{"id":66,"date":"2016-01-15T13:00:12","date_gmt":"2016-01-15T11:00:12","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=66"},"modified":"2018-03-19T11:32:13","modified_gmt":"2018-03-19T09:32:13","slug":"05-15-13","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/05-15-13\/","title":{"rendered":"13. Se venger d\u2019Haman et de ses dix fils"},"content":{"rendered":"
Un des th\u00e8mes principaux du livre d\u2019Esther est l\u2019ex\u00e9cution d\u2019Haman et de ses dix fils, le fait que la justice fut r\u00e9tablie, et que les m\u00e9chants, qui s\u2019\u00e9taient dress\u00e9s contre le peuple juif pour le d\u00e9truire, furent punis et mis \u00e0 mort. Quiconque se dresse contre Isra\u00ebl, peuple de l\u2019Eternel, b\u00e9ni soit-Il, se dresse et se r\u00e9volte contre l\u2019Eternel Lui-m\u00eame, b\u00e9ni soit-Il, Cr\u00e9ateur de l\u2019univers, et qui maintient l\u2019univers\u00a0; il n\u2019est que justice que cet ennemi disparaisse enti\u00e8rement. Plusieurs r\u00e8gles illustrent la th\u00e9matique particuli\u00e8re qu\u2019est l\u2019ex\u00e9cution d\u2019Haman et de se fils.<\/p>\n
Premi\u00e8rement, dans le rouleau d\u2019Esther, le passage relatant l\u2019ex\u00e9cution des dix fils d\u2019Haman appara\u00eet sous la forme d\u2019un cantique (chira<\/em>). \u00c0 la diff\u00e9rence des autres cantiques \u2013 comme celui de la mer rouge (Ex, chap. 15), o\u00f9 l\u2019\u00e9criture se m\u00eale aux espaces \u2013, l\u2019ex\u00e9cution des dix fils d\u2019Haman se pr\u00e9sente de mani\u00e8re directe et ordonn\u00e9e, un mot de chacun des deux c\u00f4t\u00e9s de la ligne, un espace s\u00e9parant les deux mots, de sorte que les dix noms des fils d\u2019Haman apparaissent tous du c\u00f4t\u00e9 droit de la ligne, et le mot \u05d5\u05d0\u05ea (v\u00e9-et<\/em>), qui introduit chaque compl\u00e9ment d\u2019objet et relie ces diff\u00e9rents noms, figure du c\u00f4t\u00e9 gauche (M\u00e9guila<\/em> 16b, Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 691, 3). Le Maharal (Or \u2018Hadach<\/em> 9, 10) explique que les autres cantiques expriment le soulagement (reva\u2019ha<\/em>) \u00e9prouv\u00e9 par les enfants d\u2019Isra\u00ebl, de sorte que, dans le texte \u00e9crit, la ligne m\u00e9nage des espacements (reva\u2019h<\/em>), et les mots s\u2019\u00e9tendent et s\u2019\u00e9tagent. Dans le cas du \u00ab\u00a0cantique\u00a0\u00bb sur l\u2019ex\u00e9cution des fils d\u2019Haman, par contre, ce qui s\u2019exprime est la joie de voir nos ennemis an\u00e9antis, un jugement droit leur ayant \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9. Aussi, ce passage s\u2019\u00e9crit-il sous forme de ligne ferm\u00e9e de part et d\u2019autre, et droite.<\/p>\n Il faut s\u2019efforcer de lire tous les noms des fils d\u2019Haman d\u2019un seul souffle, afin de faire allusion au fait que tous expir\u00e8rent ensemble\u00a0; a posteriori, si on n\u2019a pas lu les dix noms d\u2019un seul souffle, on est tout de m\u00eame quitte. La lettre \u05d5 du nom Va\u00efzata s\u2019\u00e9crit en caract\u00e8re plus grand que les autres lettres, pour faire allusion au fait que les dix fils furent tous pendus ensemble (M\u00e9guila<\/em> 16b, Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 690, 15 et 691, 4). Le Maharal enseigne que le fondement de la foi d\u2019Isra\u00ebl est la reconnaissance du Dieu un\u00a0; or les Amal\u00e9cites s\u2019opposent \u00e0 la foi en l\u2019unicit\u00e9 divine, et ha\u00efssent Isra\u00ebl. Quand les Amal\u00e9cites sont an\u00e9antis, l\u2019unit\u00e9 divine se d\u00e9voile donc dans le monde. C\u2019est pourquoi, quand les fils d\u2019Haman furent punis, ils moururent tous en un instant unique, car leur mort r\u00e9v\u00e9la la foi en l\u2019unit\u00e9 divine (Or \u2018Hadach<\/em> 9, 10).<\/p>\n Apr\u00e8s la lecture, il faut dire\u00a0: Arour Haman, baroukh Mordekha\u00ef, aroura Z\u00e9rech, beroukha Esther, arourim kol harcha\u2019im, beroukhim kol hatsadiqim, v\u00e9gam \u2018Harvona, zakhour l\u00e9tov<\/em> (\u00ab\u00a0maudit soit Haman, b\u00e9ni soit Mordekha\u00ef, maudite soit Z\u00e9rech, b\u00e9nie soit Esther, maudits soient tous les m\u00e9chants, b\u00e9nis soient tous les justes, ainsi que Harvona, de bonne m\u00e9moire\u00a0\u00bb) (Talmud de J\u00e9rusalem, M\u00e9guila<\/em> 3, 7, Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 690, 16).<\/p>\n \u00c0 l\u2019\u00e9poque des Richonim (au Moyen \u00c2ge), la coutume a commenc\u00e9 de se r\u00e9pandre parmi les enfants, et m\u00eame parmi les adultes, de \u00ab\u00a0frapper\u00a0\u00bb (conspuer) les mentions du nom d\u2019Haman (en agitant des cr\u00e9celles quand ce nom est lu). On a voulu exprimer par-l\u00e0, \u00e0 ce qu\u2019il semble, la haine des m\u00e9chants et la joie de les voir chuter. Bien que cette coutume n\u2019ait pas de source \u00e9crite, le Rama note\u00a0: \u00ab\u00a0Il n\u2019y a lieu d\u2019annuler aucune coutume, ni de s\u2019en moquer, car ce n\u2019est pas vainement que les coutumes ont \u00e9t\u00e9 fix\u00e9es\u00a0\u00bb (690, 17). Cependant, certains Richonim n\u2019avaient pas cet usage. Et, parmi les A\u2019haronim, certains se sont m\u00eame d\u00e9clar\u00e9s contre, parce que le bruit risque d\u2019emp\u00eacher les auditeurs de s\u2019acquitter de leur obligation d\u2019\u00e9couter la M\u00e9guila (comme nous l\u2019avons vu, \u00a7 10). En pratique, on pourra perp\u00e9tuer cette coutume, \u00e0 condition d\u2019avoir soin de laisser \u00e0 l\u2019ensemble du public pr\u00e9sent la possibilit\u00e9 de bien entendre l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du texte[18]<\/a><\/sup>.<\/p>\n