{"id":5894,"date":"2026-01-13T09:00:27","date_gmt":"2026-01-13T07:00:27","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=5894"},"modified":"2026-05-06T13:27:05","modified_gmt":"2026-05-06T10:27:05","slug":"10-13-09","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/10-13-09\/","title":{"rendered":"09. Ne pas trop manger"},"content":{"rendered":"
Il est interdit de manger \u00e0 l\u2019exc\u00e8s. Il y a deux raisons \u00e0 cet interdit\u00a0: la premi\u00e8re est que l\u2019exc\u00e8s alimentaire pr\u00e9sente un danger pour la sant\u00e9\u00a0; la deuxi\u00e8me est qu\u2019il y a l\u00e0 un d\u00e9faut moral, en ce que l\u2019homme est trop entra\u00een\u00e9 \u00e0 la suite de ses d\u00e9sirs mat\u00e9riels.<\/p>\n
S\u2019agissant du danger que repr\u00e9sente pour la sant\u00e9 une alimentation excessive, Ma\u00efmonide \u00e9crit\u00a0(Hilkhot d\u00e9\u2018ot<\/em> 4, 2)\u00a0:<\/p>\n On ne mangera pas au point de remplir son ventre, mais on r\u00e9duira ses ingestions d\u2019un quart par rapport \u00e0 une pleine sati\u00e9t\u00e9.<\/p>\n Apr\u00e8s avoir donn\u00e9 le d\u00e9tail des aliments nuisibles \u00e0 la sant\u00e9, Ma\u00efmonide ajoute\u00a0(ibid.<\/em> 4, 14-15)\u00a0:<\/p>\n Tant que l\u2019homme s\u2019exerce physiquement et se donne beaucoup de peine, qu\u2019il n\u2019est point rassasi\u00e9, et que ses entrailles sont lib\u00e9r\u00e9es, aucune maladie ne peut s\u2019abattre sur lui, et il va se renfor\u00e7ant, d\u00fbt-il manger de mauvaises nourritures. (\u2026) Une nourriture surabondante (akhila gassa<\/em>) est pour le corps de tout \u00eatre humain comme un poison mortel, et c\u2019est l\u00e0 le principe de toutes les maladies. La majorit\u00e9 des maladies qui s\u2019abattent sur l\u2019homme n\u2019ont en effet d\u2019autre origine que l\u2019ingestion de mauvaises nourritures, ou le fait de remplir son ventre et de manger \u00e0 l\u2019exc\u00e8s, m\u00eame des aliments sains.<\/p>\n Cela est \u00e9galement admis par les meilleurs m\u00e9decins contemporains\u00a0: manger \u00e0 l\u2019exc\u00e8s porte grandement atteinte \u00e0 la sant\u00e9.<\/p>\n De plus, il est interdit de se laisser trop entra\u00eener par ses d\u00e9sirs mat\u00e9riels. Na\u2018hmanide explique que telle est l\u2019intention de la Torah lorsqu\u2019elle ordonne\u00a0: \u00ab\u00a0Vous serez saints\u2026\u00a0\u00bb (Lv 19, 2). En effet, si la Torah ne nous ordonnait pas d\u2019\u00eatre saints, on pourrait devenir ce que les Sages appellent un \u00ab\u00a0impie dans le cadre de la Torah[k]<\/a><\/sup>\u00a0\u00bb, en se goinfrant de viande sans retenue, et en buvant \u00e0 l\u2019exc\u00e8s du vin et des alcools, tout en pr\u00e9tendant ne commettre aucune faute, puisque la viande et le vin seraient garantis par un excellent certificat de cacheroute. Aussi nous est-il ordonn\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Vous serez saints\u00a0\u00bb, afin qu\u2019on ne se livre pas \u00e0 une consommation surabondante.<\/p>\n La Torah n\u2019a pas fix\u00e9 de mesure \u00e0 partir de laquelle la consommation devient surabondante, car les besoins diff\u00e8rent d\u2019une personne \u00e0 l\u2019autre. Certains ont un grand corps, d\u2019autres un petit corps\u00a0; les uns ont un m\u00e9tabolisme rapide, et requi\u00e8rent davantage de nourriture, d\u2019autres ont un m\u00e9tabolisme lent, et ont besoin de moins de nourriture. Entre deux personnes ayant les m\u00eames caract\u00e9ristiques corporelles, l\u2019une se livrera \u00e0 un travail corporel p\u00e9nible, n\u00e9cessitant une alimentation abondante, tandis que l\u2019autre aura un travail facile, requ\u00e9rant moins de nourriture (Chn\u00e9 Lou\u2018hot Habrit, Maamar<\/em> 7, 12).