{"id":826,"date":"2016-04-09T06:00:10","date_gmt":"2016-04-09T03:00:10","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=826"},"modified":"2018-03-20T12:30:55","modified_gmt":"2018-03-20T10:30:55","slug":"04-09-06","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/04-09-06\/","title":{"rendered":"06. L\u00e9gumineuses qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 en contact avec l\u2019eau\u00a0; huiles de l\u00e9gumineuses"},"content":{"rendered":"
Le statut des l\u00e9gumineuses n\u2019est pas plus s\u00e9v\u00e8re que celui des cinq esp\u00e8ces c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res dont on fait du \u2018hamets. Tout ce qui est cach\u00e8re en mati\u00e8re de c\u00e9r\u00e9ales le sera donc \u00e9galement en mati\u00e8re de qitniot<\/em>. C\u2019est ainsi que, si telles l\u00e9gumineuses ne sont pas entr\u00e9es en contact avec de l\u2019eau, ou m\u00eame s\u2019il y a eu contact avec de l\u2019eau mais que l\u2019on ait veill\u00e9 \u00e0 ce que dix-huit minutes ne passent pas avant de les enfourner comme des matsot, il sera permis de les manger. Certains ont l\u2019usage d\u2019\u00eatre rigoureux en la mati\u00e8re, mais la majorit\u00e9 des d\u00e9cisionnaires le permettent[3]<\/a><\/sup>.<\/p>\n Les d\u00e9cisionnaires sont partag\u00e9s quant au statut des huiles ou des eaux-de-vie produites \u00e0 partir de l\u00e9gumineuses. Selon les auteurs indulgents, l\u2019interdit des l\u00e9gumineuses ne s\u2019applique pas \u00e0 l\u2019huile qui en provient. Suivant les avis rigoureux, la r\u00e8gle applicable \u00e0 l\u2019huile de l\u00e9gumineuses est semblable \u00e0 celle qui s\u2019applique aux l\u00e9gumineuses elles-m\u00eames, interdites \u00e0 la consommation en vertu d\u2019une coutume. Une opinion interm\u00e9diaire consiste \u00e0 dire que, si les l\u00e9gumineuses ont \u00e9t\u00e9 humect\u00e9es avec de l\u2019eau, elles sont d\u00e9j\u00e0 interdites, et l\u2019huile qui en proviendra sera interdite elle aussi\u00a0; mais si on les a moulues \u00e0 sec et que l\u2019on en ait fait de l\u2019huile, celle-ci sera permise[4]<\/a><\/sup>.<\/p>\n L\u2019huile de soja, l\u2019huile de canola (colza) et l\u2019huile de coton ne sont pas touch\u00e9es par l\u2019interdit\u00a0; malgr\u00e9 cela, nombreux sont ceux qui ont l\u2019usage d\u2019\u00eatre rigoureux en s\u2019abstenant d\u2019huile de soja et d\u2019huile de canola. Mais si l\u2019on veut \u00eatre indulgent, on y est autoris\u00e9. Quant \u00e0 l\u2019huile de coton, l\u2019usage r\u00e9pandu est d\u2019en permettre la consommation[5]<\/a><\/sup>.<\/p>\n L\u2019huile (l\u00e9cithine) produite \u00e0 partir de colza et qui entre dans la composition du chocolat n\u2019est pas incluse dans l\u2019interdit visant les l\u00e9gumineuses. Mais certains sont rigoureux \u00e0 cet \u00e9gard[6]<\/a><\/sup>.