{"id":6016,"date":"2026-01-15T23:40:27","date_gmt":"2026-01-15T21:40:27","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=6016"},"modified":"2026-05-10T14:19:14","modified_gmt":"2026-05-10T11:19:14","slug":"10-15-25","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/10-15-25\/","title":{"rendered":"25. Lieux o\u00f9 l\u2019on a soi-m\u00eame b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un miracle"},"content":{"rendered":"
Quand un homme s\u2019est trouv\u00e9 en danger, et qu\u2019un miracle s\u2019est produit en sa faveur, gr\u00e2ce \u00e0 quoi il a \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9, il r\u00e9citera, lorsqu\u2019il reverra le lieu o\u00f9 s\u2019est produit ce miracle, la b\u00e9n\u00e9diction suivante\u00a0: Baroukh Ata, Ado-na\u00ef, Elo-h\u00e9nou, M\u00e9lekh ha\u2018olam, ch\u00e9\u2018assa li ness bamaqom haz\u00e9 <\/em>(\u00ab\u00a0B\u00e9ni sois-Tu, \u00c9ternel, notre Dieu, Roi de l\u2019univers, qui as fait pour moi un miracle en ce lieu\u00a0\u00bb).<\/p>\n Cependant, une question se pose\u00a0: quelle est la d\u00e9finition du miracle\u00a0? Selon certains auteurs, d\u00e8s lors que l\u2019on se trouvait r\u00e9ellement en danger de mort \u2013 par exemple, si l\u2019on a subi un accident de la route, ou que l\u2019on soit tomb\u00e9 d\u2019une hauteur importante, ou que l\u2019on ait \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9 par des brigands \u2013, on a l\u2019obligation de dire la berakha<\/em> pour y avoir \u00e9chapp\u00e9 (Beit Yossef<\/em>, au nom du Rivach). Selon d\u2019autres, on ne la dit que dans le cas d\u2019un miracle manifeste, c\u2019est-\u00e0-dire dans le cas o\u00f9 le sauvetage \u00e9chappait \u00e0 la marche usuelle du monde \u2013 parce qu\u2019une grande majorit\u00e9 de ceux qui se trouveraient dans un semblable danger en mourraient, tandis que l\u2019on a soi-m\u00eame b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un miracle salvateur (Rabbi David Aboudraham, au nom de Rabb\u00e9nou Acher de Lunel).<\/p>\n En pratique, on tient compte du principe selon lequel, en cas de doute portant sur une b\u00e9n\u00e9diction, on est indulgent. Ce n\u2019est donc que dans le cas o\u00f9 le secours faisait exception \u00e0 l\u2019ordonnancement habituel du monde que l\u2019on prononcera la b\u00e9n\u00e9diction, en mentionnant le nom et la royaut\u00e9 de Dieu. Dans les autres cas o\u00f9 l\u2019on a \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9 d\u2019un danger r\u00e9el de mort, on dira\u00a0: Baroukh ch\u00e9\u2018assa li ness bamaqom haz\u00e9<\/em> (\u00ab\u00a0B\u00e9ni soit Celui qui m\u2019a fait un miracle en ce lieu\u00a0\u00bb), sans mentionner le nom ni la royaut\u00e9 de Dieu (Choul\u2018han \u2018Aroukh, Ora\u2018h \u2018Ha\u00efm<\/em> 218, 9).<\/p>\n Quand parle-t-on d\u2019un sauvetage faisant exception aux r\u00e8gles usuelles du monde<\/em>\u00a0? Quand le danger \u00e9tait tel qu\u2019une grande majorit\u00e9 de ceux qui y auraient \u00e9t\u00e9 expos\u00e9s eussent succomb\u00e9. Par exemple, quand un grand b\u00e2timent s\u2019effondre sur un homme, et que, apr\u00e8s avoir d\u00e9blay\u00e9 les d\u00e9combres, on le retrouve vivant\u00a0; ou s\u2019il est tomb\u00e9 d\u2019un tr\u00e8s haut sommet\u00a0; ou que l\u2019on ait tir\u00e9 sur lui plusieurs balles, qui l\u2019aient bless\u00e9\u00a0; ou qu\u2019il ait subi un tr\u00e8s grave accident de la route\u00a0: si cette personne est sauve, elle r\u00e9citera la b\u00e9n\u00e9diction, en mentionnant le nom et la royaut\u00e9 de Dieu. Mais s\u2019il n\u2019est pas certain qu\u2019une