<\/p>\n \u00c0 l\u2019inverse, il faut avoir soin de ne pas se faire souffrir en se privant des bonnes nourritures. Le Talmud rapporte ainsi, en de nombreux endroits, que d\u2019un certain point de vue le nazir <\/em>(abst\u00e8me), en s\u2019abstenant de vin, est appel\u00e9 fauteur (\u2018hot\u00e9<\/em>), comme il est dit\u00a0: \u00ab\u00a0Et il sera fait expiation sur lui pour ce qu\u2019il aura faut\u00e9 envers sa personne[l]<\/a><\/sup>\u00a0(n\u00e9fech<\/em>).\u00a0\u00bb (Nb 6, 11) Rabbi El\u00e9azar Haqapar dit \u00e0 ce sujet\u00a0: \u00ab\u00a0Ne faut-il pas en tirer un raisonnement a fortiori\u00a0? Si le nazir<\/em>, qui ne s\u2019est mortifi\u00e9 qu\u2019en s\u2019abstenant de vin, est appel\u00e9 fauteur, celui qui se prive de toute chose, \u00e0 combien plus forte raison\u00a0!\u00a0\u00bb De l\u00e0, Chemouel apprend ceci\u00a0: \u00ab\u00a0Quiconque se livre au je\u00fbne est appel\u00e9 fauteur.\u00a0\u00bb (Ta\u2019anit<\/em> 11a\u00a0; N\u00e9darim <\/em>10a\u00a0; Nazir <\/em>19a\u00a0; 22a\u00a0; Baba Qama<\/em> 91b) Bien qu\u2019il y ait \u00e0 ce propos d\u2019autres opinions, telle est la position principale\u00a0: ce n\u2019est que pour les n\u00e9cessit\u00e9s du repentir (t\u00e9chouva<\/em>), ou dans des cas particuliers, qu\u2019il y a lieu de je\u00fbner et de pratiquer l\u2019abstinence\u00a0; mais en g\u00e9n\u00e9ral, il convient de profiter de toutes les bonnes et diverses nourritures que le Saint b\u00e9ni soit-Il a cr\u00e9\u00e9es en ce monde, et de louer Dieu pour cela. De cette mani\u00e8re, la sanctification du nom divin se r\u00e9pandra dans l\u2019univers, tant par les b\u00e9n\u00e9dictions que l\u2019on r\u00e9citera en l\u2019honneur de Dieu, que par le bon sentiment procur\u00e9 par les nourritures savoureuses que l\u2019on aura d\u00e9gust\u00e9es. Gr\u00e2ce \u00e0 cela, on pourra m\u00e9diter sur la Torah et le monde avec g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, on sera joyeux et bon envers les cr\u00e9atures. C\u2019est ce que disaient Rava et Rav Na\u2018hman d\u2019eux-m\u00eames\u00a0: par l\u2019effet de leur consommation de viande et de vin, leurs yeux se sont dessill\u00e9s, de mani\u00e8re \u00e0 avoir de la Torah une compr\u00e9hension plus profonde (cf. Yoma <\/em>76b\u00a0; Baba Qama<\/em> 71b). De m\u00eame, nos Sages enseignent que l\u2019on devra rendre des comptes pour tout ce que nos yeux auront vu mais dont on n\u2019aura point mang\u00e9 (Talmud de J\u00e9rusalem, Qidouchin<\/em> 4, 12). Mais si l\u2019on exag\u00e8re en mangeant \u00e0 l\u2019exc\u00e8s, on sombrera dans le chaos de la mat\u00e9rialit\u00e9, et l\u2019on ne pourra plus pr\u00eater attention \u00e0 l\u2019esprit et \u00e0 l\u2019\u00e2me\u00a0; finalement, on sera \u00e0 la fois malade, triste et d\u00e9prim\u00e9.<\/p>\n Un bon conseil, pour \u00e9viter de trop manger\u00a0: vers la fin de son repas, observer une pause d\u2019environ vingt minutes. Seulement apr\u00e8s cela, si l\u2019on en sent la n\u00e9cessit\u00e9, on continuera de manger. En effet, il est fr\u00e9quent que, tant que l\u2019on mange, notre app\u00e9tit demeure\u00a0; et l\u2019on pense n\u2019avoir pas encore mang\u00e9 selon ses besoins. Mais si l\u2019on fait une petite pause, le corps commence \u00e0 dig\u00e9rer ce qu\u2019il a ing\u00e9r\u00e9\u00a0; d\u00e8s lors, on \u00e9prouve une sensation de sati\u00e9t\u00e9. On peut profiter de cette pause pour \u00e9tudier la Torah \u00e0 sa table. On peut aussi r\u00e9citer le Birkat hamazon<\/em> et aller vaquer \u00e0 ses occupations\u00a0; puis, si l\u2019on d\u00e9sire ensuite manger de nouveau, on remangera, non sans r\u00e9citer les b\u00e9n\u00e9dictions r\u00e9glementaires.<\/p>\n