<\/p>\n Les chocolats et bonbons, m\u00eame quand ils portent l\u2019inscription cach\u00e8re pour Pessa\u2019h, pour les consommateurs de qitniot uniquement<\/em> (\u05db\u05e9\u05e8 \u05dc\u05e4\u05e1\u05d7 \u05dc\u05d0\u05d5\u05db\u05dc\u05d9 \u05e7\u05d8\u05e0\u05d9\u05d5\u05ea \u05d1\u05dc\u05d1\u05d3) sont, si l\u2019on s\u2019en tient \u00e0 la stricte obligation, autoris\u00e9s \u00e0 la consommation, y compris de ceux qui s\u2019abstiennent de qitniot<\/em>, car le m\u00e9lange a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9 avant Pessa\u2019h, et la partie qitniot<\/em> s\u2019est annul\u00e9e au sein de la majorit\u00e9. De plus, il s\u2019agit en g\u00e9n\u00e9ral, non de l\u00e9gumineuses m\u00eame, mais d\u2019huiles de l\u00e9gumineuses\u00a0; or certains des plus grands d\u00e9cisionnaires estiment que la coutume interdisant les l\u00e9gumineuses ne s\u2019applique pas \u00e0 leur huile. Toutefois, dans la mesure o\u00f9 certains auteurs sont rigoureux en la mati\u00e8re, les organismes de cacheroute \u00e9crivent, sur ces produits, qu\u2019ils ne sont cach\u00e8res que pour les consommateurs de qitniot<\/em>[7]<\/a><\/sup>.<\/p>\n Les d\u00e9cisionnaires discutent encore si le fait d\u2019\u00e9chauder les l\u00e9gumineuses [c\u2019est-\u00e0-dire le fait de les tremper quelques instants dans une eau d\u00e9j\u00e0 bouillante, proc\u00e9d\u00e9 que nous appelons \u2018halita<\/em>] est de nature \u00e0 autoriser leur consommation. En effet, en mati\u00e8re de c\u00e9r\u00e9ales, et si l\u2019on s\u2019en tient aux fondements talmudiques de la halakha, la cuisson \u00e0 l\u2019\u00e9chaud\u00e9e annule la possibilit\u00e9 de fermenter. Cependant, les Gu\u00e9onim sont d\u2019accord sur le fait que, de nos jours, on ne sait plus, strictement parlant, cuire \u00e0 l\u2019\u00e9chaud\u00e9e\u00a0; et c\u2019est en ce sens que tranche le Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 454, 3. Toutefois, s\u2019agissant de l\u00e9gumineuses, dont l\u2019interdiction n\u2019est que coutumi\u00e8re, le Or Zaroua\u2019<\/em> II 256 estime que la cuisson \u00e0 l\u2019\u00e9chaud\u00e9e suffit \u00e0 autoriser leur consommation. Mais le Mordekhi l\u2019interdit, ainsi que Rabb\u00e9nou P\u00e9rets, dans ses notes sur le S\u00e9fer Mitsvot Qatan<\/em> 222.<\/p>\n [4]<\/a>. Le Teroumat Had\u00e9chen<\/em> 113 explique que l\u2019huile produite \u00e0 partir de qitniot<\/em> est interdite, parce qu\u2019on les humecte pr\u00e9alablement\u00a0; c\u2019est aussi ce qu\u2019\u00e9crit le Rama 453, 1. Des termes employ\u00e9s par le Teroumat Had\u00e9chen<\/em>, il ressort que, si l\u2019on n\u2019humectait pas les l\u00e9gumineuses, il serait permis d\u2019en consommer l\u2019huile. Rabbi Yits\u2019haq El\u2019hanan, dans les responsa Beer Yits\u2019haq<\/em> 11, est plus indulgent\u00a0: si l\u2019on trie d\u2019abord les l\u00e9gumineuses afin de s\u2019assurer qu\u2019aucun grain de c\u00e9r\u00e9ale ne s\u2019y trouve m\u00eal\u00e9, l\u2019huile qui en sortira sera permise, parce qu\u2019un acte aura \u00e9t\u00e9 fait<\/em>, prouvant que l\u2019on conna\u00eet l\u2019interdit. Dans le m\u00eame sens, les responsa \u2018Emeq Halakha<\/em> 134 autorisent l\u2019eau-de-vie de l\u00e9gumineuses, car l\u2019interdit ne vise que ces derni\u00e8res, et non les liquides qui en proviennent.