majorit\u00e9 significative de ceux qui auraient \u00e9t\u00e9 expos\u00e9s \u00e0 ce danger y eussent trouv\u00e9 la mort, on dira la b\u00e9n\u00e9diction sans mentionner le nom ni la royaut\u00e9 de Dieu. Et puisque l\u2019on n\u2019est pas impartial \u00e0 l\u2019\u00e9gard de soi-m\u00eame, on ne d\u00e9cidera pas seul si l\u2019on se trouvait effectivement dans un danger tel qu\u2019une grande majorit\u00e9 de gens y eussent trouv\u00e9 la mort\u00a0: on posera la question \u00e0 un sage, lequel, en se fondant sur l\u2019\u00e9valuation de sp\u00e9cialistes, tranchera si l\u2019on doit dire la berakha<\/em> dans sa version compl\u00e8te, avec la mention du nom et de la royaut\u00e9 de Dieu[17]<\/a><\/sup>.<\/p>\n Une fois qu\u2019il est admis que l\u2019\u00e9v\u00e9nement dont on a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 est un miracle v\u00e9ritable, on devra, en voyant le lieu du miracle pour la premi\u00e8re fois, r\u00e9citer la b\u00e9n\u00e9diction, m\u00eame s\u2019il ne s\u2019est pas pass\u00e9 trente jours depuis la survenance du miracle. Apr\u00e8s cela, si l\u2019on revoit ce lieu trente jours apr\u00e8s l\u2019avoir vu, on r\u00e9p\u00e9tera la b\u00e9n\u00e9diction. Et si l\u2019on a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de plusieurs miracles, il sera bon de mentionner, \u00e0 la fin de la b\u00e9n\u00e9diction, les noms des autres lieux o\u00f9 ces miracles sont survenus (Choul\u2018han \u2018Aroukh<\/em> 218, 5\u00a0; Cha\u2018ar Hatsioun<\/em> 12).<\/p>\n De m\u00eame que la personne qui a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du miracle a l\u2019obligation de dire la berakha<\/em>, de m\u00eame ses enfants et ses petits-enfants le doivent, quand ils se trouvent au lieu du miracle, d\u00e8s lors qu\u2019ils ne l\u2019ont pas vu pendant trente jours. La b\u00e9n\u00e9diction qu\u2019ils diront sera\u00a0: Baroukh Ata, Ado-na\u00ef, Elo-h\u00e9nou, M\u00e9lekh ha\u2018olam, ch\u00e9\u2018assa l\u00e9-avi <\/em>[ou\u00a0: l\u00e9-sabi<\/em>] ness bamaqom haz\u00e9 <\/em>(\u00ab\u00a0B\u00e9ni sois-Tu, \u00c9ternel, notre Dieu, Roi de l\u2019univers, qui as fait pour mon p\u00e8re [ou\u00a0:<\/em> mon grand-p\u00e8re] un miracle en ce lieu\u00a0\u00bb). (Choul\u2018han \u2018Aroukh<\/em> 218, 4) Si c\u2019est un ma\u00eetre de Torah, ses disciples attitr\u00e9s doivent, eux aussi, dire comme lui la b\u00e9n\u00e9diction (ibid.<\/em> 6). S\u2019agissant des arri\u00e8re-petits-enfants et de leurs descendants, les Richonim sont partag\u00e9s. En pratique, les descendants qui sont n\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 ce miracle \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire ceux dont l\u2019anc\u00eatre naquit apr\u00e8s sa survenance \u2013, doivent r\u00e9citer la b\u00e9n\u00e9diction, jusqu\u2019\u00e0 la derni\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration, d\u00e8s lors qu\u2019ils sont \u00e9mus \u00e0 la vue dudit lieu. En revanche, ceux qui naquirent avant la survenance du miracle, \u00e0 partir des arri\u00e8re-petits-enfants, s\u2019abstiendront de la r\u00e9citer (Elya Rabba\u00a0<\/em>; Michna Beroura<\/em> 218, 16)[18]<\/a><\/sup>.