05. Texte du Zimoun

La mitsva du Zimoun se déroule comme suit : le mézamen (celui qui amorce le Zimoun[h]) s’adresse aux autres convives en ces termes : Névarekh ché-akhalnou michélo (« bénissons Celui par la faveur de qui nous avons mangé »). Les autres répondent : Baroukh ché-akhalnou michélo ouvtouvo ‘hayinou (« béni soit Celui par la faveur de qui nous avons mangé, et par la bonté de qui nous vivons »). Le mézamen, à son tour, reprend à leur suite : Baroukh ché-akhalnou michélo ouvtouvo ‘hayinou. Puis on enchaîne avec le Birkat hamazon proprement dit.

Il est d’usage, avant la partie principale du Zimoun, que le mézamen appelle les convives à participer à la bénédiction, en ces termes : Hav lan ounevarekh (« allons, bénissons ») ou Rabotaï, névarekh (« mes maîtres, bénissons »). Puisque les sages du Talmud n’ont pas fixé de texte unique en la matière, il existe des différences entre communautés (Michna Beroura 192, 2, Kaf Ha‘haïm 2)[6].

Quand dix personnes ont mangé ensemble, la Chékhina (présence divine) repose sur elles, comme chaque fois que dix Juifs se rassemblent dans un bon dessein ; aussi doivent-ils mentionner, dans le Zimoun, le nom divin. Le mézamen dit : Névarekh Élo-hénou ché-akhalnou michélo (« Béni soit notre Dieu, par la faveur de qui nous avons mangé »). Les autres répondent : Baroukh Élo-hénou ché-akhalnou michélo ouvtouvo ‘hayinou (« Béni soit notre Dieu, par la faveur de qui nous avons mangé et par la bonté duquel nous vivons »). Le mézamen, à son tour, reprend : Baroukh Élo-hénou ché-akhalnou michélo ouvtouvo ‘hayinou. Si le mézamen et les convives ont oublié de mentionner le nom divin (Élo-hénou), ils sont néanmoins quittes du Zimoun, mais ils ont perdu l’occasion de cette mention (Choul‘han ‘Aroukh 192, 1-2).

Nombreux sont ceux qui embellissent la mitsva en se levant quelque peu au moment où ils mentionnent le nom divin, mais ce n’est pas obligatoire[7].

Si l’on n’a pas soi-même mangé, et que l’on entende le mézamen dire Névarekh ché-akhalnou michélo, on répondra Baroukh oumevorakh chémo tamid, lé‘olam va‘ed (« Béni et loué soit son nom, toujours, à jamais »). Il ne serait pas convenable, en effet, d’entendre ses camarades invitant à bénir Dieu, et de rester inerte, sans se joindre à eux dans la louange divine. Si le Zimoun rassemble dix personnes, on dira : Baroukh Élo-hénou, oumevorakh chémo tamid lé‘olam va‘ed (« Béni soit notre Dieu, et loué soit son nom, toujours, à jamais »). Si l’on n’a pas entendu le mézamen invitant les convives à la bénédiction, mais que l’on ait entendu les convives qui répondaient Baroukh ché-akhalnou michélo ouvtouvo ‘hayinou, on répondra amen à leur suite (Choul‘han ‘Aroukh 198, 1). De même, on répondra de nouveau amen à la suite du mézamen, quand celui-ci répétera la réponse des convives (Michna Beroura 198, 4). En effet, le Zimoun est considéré comme une bénédiction ; or quiconque entend une bénédiction dite par son prochain a l’obligation d’y répondre amen. Toutefois, celui qui répond Baroukh oumevorakh etc., n’a pas à dire amen en réponse aux convives, ni en réponse au mézamen, puisqu’il est partie prenante à la bénédiction elle-même.

Si l’on a mangé un kazaït ou bu un revi‘it, et que l’on n’ait pas encore récité la bénédiction finale, on répondra – bien que l’on n’ait pas mangé avec les autres – conformément à l’ensemble du texte. En effet, on peut valablement louer en ce cas « Celui par la faveur de qui nous avons mangé » (Michna Beroura 198, 1).


[h]. Littéralement, le mot zimoun signifie « invitation » : le mézamen invite les autres convives à bénir Dieu.

[6]. Les A‘haronim écrivent, se fondant sur le Zohar (III 186b), qu’il faut ajouter une formule introductive au Zimoun, par laquelle le mézamen appelle les convives à s’associer pour la bénédiction qu’est le Zimoun.