<\/p>\n Face \u00e0 cela, certains A\u2019haronim ont interdit l\u2019huile provenant de l\u00e9gumineuses, m\u00eame quand celles-ci n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 humect\u00e9es. C\u2019est la position du Nichmat Adam<\/em> 33 et du Avn\u00e9 N\u00e9zer, Ora\u2019h \u2018Ha\u00efm<\/em> 373. Mais si l\u2019on s\u2019en tient aux termes du Teroumat Had\u00e9chen<\/em>, et \u00e0 ceux du Rama qui les reprend, il ressort que l\u2019huile est permise. Or cette position semble probl\u00e9matique, car le consommateur de l\u2019huile m\u00e9langera ensuite celle-ci \u00e0 un plat cuisin\u00e9 contenant de l\u2019eau, acte qui, s\u2019il s\u2019agissait de c\u00e9r\u00e9ales, serait interdit. Cependant, selon le Teroumat Had\u00e9chen<\/em> et le Rama, la coutume consiste \u00e0 interdire les l\u00e9gumineuses quand elles sont \u00e0 l\u2019\u00e9tat de grains, ou de farine, mais non d\u2019huile. D\u2019autre part, il n\u2019est pas \u00e0 craindre que des c\u00e9r\u00e9ales se soient m\u00eal\u00e9es aux grains de qitniot<\/em>, et qu\u2019il y ait fermentation due au m\u00e9lange d\u2019eau avec l\u2019huile desdites qitniot\u00a0<\/em>; en effet, l\u2019huile provenant de c\u00e9r\u00e9ales a \u00e9t\u00e9 annul\u00e9e, avant Pessa\u2019h, au sein d\u2019une quantit\u00e9 soixante fois sup\u00e9rieure d\u2019huile de qitniot<\/em>, et elle ne se r\u00e9active pas \u00e0 Pessa\u2019h, comme l\u2019explique le Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 447, 4. De plus, il semble que, m\u00eame s\u2019il s\u2019agissait de c\u00e9r\u00e9ales, les liquides qui en \u00e9manent ne soient pas susceptibles de fermentation, comme l\u2019explique le Ora\u2019h Michpat<\/em> 111-112\u00a0; les responsa Mar\u2019h\u00e9chet<\/em> 3 s\u2019expriment dans le m\u00eame sens. Les responsa Ts\u00e9ma\u2019h Ts\u00e9deq <\/em>autorisent les pauvres \u00e0 utiliser l\u2019huile de qitniot<\/em>, \u00e0 condition que, lorsqu\u2019elles \u00e9taient \u00e0 l\u2019\u00e9tat de grains, les qitniot<\/em> n\u2019aient pas \u00e9t\u00e9 en contact avec de l\u2019eau.<\/p>\n La d\u00e9cision du Rav Kook, dans Ora\u2019h Michpat<\/em> 108-114, autorisant g\u00e9n\u00e9ralement l\u2019huile de s\u00e9same, est bien connue. Elle est motiv\u00e9e par le fait que, outre que les grains n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 humect\u00e9s, l\u2019huile, une fois produite, est soumise \u00e0 un proc\u00e9d\u00e9 de friture\u00a0; or, dans un semblable cas, s\u2019il s\u2019agissait d\u2019huile de c\u00e9r\u00e9ales, ce traitement annulerait toute possibilit\u00e9 de fermentation\u00a0; \u00e0 plus forte raison sera-t-il efficace pour une huile de l\u00e9gumineuses. Le Avn\u00e9 N\u00e9zer, Ora\u2019h \u2018Ha\u00efm<\/em> 533 s\u2019exprimait dans le m\u00eame sens, s\u2019agissant d\u2019une huile de colza ayant subi une phase de cuisson (ce responsum a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit en 5658\/1898, onze ans avant que le Rav Kook ne se prononce en ce sens). Le Badats (tribunal rabbinique) de la communaut\u00e9 ashk\u00e9naze-\u2018hassidique de J\u00e9rusalem s\u2019\u00e9tait alors prononc\u00e9 contre l\u2019avis du Rav Kook, avec grand bruit, par des protestations publiques, sans craindre de porter atteinte \u00e0 l\u2019honneur de la Torah, ni \u00e0 celui\u00a0 de tous les d\u00e9cisionnaires, nombreux, qui avaient \u00e9tendu leurs autorisations bien au-del\u00e0. Le<\/strong> Rav Kook<\/strong> r\u00e9pondit \u00e0 ses contradicteurs avec \u00e9rudition, perspicacit\u00e9, en pr\u00e9sentant des preuves tr\u00e8s fortes \u00e0 l\u2019appui de sa position. Parmi ses propos, il \u00e9crivit notamment (op. cit. p. 123)\u00a0:<\/p>\n \u00ab\u00a0En