{"id":6087,"date":"2026-01-17T14:00:27","date_gmt":"2026-01-17T12:00:27","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=6087"},"modified":"2026-05-11T11:24:00","modified_gmt":"2026-05-11T08:24:00","slug":"10-17-14","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/10-17-14\/","title":{"rendered":"14. Nouveaux fruits"},"content":{"rendered":"
Si l\u2019on voit un fruit qui se renouvelle en sa saison, on dira Ch\u00e9h\u00e9\u2018h\u00e9yanou<\/em>, afin d\u2019exprimer notre reconnaissance envers Dieu, qui renouvelle le monde et fait pousser pour nous ce fruit en sa saison. Autrefois, quand l\u2019agriculture \u00e9tait un m\u00e9tier plus r\u00e9pandu, on avait coutume de dire Ch\u00e9h\u00e9\u2018h\u00e9yanou<\/em> au moment o\u00f9 l\u2019on voyait les nouveaux fruits, car c\u2019est alors que l\u2019on s\u2019en r\u00e9jouissait. De nos jours encore, si l\u2019on veut dire la berakha<\/em> au moment o\u00f9 l\u2019on voit le fruit nouveau, on y est autoris\u00e9. Cependant la coutume g\u00e9n\u00e9ralement observ\u00e9e est de dire Ch\u00e9h\u00e9\u2018h\u00e9yanou<\/em> au moment o\u00f9 l\u2019on mange du fruit nouveau pour la premi\u00e8re fois\u00a0de l\u2019ann\u00e9e\u00a0; en effet, la plupart des gens se r\u00e9jouissent davantage du renouvellement du fruit au moment o\u00f9 ils en mangent (Choul\u2018han \u2018Aroukh<\/em> 225, 3\u00a0; Levouch<\/em>).<\/p>\n Il est interdit de se fermer \u00e0 l\u2019abondance que l\u2019\u00c9ternel cr\u00e9a en son monde\u00a0; comme l\u2019enseignent nos Sages\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019homme devra rendre des comptes pour tout ce que ses yeux auront vu mais dont il n\u2019aura pas mang\u00e9.\u00a0\u00bb (Talmud de J\u00e9rusalem, Qidouchin<\/em> 4, 12) Car il y a l\u00e0 une forme de d\u00e9consid\u00e9ration de la valeur de la Cr\u00e9ation, dans toute la vari\u00e9t\u00e9 de ses esp\u00e8ces. Certains expliquent que la faute consiste ici \u00e0 manquer, par ce biais, de r\u00e9citer la b\u00e9n\u00e9diction Ch\u00e9h\u00e9\u2018h\u00e9yanou<\/em>, que l\u2019on aurait pu dire sur les fruits nouveaux (Tachbets Qatan<\/em> 320). On rapporte ainsi que Rabbi El\u00e9azar \u00e9conomisait de l\u2019argent pour pouvoir acheter toutes sortes de fruits, au moins une fois par an, afin de les go\u00fbter, de se r\u00e9jouir, et de r\u00e9citer \u00e0 cette occasion la b\u00e9n\u00e9diction Ch\u00e9h\u00e9\u2018h\u00e9yanou <\/em>(Talmud de J\u00e9rusalem, Qidouchin, ad loc.\u00a0<\/em>; Michna Beroura<\/em> 225, 19).<\/p>\n Par cons\u00e9quent, avant de consommer un fruit nouveau, il faut r\u00e9citer deux b\u00e9n\u00e9dictions\u00a0: l\u2019une est Ch\u00e9h\u00e9\u2018h\u00e9yanou<\/em>, l\u2019autre Ha\u2018ets <\/em>ou Ha-adama<\/em>. Certains ont coutume de commencer par la b\u00e9n\u00e9diction du fruit (Radbaz\u00a0; \u2018Hida)\u00a0; d\u2019autres par Ch\u00e9h\u00e9\u2018h\u00e9yanou<\/em> (Michna Beroura<\/em> 225, 11). On est fond\u00e9 \u00e0 choisir quelle coutume adopter.<\/p>\n On ne dit pas Ch\u00e9h\u00e9\u2018h\u00e9yanou <\/em>sur un fruit tant qu\u2019il est encore vert\u00a0; il faut attendre qu\u2019il ait fini de m\u00fbrir, et qu\u2019il soit savoureux (Choul\u2018han \u2018Aroukh<\/em> 225, 7). A posteriori, si l\u2019on a dit la b\u00e9n\u00e9diction alors que le fruit \u00e9tait comestible en cas de n\u00e9cessit\u00e9 pressante, on n\u2019aura pas \u00e0 la redire sur des fruits de cette esp\u00e8ce quand leur maturation sera achev\u00e9e (Michna Beroura<\/em> 225, 12).<\/p>\n Si l\u2019on oublie de dire Ch\u00e9h\u00e9\u2018h\u00e9yanou<\/em> la premi\u00e8re fois que l\u2019on mange tel fruit nouveau, on en aura perdu l\u2019occasion \u2013 qui est li\u00e9e \u00e0 la notion de renouveau \u2013, et l\u2019on ne pourra pas r\u00e9citer cette b\u00e9n\u00e9diction la deuxi\u00e8me fois qu\u2019on en mangera (Michna Beroura<\/em> 225, 13). Mais tant que l\u2019on se livre \u00e0 la premi\u00e8re consommation, on peut encore r\u00e9citer la berakha<\/em>[12]<\/a><\/sup>.<\/p>\n Si l\u2019on a devant soi deux sortes de fruits nouveaux, une seule berakha<\/em> vaut pour les deux, m\u00eame si l\u2019on n\u2019a pas l\u2019intention de manger, pour le moment, de la deuxi\u00e8me esp\u00e8ce. Mais si la deuxi\u00e8me esp\u00e8ce ne se trouve pas devant soi<\/em>, quoique l\u2019on en ait chez soi<\/em>, la b\u00e9n\u00e9diction Ch\u00e9h\u00e9\u2018h\u00e9yanou <\/em>r\u00e9cit\u00e9e sur la premi\u00e8re esp\u00e8ce n\u2019acquitte pas la seconde (cf. Michpatim Yecharim<\/em> 45\u00a0; Cha\u2018ar Hatsioun<\/em> 227, 16\u00a0; Me\u2018at Ma\u00efm<\/em> 65).<\/p>\n