{"id":6001,"date":"2026-01-15T20:00:27","date_gmt":"2026-01-15T18:00:27","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=6001"},"modified":"2026-05-10T13:41:02","modified_gmt":"2026-05-10T10:41:02","slug":"10-15-20","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/10-15-20\/","title":{"rendered":"20. B\u00e9n\u00e9dictions relatives aux rois, de nos jours"},"content":{"rendered":"
De nombreux d\u00e9cisionnaires \u00e9crivent que, d\u00e8s lors qu\u2019une personne est consid\u00e9r\u00e9e, dans l\u2019ordre du gouvernement et de la pr\u00e9sidence, comme un \u00ab\u00a0roi\u00a0\u00bb, qu\u2019il a le droit de vie ou de mort en justice et que personne ne saurait modifier ses d\u00e9cisions \u2013 ni pour contester ce qu\u2019il ordonne, ni pour autoriser ce qu\u2019il d\u00e9fend \u2013 on r\u00e9cite \u00e0 son sujet la b\u00e9n\u00e9diction relative aux rois (responsa de Rabbi Abraham ben Isaac de Narbonne 32\u00a0; Radbaz I, 296\u00a0; Maguen Avraham\u00a0<\/em>; Michna Beroura<\/em> 224, 12).<\/p>\n D\u2019apr\u00e8s cela, de nos jours, il ne reste pratiquement pas de \u00ab\u00a0rois\u00a0\u00bb \u00e0 propos desquels on doit r\u00e9citer la b\u00e9n\u00e9diction. En effet, les chefs d\u2019\u00c9tats d\u00e9mocratiques doivent compter avec des parlements, des tribunaux, et leur mandat se limite \u00e0 un certain nombre d\u2019ann\u00e9es. Ce n\u2019est que dans des pays d\u00e9favoris\u00e9s qu\u2019il reste des dirigeants dont le pouvoir est absolu, \u00ab\u00a0rois\u00a0\u00bb au sujet desquels il y a lieu de dire une b\u00e9n\u00e9diction. Et dans ce cas m\u00eame, s\u2019il s\u2019agit de grands pervers, contre lesquels il serait l\u00e9gitime de se rebeller, nulle b\u00e9n\u00e9diction n\u2019est \u00e0 prononcer, comme nous l\u2019avons vu.<\/p>\n Toutefois, certains auteurs estiment que, s\u2019agissant m\u00eame de chefs d\u2019\u00c9tat de notre temps, il faut r\u00e9citer la b\u00e9n\u00e9diction\u00a0; et que, si trente jours ont pass\u00e9 sans qu\u2019on les ait vus, on doit la r\u00e9p\u00e9ter lorsqu\u2019on les revoit. En effet, l\u2019essentiel de la royaut\u00e9 et de l\u2019honneur qui s\u2019y attache r\u00e9side dans l\u2019autorit\u00e9<\/em> de diriger le peuple. Jadis, cela s\u2019exprimait par le pouvoir de tuer\u00a0; de nos jours, par le pouvoir de diriger. De plus, de nos jours encore, cette autorit\u00e9 influe indirectement sur la vie des gens. Par exemple, tel chef d\u2019\u00c9tat d\u00e9cide de la politique \u00e9conomique et du partage des ressources\u00a0: par-l\u00e0, il d\u00e9termine qui aura de quoi subsister, et quels malades b\u00e9n\u00e9ficieront de soins. Le chef d\u2019\u00c9tat a aussi le pouvoir d\u2019initier une guerre ou de l\u2019\u00e9tendre, g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 la suite d\u2019une consultation du parlement, mais, en temps d\u2019urgence, sur sa seule d\u00e9cision. Certes, une autre condition est mentionn\u00e9e par certains d\u00e9cisionnaires\u00a0: le roi doit porter ses v\u00eatements royaux\u00a0; mais lorsqu\u2019il est v\u00eatu comme un homme ordinaire, il n\u2019y a pas lieu de dire de berakha<\/em> \u00e0 son propos (responsa Niv\u2018har Mikessef <\/em>3). Cependant, de nos jours, l\u2019honneur royal ne s\u2019exprime plus par des v\u00eatements particuliers\u00a0: le fait est que l\u2019on honore le pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis, v\u00eatu d\u2019un simple costume, plus que tel roi africain, v\u00eatu d\u2019habits brod\u00e9s et dor\u00e9s. Le principe est le suivant\u00a0: d\u00e8s lors que le chef d\u2019\u00c9tat appara\u00eet selon l\u2019honneur attach\u00e9 \u00e0 son rang, entour\u00e9 de ses gardes et de ses conseillers, suivant les r\u00e8gles protocolaires, on dit \u00e0 son propos la b\u00e9n\u00e9diction. Mais quand il se trouve en vacances, ou au sein de sa famille, on ne dit pas de b\u00e9n\u00e9diction en le voyant. Telle est la coutume de certains rabbins, qui r\u00e9citent la berakha <\/em>quand ils voient le pr\u00e9sident am\u00e9ricain, le pr\u00e9sident fran\u00e7ais ou le Premier ministre britannique. Certains prononcent la b\u00e9n\u00e9diction \u00e0 la vue des rois d\u2019Angleterre, car, bien qu\u2019ils ne poss\u00e8dent presque aucun pouvoir de d\u00e9cision, l\u2019honneur attach\u00e9 \u00e0 leur titre est tr\u00e8s grand, et leur dynastie se perp\u00e9tue depuis des si\u00e8cles, sans interruption.<\/p>\n Cependant, en pratique, il ne semble pas qu\u2019il y ait lieu de dire la b\u00e9n\u00e9diction au sujet de chefs d\u2019\u00c9tats d\u00e9mocratiques, car ils ne sauraient \u00eatre halakhiquement assimil\u00e9s \u00e0 des rois. Tel \u00e9tait en effet, pr\u00e9cis\u00e9ment, le propos des \u00c9tats d\u00e9mocratiques que de mettre un terme \u00e0 l\u2019immense puissance de la monarchie. \u00c0 cette fin, des r\u00e9volutions et des guerres furent men\u00e9es, on ex\u00e9cuta des rois, on cr\u00e9a des institutions d\u00e9mocratiques en vertu desquelles le peuple peut choisir ses dirigeants. Et, pour limiter et \u00e9quilibrer les pouvoirs des dirigeants \u00e9lus \u2013 afin qu\u2019ils ne s\u2019arrogeassent pas, avec le temps, des pr\u00e9rogatives suppl\u00e9mentaires, qui eussent ressembl\u00e9, dans une certaine mesure, \u00e0 un pouvoir royal absolu \u2013, on institua un parlement fort, une autorit\u00e9 judiciaire ind\u00e9pendante, et on limita dans le temps le mandat des dirigeants[12]<\/a><\/sup>.<\/p>\n