v\u00e9rit\u00e9, la d\u00e9marche de mes ma\u00eetres, autorit\u00e9s \u00e9minentes et justes que j\u2019ai eu l\u2019honneur de servir \u2013 que leur m\u00e9rite nous prot\u00e8ge, nous et tout Isra\u00ebl \u2013, consistait, chaque fois qu\u2019il y avait place \u00e0 l\u2019indulgence, \u00e0 ne pas pencher du c\u00f4t\u00e9 de la rigueur, en particulier dans les domaines qui ne trouvent pas de fondement fort dans les propos de nos sages, de m\u00e9moire b\u00e9nie, au sein du Talmud. Qu\u2019il nous suffise en effet de ne pas d\u00e9roger, \u00e0 Dieu ne plaise, aux usages dans lesquels nous avons \u00e9t\u00e9 conduits, d\u2019apr\u00e8s les coutumes de nos ma\u00eetres les d\u00e9cisionnaires. En revanche, concernant des d\u00e9tails dont on peut juger dans un sens ou dans un autre, il est \u00e9vident qu\u2019il est digne d\u2019\u00e9loge, celui qui tend \u00e0 l\u2019indulgence, s\u2019armant de sagesse afin de r\u00e9pandre le bien, \u00e0 condition que ses paroles soient fond\u00e9es sur la halakha, dans toute sa profondeur, et sur un raisonnement droit.\u00a0\u00bb<\/p>\n De plus, \u00e9crit le Rav Kook (p. 126), si l\u2019on ajoutait interdit sur interdit, sans que cet ajout trouv\u00e2t son fondement dans la loi, il serait \u00e0 craindre que l\u2019on n\u2019enfreigne une d\u00e9fense d\u00e9duite d\u2019une mitsva positive (lav haba miklal \u2018ass\u00e9<\/em>), selon ce qu\u2019explique Rachi, au d\u00e9but du premier chapitre de Beitsa<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Lorsque nos ma\u00eetres disent, dans les six ordres du Talmud, que l\u2019on ne greffe pas de d\u00e9cret d\u2019interdiction sur un autre d\u00e9cret d\u2019interdiction, ils le tirent de ce verset\u00a0: \u201cVous garderez mon observance (litt. Vous garderez<\/em> ma garde<\/em>)\u201d (Lv 18, 30), ce que les sages interpr\u00e8tent\u00a0: \u201cVous \u00e9rigerez une garde\u201d, c\u2019est-\u00e0-dire\u00a0: vous devrez instituer des d\u00e9crets afin de prot\u00e9ger l\u2019observance de ma garde<\/em>, ma Torah, mais non pour prot\u00e9ger vos propres d\u00e9crets protecteurs, de sorte que l\u2019on n\u2019ajoutera pas de d\u00e9cret au d\u00e9cret.\u00a0\u00bb<\/p>\n En r\u00e9ponse \u00e0 ses contradicteurs, selon lesquels il fallait \u00eatre de plus en plus rigoureux dans nos g\u00e9n\u00e9rations, le Rav Kook \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0Je connais bien le caract\u00e8re des gens de notre g\u00e9n\u00e9ration\u00a0: c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment quand ils verront que nous autorisons tout ce qu\u2019il y a lieu d\u2019autoriser, en nous fondant sur les profondeurs de la loi, qu\u2019ils comprendront que, si nous n\u2019autorisons pas d\u2019autres choses, c\u2019est en raison de la v\u00e9rit\u00e9 de la loi toranique. Il s\u2019ensuivra que nombreux parmi eux s\u2019attacheront \u00e0 la Torah, et \u00e9couteront la voix des ma\u00eetres, avec l\u2019aide de Dieu. \u00c0 l\u2019inverse, s\u2019ils s\u2019apercevaient que certaines choses, qu\u2019il e\u00fbt convenu d\u2019autoriser du point de vue de la stricte r\u00e8gle halakhique, ont n\u00e9anmoins \u00e9t\u00e9 interdites par les rabbins, sans consid\u00e9ration de la g\u00eane ni de la souffrance d\u2019Isra\u00ebl, il s\u2019ensuivrait une tr\u00e8s grande profanation du Nom divin, \u00e0 Dieu ne plaise, au point que nombre d\u2019entre eux s\u2019insurgeraient, disant de plusieurs r\u00e8gles essentielles de la Torah que, si les rabbins le voulaient, ils pourraient \u00eatre permissifs. Par suite, le jugement s\u2019en trouverait d\u00e9form\u00e9\u00a0\u00bb (op. cit. p. 126).