{"id":727,"date":"2016-04-03T06:00:05","date_gmt":"2016-04-03T03:00:05","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=727"},"modified":"2018-03-20T10:06:15","modified_gmt":"2018-03-20T08:06:15","slug":"04-03-06","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/04-03-06\/","title":{"rendered":"06. \u00c0 partir de quel moment courent les interdits de consommation et de jouissance du \u2018hamets"},"content":{"rendered":"
La mitsva d\u2019\u00e9limination (hachbata<\/em>) du \u2018hamets doit, selon la Torah, \u00eatre accomplie avant le milieu du 14 nissan\u00a0; si un Juif conserve du \u2018hamets apr\u00e8s le midi solaire, il contrevient \u00e0 tout moment \u00e0 la mitsva positive d\u2019\u00e9liminer son \u2018hamets. C\u2019est aussi au milieu du jour que d\u00e9bute l\u2019interdit toranique de consommer du \u2018hamets et d\u2019en tirer profit (Ma\u00efmonide, \u2018Hamets Oumatsa<\/em> 1, 8, cf. \u00a7 1 ci-dessus).<\/p>\n Afin de nous \u00e9loigner de la transgression, les sages ont ajout\u00e9 une heure \u00e0 l\u2019interdit de tirer profit du \u2018hamets, et deux heures \u00e0 l\u2019interdit de consommation. En effet, les jours nuageux, on risque jusqu\u2019\u00e0 deux heures d\u2019erreur.<\/p>\n On calcule ces horaires de la fa\u00e7on suivante\u00a0: on divise la journ\u00e9e en douze parties \u00e9gales\u00a0; chaque partie est appel\u00e9e heure relative (cha\u2019a zmanit<\/em>). D\u00e8s le d\u00e9but de la cinqui\u00e8me heure, le \u2018hamets est interdit \u00e0 la consommation\u00a0; au d\u00e9but de la sixi\u00e8me heure, le \u2018hamets est interdit \u00e0 la jouissance\u00a0; \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de la septi\u00e8me, commence l\u2019interdit toranique, portant concurremment sur la consommation et sur la jouissance du \u2018hamets.<\/p>\n Nous voyons donc qu\u2019en pratique, les quatre premi\u00e8res heures du jour du 14, il est permis de consommer du \u2018hamets\u00a0; durant la cinqui\u00e8me heure, il est rabbiniquement interdit d\u2019en consommer, mais il est encore permis d\u2019en tirer profit \u2013 par exemple, on peut en nourrir ses b\u00eates ou le vendre \u00e0 un non-Juif \u2013\u00a0; \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de la sixi\u00e8me heure du jour, il devient rabbiniquement interdit de tirer profit du \u2018hamets. D\u00e8s lors, le \u2018hamets n\u2019est plus consid\u00e9r\u00e9 comme faisant partie du patrimoine du Juif\u00a0; par cons\u00e9quent, il est impossible de le vendre \u00e0 un non-Juif ou de l\u2019annuler\u00a0: ce n\u2019est qu\u2019en le d\u00e9truisant par le feu, ou en l\u2019\u00e9miettant et en le jetant \u00e0 la mer ou au vent, que l\u2019on peut l\u2019\u00e9liminer (Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 443, 1).<\/p>\n Simplement, les d\u00e9cisionnaires sont partag\u00e9s sur le moment \u00e0 partir duquel on calcule les heures du jour. Selon le Maguen Avraham<\/em>, on fait d\u00e9buter le jour \u00e0 l\u2019aube (\u2018alot hacha\u2019har<\/em>), c\u2019est-\u00e0-dire au moment o\u00f9 se montre la premi\u00e8re lueur \u00e0 l\u2019orient\u00a0; selon le Gaon de Vilna, le jour commence au lever du jour (hanets ha\u2019hama<\/em>), c\u2019est-\u00e0-dire au moment o\u00f9 l\u2019on peut distinguer le soleil lui-m\u00eame \u00e0 l\u2019orient. La diff\u00e9rence entre l\u2019aube et le lever du jour est de plus d\u2019une heure. Aussi, pour toutes les r\u00e8gles d\u00e9pendant des heures du jour, les calendriers rapportent deux horaires, le plus pr\u00e9coce selon le syst\u00e8me du Maguen Avraham<\/em>, le plus tardif selon le Gaon de Vilna. Ainsi de l\u2019heure limite de lecture du Ch\u00e9ma, qui doit se lire avant la fin de la troisi\u00e8me heure du jour\u00a0; ainsi \u00e9galement de l\u2019heure limite de la \u2018Amida du matin, pri\u00e8re qui doit se r\u00e9citer avant la fin de la quatri\u00e8me heure (cf. La Pri\u00e8re d\u2019Isra\u00ebl<\/em> 11, 10, note 14).<\/p>\n En pratique, puisque l\u2019heure-limite de consommation du \u2018hamets, ainsi que l\u2019heure-limite de jouissance, de vente et d\u2019annulation du \u2018hamets sont fix\u00e9es rabbiniquement, la halakha est conforme \u00e0 l\u2019opinion indulgente\u00a0; nous avons en effet pour principe que, en cas de doute portant sur les paroles des sages, la halakha suit l\u2019avis indulgent. Malgr\u00e9 cela, quand la chose est possible, il est bon, a priori, d\u2019\u00eatre rigoureux (Michna Beroura<\/em> 443, 8)[9]<\/a><\/sup>.<\/p>\n