<\/p>\n Les A\u2018haronim \u00e9crivent encore que, si l\u2019on a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un miracle et \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 un danger, il convient de faire un don au Talmud-Torah et aux y\u00e9chivot, selon ses moyens, et de d\u00e9clarer\u00a0: Har\u00e9ni noten z\u00e9 la-tsedaqa\u00a0; viyhi ratson ch\u00e9-yeh\u00e9 ne\u2018hchav bimqom toda ch\u00e9hayiti \u2018hayav bizman hamiqdach<\/em> (\u00ab\u00a0Je donne cela \u00e0 la ts\u00e9daqa\u00a0<\/em>; puisse ce don \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme rempla\u00e7ant le sacrifice de reconnaissance [toda<\/em>] que j\u2019aurais d\u00fb apporter \u00e0 l\u2019\u00e9poque du Temple\u00a0\u00bb). Il convient aussi de r\u00e9citer le paragraphe (paracha<\/em>) de la Torah relatif au sacrifice de toda<\/em>[g]<\/a><\/sup>. De m\u00eame, il est bon de se porter volontaire pour quelque action charitable au service de la communaut\u00e9. De plus, chaque ann\u00e9e, on se rappellera le jour de ce miracle, et l\u2019on intensifiera son \u00e9tude de Torah, sa pri\u00e8re et l\u2019expression de sa reconnaissance envers Dieu (Michna Beroura<\/em> 218, 32).<\/p>\n Face \u00e0 cela, Rabbi David Aboudraham, au nom de Rabb\u00e9nou Acher de Lunel, estime qu\u2019on ne dit la b\u00e9n\u00e9diction que pour un miracle \u00e9chappant \u00e0 l\u2019ordre habituel des choses. Puisque, en cas de doute portant sur une b\u00e9n\u00e9diction, on est indulgent, c\u2019est ce dernier avis qu\u2019il est de coutume de suivre.<\/p>\n Toutefois, cette opinion requiert quelque \u00e9claircissement. Certains expliquent simplement que, ce qui est vis\u00e9 ici est un miracle qui n\u2019aurait pu survenir suivant les lois de la nature<\/em>\u00a0; tel est l\u2019avis du Yalqout Yossef <\/em>218, 4 et du Birkat Hachem<\/em> IV, 6, 45. Cependant, on ne saurait adopter cette explication, car, en Berakhot <\/em>54a, sont cit\u00e9s trois exemples de miracle\u00a0: a) avoir \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9 par un lion et avoir \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9\u00a0; b) alors qu\u2019on se trouvait dans le d\u00e9sert, presque mort de soif, avoir vu soudain jaillir une source salvatrice\u00a0; c) avoir \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9 par un chameau sauvage, et en avoir r\u00e9chapp\u00e9. Certes, le deuxi\u00e8me exemple peut \u00eatre vu comme un miracle \u00e9chappant aux lois de la nature\u00a0; mais les deux autres, pour \u00eatre des cas de grand danger, n\u2019ont pas excip\u00e9 aux lois de la nature dans leur d\u00e9nouement.<\/p>\n C\u2019est aussi ce que laisse entendre l\u2019expression du Choul\u2018han \u2018Aroukh<\/em>\u00a0218, 9\u00a0: \u00ab\u00a0lorsque cela sort de l\u2019usage du monde<\/em>\u00a0(minhag ha\u2018olam<\/em>) \u00bb.\u00a0Or, l\u2019auteur ne signale pas qu\u2019il doit s\u2019agir d\u2019un miracle faisant exception aux lois de la nature<\/em> (gu\u00e9der hat\u00e9va\u2019<\/em>). Cela laisse entendre que le danger dont il est question \u00e9tait tel qu\u2019une grande majorit\u00e9 de personnes y eussent succomb\u00e9. Telle est donc la position que, en cas de doute portant sur la berakha<\/em>, il faut adopter. C\u2019est en ce sens que s\u2019expriment, en pratique, le \u2018Hay\u00e9 Adam<\/em> 65, 4, le Nichmat Adam<\/em>, ad loc.<\/em>, le Mor Ouqtsi\u2018a<\/em>, le Ben Ich \u2018Ha\u00ef, \u2018Eqev <\/em>11, le Michna Beroura<\/em> 32, le Cha\u2018ar Hatsioun<\/em> 28 et le Ch\u00e9vet Hal\u00e9vi<\/em> 7, 28. Certains des d\u00e9cisionnaires que nous avons mentionn\u00e9s, il est vrai, pensent que, d\u00e8s lors que le danger pour la vie \u00e9tait r\u00e9el<\/em>, on r\u00e9cite la b\u00e9n\u00e9diction Ch\u00e9\u2018assa li ness<\/em>, m\u00eame si l\u2019on ne peut dire qu\u2019une grande majorit\u00e9 de personnes y eussent succomb\u00e9\u00a0; mais nous avons opt\u00e9 pour la voie m\u00e9diane.<\/p>\n
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