p>\n\n