Suivant la coutume de nombreux Séfarades, le mézamen dit : Hav lan vénivrikh lé-Malka ‘ilaa qadicha (« Allons, bénissons le grand et saint Roi ! »). Les autres répondent : Chamaïm (« Ciel », c’est-à-dire : c’est du Ciel que la permission en est donnée). Le mézamen reprend : Birchout Malka ‘ilaa qadicha (« avec la permission du grand et saint Roi ») – le Chabbat, il ajoute : ouvirchout Chabbat malketa (« et avec la permission de la reine Chabbat ») – névarekh ché-akhalnou michélo (« bénissons Celui par la faveur de qui nous avons mangé »).

Les Ashkénazes, autrefois, s’adressaient aux convives en yiddish. De nos jours, nombreux sont ceux qui récitent une version hébraïque : Rabbotaï, névarekh (« Mes maîtres, bénissons ») ; les autres répondent : Yehi chem Ado-naï mévorakh mé‘ata vé‘ad ‘olam (« Que le nom de l’Éternel soit béni, maintenant et à jamais »). Le mézamen reprend : Yehi chem Ado-naï mévorakh mé‘ata vé‘ad ‘olam ; birchout rabbotaï, névarekh ché-akhalnou michélo (« Que le nom de l’Éternel soit béni, maintenant et à jamais ; avec la permission de mes maîtres, bénissons Celui par qui nous avons mangé »).

Lorsque son père est présent, le mézamen dira : Birchout avi mori vérabbotaï… (« avec la permission de mon père et précepteur, et de mes maîtres… ») ; en présence d’un rabbin : birchout harav… (« avec la permission du rabbin ») ; si un cohen est présent, on ajoutera : birchout hacohen (« avec la permission du prêtre ») ou, le cas échéant, birchout hacohanim (« avec la permission des prêtres ») ; si le mézamen est un invité, il ajoutera : birchout ba‘al habaït (« avec la permission de l’hôte ») (Choul‘han ‘Aroukh 192, 1, Michna Beroura 192, 2, Kaf Ha‘haïm 2).

Chez certains Ashkénazes, il est de coutume que le mézamen, après avoir achevé les mots ouvtouvo ‘hayinou, ajoute : Baroukh Hou, ouvaroukh chémo (« béni soit-Il et béni soit son nom »), afin de distinguer entre le Zimoun et le début du Birkat hamazon (Darké Moché), et afin d’ajouter une nouvelle louange à la suite des autres convives (Maharal, Pericha). Mais les Séfarades et de nombreux Ashkénazes ont coutume de ne point dire cette phrase supplémentaire, qui n’est pas mentionnée par la Guémara ni par les Richonim (Darké Moché 192, 2, Michna Beroura 4, Kaf Ha‘haïm 8).

[7]. Notre maître le Rav Tsvi Yehouda Hacohen Kook – que la mémoire du juste soit bénie – embellissait la mitsva en se levant entièrement, lorsqu’on mentionnait le nom divin pendant le Zimoun. Mais si l’on s’en tient à la seule règle de halakha, il n’est pas nécessaire de se lever, même quelque peu (Echel Avraham de Rabbi Avraham Botchatch 192, ‘Hatam Sofer, Ora‘h ‘Haïm 51).

Si le mézamen a oublié la mention du nom divin (Élo-hénou), et qu’il se souvienne de son erreur avant que les convives ne lui aient répondu, il peut se reprendre (Choul‘han ‘Aroukh 192, 2). S’il ne s’en aperçoit pas avant la réponse des convives, et que ceux-là se soient souvenu de mentionner le nom divin, le mézamen, lorsqu’il répétera leurs paroles, mentionnera à son tour le nom divin (Michna Beroura 192, 10). Les A‘haronim sont partagés quant au cas où aussi bien le mézamen que les convives ont oublié de mentionner le nom divin, et où le mézamen s’en aperçoit ensuite : devra-t-il mentionner le nom quand il répétera la réponse des convives (Michna Beroura 192, 10) ? En ce cas, s’applique le principe chev vé-al ta‘assé ‘adif (« il est préférable de rester à sa place et de s’abstenir d’agir ») ; il est donc préférable, dans le doute, de ne pas mentionner le nom divin en ce cas.

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