{"id":916,"date":"2016-04-13T03:00:47","date_gmt":"2016-04-13T00:00:47","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=916"},"modified":"2018-03-21T09:47:41","modified_gmt":"2018-03-21T07:47:41","slug":"04-13-03","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/04-13-03\/","title":{"rendered":"03. Je\u00fbne des premiers-n\u00e9s"},"content":{"rendered":"
Les premiers-n\u00e9s ont coutume de je\u00fbner, la veille de Pessa\u2019h, en souvenir du miracle dont ils ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 en Egypte, quand tous les premiers-n\u00e9s \u00e9gyptiens moururent, tandis que les premiers-n\u00e9s d\u2019Isra\u00ebl furent \u00e9pargn\u00e9s.<\/p>\n
Pour expliquer un peu la signification de la plaie des premiers-n\u00e9s (makat bekhorot<\/em>), il faut dire que tout premier-n\u00e9, en plus d\u2019\u00eatre le plus \u00e2g\u00e9 de sa fratrie, incarne aussi une id\u00e9e de primaut\u00e9, en ce que, par sa naissance, la vie nouvelle de la g\u00e9n\u00e9ration suivante commence \u00e0 se manifester. Par cons\u00e9quent, une grande responsabilit\u00e9 incombe au premier-n\u00e9. S\u2019il choisit le bien, il d\u00e9couvrira la racine de cette primaut\u00e9, le fondement le plus important\u00a0: la foi (\u00e9mouna<\/em>) dans le Cr\u00e9ateur du monde\u00a0; les autres fr\u00e8res iront \u00e0 sa suite. Mais s\u2019il choisit le mal, il reniera la foi, s\u2019enorgueillira en son c\u0153ur, se disant qu\u2019il est, lui, le plus grand, le plus important\u00a0; il sera pr\u00e9occup\u00e9 d\u2019\u00e9tendre les honneurs auxquels il acc\u00e8de, et de satisfaire ses d\u00e9sirs.<\/p>\n Or telle \u00e9tait la faute des Egyptiens, qui se consid\u00e9raient comme les seigneurs du monde, niaient Dieu, et qui, lorsqu\u2019il leur fut enjoint de laisser partir le peuple d\u2019Isra\u00ebl afin qu\u2019il serv\u00eet l\u2019Eternel et re\u00e7\u00fbt sa Torah, raidirent leur nuque et refus\u00e8rent de lib\u00e9rer Isra\u00ebl. Pharaon, qui \u00e9tait premier-n\u00e9, \u00e9tait la figure de proue de leur orgueil et de leur d\u00e9n\u00e9gation.<\/p>\n Le premier jour de Pessa\u2019h poss\u00e8de, lui aussi, un aspect de \u00ab\u00a0primog\u00e9niture\u00a0\u00bb, car c\u2019est le premier jour o\u00f9 le Saint b\u00e9ni soit-Il a commenc\u00e9 \u00e0 se r\u00e9v\u00e9ler dans le monde. Jusque-l\u00e0, il y avait des miracles particuliers, dont b\u00e9n\u00e9ficiaient des personnes sp\u00e9cifiques\u00a0; mais depuis lors, le Saint b\u00e9ni soit-Il a commenc\u00e9 de se r\u00e9v\u00e9ler par le biais d\u2019un peuple entier, le peuple d\u2019Isra\u00ebl. Or quand vint le grand jour, o\u00f9 l\u2019essence de la foi \u00e9tait appel\u00e9e \u00e0 se d\u00e9voiler dans le monde, une grande accusation (qitroug<\/em>) s\u2019\u00e9veilla contre les premiers-n\u00e9s d\u2019Egypte, qui avaient ni\u00e9 Dieu, raidi la nuque, et refus\u00e9 le d\u00e9voilement de la lumi\u00e8re divine par le biais d\u2019Isra\u00ebl\u00a0; lors, donc, du commencement de la r\u00e9v\u00e9lation divine, au milieu de la nuit, ils furent frapp\u00e9s et bris\u00e9s. Tandis que les premiers-n\u00e9s d\u2019Isra\u00ebl, qui avaient exprim\u00e9 leur foi en l\u2019Eternel en \u00e9gorgeant l\u2019agneau \u2013 qui \u00e9tait divinis\u00e9 par les Egyptiens \u2013 et en \u00e9talant son sang, au p\u00e9ril de leur vie, sur les poteaux de leurs maisons, furent sauv\u00e9s et sanctifi\u00e9s.<\/p>\n Chaque ann\u00e9e, nous avons le m\u00e9rite de retrouver cette nuit particuli\u00e8re qu\u2019est la nuit du s\u00e9der, durant laquelle se r\u00e9v\u00e8le l\u2019essence de la foi. Toutefois, lorsque cette nuit sainte se rapproche, une accusation s\u2019\u00e9veille contre les premiers-n\u00e9s\u00a0: sont-ils li\u00e9s comme il convient \u00e0 la Torah et aux mitsvot\u00a0? Manifestent-ils le nom de Dieu, b\u00e9ni soit-Il, par leurs actes, leurs paroles, leurs pens\u00e9es, comme il le faudrait vraiment\u00a0? Aussi les premiers-n\u00e9s ont-ils coutume de je\u00fbner et de se repentir, la veille de Pessa\u2019h.<\/p>\n Ce je\u00fbne est, halakhiquement, de statut plus l\u00e9ger que les autres je\u00fbnes. En effet, les autres je\u00fbnes ont \u00e9t\u00e9 fix\u00e9s par nos sages[c]<\/a><\/sup>, tandis que le je\u00fbne des premiers-n\u00e9s est une coutume, que de nombreux premiers-n\u00e9s ont adopt\u00e9e, mais qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 fix\u00e9e par les sages comme norme contraignante. Aussi a-t-on l\u2019usage d\u2019\u00eatre indulgent \u00e0 son propos. Par exemple, si l\u2019on souffre de mal de t\u00eate, ou de douleurs oculaires, et bien que l\u2019on ne soit pas consid\u00e9r\u00e9 comme malade \u2013 de sorte que, lors des autres je\u00fbnes, on serait tenu de je\u00fbner \u2013, on est dispens\u00e9 du je\u00fbne des premiers-n\u00e9s. De m\u00eame, celui qui craint, dans le cas o\u00f9 il je\u00fbnerait le jour, de ne pouvoir accomplir, le soir, les mitsvot de consommation de la matsa et de r\u00e9cit de la sortie d\u2019Egypte, fera mieux de ne point je\u00fbner. Dans le m\u00eame sens, il est de coutume que quiconque participe \u00e0 un repas de c\u00e9l\u00e9bration d\u2019une mitsva soit dispens\u00e9 du je\u00fbne (Birk\u00e9 Yossef<\/em> 470, Michna Beroura<\/em> 470, 2 et 10)[4]<\/a><\/sup>.<\/p>\n