<\/p>\n D\u2019apr\u00e8s cela, si l\u2019on s\u2019en tient \u00e0 la stricte r\u00e8gle, m\u00eame si l\u2019on humectait les graines de s\u00e9same, l\u2019huile de s\u00e9same serait cach\u00e8re pour Pessa\u2019h ; car, en mati\u00e8re de r\u00e8gle dont le fondement est coutumier, la halakha est conforme \u00e0 l\u2019opinion indulgente.<\/p>\n [5]<\/a>. L\u2019huile de soja est produite sans humectage des graines de soja\u00a0; par cons\u00e9quent, pour la majorit\u00e9 des d\u00e9cisionnaires, et pour le Rav Kook, elle n\u2019est pas interdite. M\u00eame s\u2019il y avait un humectage pr\u00e9alable, la position principale, en halakha, serait conforme \u00e0 l\u2019opinion des d\u00e9cisionnaires indulgents, s\u2019agissant d\u2019une r\u00e8gle dont le fondement est coutumier. De plus, il est douteux qu\u2019une telle huile soit touch\u00e9e par \u00a0l\u2019interdit m\u00eame des qitniot<\/em>, car le soja est arriv\u00e9 en Europe il y a une centaine d\u2019ann\u00e9es\u00a0seulement ; or le Igrot Moch\u00e9, Ora\u2019h \u2018Ha\u00efm<\/em> III 63 explique que seules les esp\u00e8ces que l\u2019on avait effectivement l\u2019usage d\u2019interdire sont vis\u00e9es par cette coutume. C\u2019est aussi la directive donn\u00e9e par le Rav Dov Lior, rabbin et pr\u00e9sident du tribunal rabbinique de H\u00e9bron-Qiryat Arba.<\/p>\n S\u2019agissant de l\u2019huile de coton, le Miqra\u00e9 Qodech<\/em> 2, 60 a une position analogue\u00a0; l\u2019auteur s\u2019est notamment fond\u00e9 sur l\u2019opinion de Rabbi Ha\u00efm de Brisk, qui lui a \u00e9t\u00e9 transmise. C\u2019est encore la position du Sidour Pessa\u2019h Kehilkhato<\/em> 16, 4 au nom du Rav Feinstein. Toutefois, le Min\u2019hat Yits\u2019haq<\/em> III 138 est rigoureux.<\/p>\n Huile d\u2019arachide\u00a0:<\/strong> nous avons vu, au paragraphe 4, qu\u2019en Lituanie on avait coutume de manger des cacahu\u00e8tes, comme l\u2019\u00e9crit le Igrot Moch\u00e9, Ora\u2019h \u2018Ha\u00efm<\/em> III 63, car seules les esp\u00e8ces connues pour \u00eatre coutumi\u00e8rement d\u00e9fendues sont vis\u00e9es par l\u2019interdit, tandis que les cacahu\u00e8tes ne sont apparues que tardivement, si bien que l\u2019interdit ne s\u2019y applique pas. Face \u00e0 cela, le Miqra\u00e9 Qodech<\/em> 2, 60 et les responsa \u2018Helqat Ya\u2019aqov<\/em> 97 interdisent de manger des cacahu\u00e8tes, mais autorisent l\u2019huile d\u2019arachide. C\u2019est aussi la position du Melamed Leho\u2019il, Ora\u2019h \u2018Ha\u00efm <\/em>88 et du Srid\u00e9 Ech<\/em> 2, 37, qui signale cependant que le Avn\u00e9 N\u00e9zer, Ora\u2019h \u2018Ha\u00efm<\/em> 373 l\u2019interdit, ainsi que le Min\u2019hat El\u00e9azar<\/em>. En pratique, si l\u2019on n\u2019a pas connaissance du fait que, dans sa famille, on avait coutume d\u2019\u00eatre rigoureux, on peut \u00eatre indulgent, car il s\u2019agit d\u2019un cas de doute portant sur une coutume.<\/p>\n
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