01. Bénédictions des cinq espèces de céréales

Nos sages ont institué des bénédictions particulières pour les cinq espèces de céréales que sont : le blé (‘hita), l’orge (sé‘ora), l’épeautre (kousmine), le seigle (chifone) et l’avoine (chibolet chou‘al).

Ces cinq espèces céréalières sont des espèces saisonnières ; aussi leur bénédiction aurait dû être, de prime abord, Boré peri ha-adama (« Béni sois-Tu… qui crées le fruit de la terre »). Mais en raison de leur importance – puisque c’est d’elles que l’on produit la base de l’alimentation humaine, pain et plats divers –les sages leur ont affecté une bénédiction particulière, afin de remercier Dieu, béni soit-Il, de façon plus circonstanciée, pour la partie essentielle de notre nourriture. Sur le pain, on dit : Hamotsi lé‘hem min ha-arets ; sur des gâteaux ou des plats faits à partir de céréales : Boré miné mézonot.

Entrons davantage dans le détail. On peut manger les cinq espèces céréalières dans cinq situations ; et pour chacune d’entre elles, la bénédiction diffère.

1) Si l’on mange des grains de blé ou d’orge crus, on dira – puisque ces grains ne sont pas encore parvenus à leur état le plus délectable – : Boré peri ha-adama (« qui crées le fruit de la terre »). Quant à la bénédiction finale, la question est douteuse, comme on le verra au paragraphe 13.

2) Si l’on mange de la farine faite de ces céréales moulues, c’est sous leur forme la moins bonne qu’on les mange, de sorte qu’elles ont perdu leur niveau initial. On dira donc la bénédiction la plus simple : Chéhakol nihya bidvaro (« par la parole duquel tout advint ») (Choul‘han ‘Aroukh 208, 5).

3) Si l’on a cuit des grains de céréales, par exemple de l’orge perlée, du boulghour ou des flocons d’avoine, ou que l’on ait fait, à partir de farine de céréales, des aliments tels que des pâtes ou des langues d’oiseau, la céréale s’est élevée à un niveau supérieur : une nourriture qui rassasie. La bénédiction est alors : Boré miné mézonot (« qui crées diverses sortes de nourritures »). Après en avoir consommé la mesure d’un kazaït (ce qui équivaut au volume de la moitié d’un œuf), on récitera la bénédiction finale ‘Al hami‘hia (« pour la nourriture… »), autrement appelée bénédiction Mé‘ein chaloch[a] (Choul‘han ‘Aroukh 208, 2).

4) Si l’on a pétri la farine, qu’on l’ait cuite et qu’on en ait fait du pain, la bénédiction introductive est Hamotsi lé‘hem min ha-arets (« qui fais sortir le pain de la terre »), et la bénédiction finale est le Birkat hamazon (Choul‘han ‘Aroukh 168, 9).

5) Il existe encore une catégorie, dont le statut est intermédiaire entre le plat cuit à partir de céréales et le pain : pat habaa békhissanim[b], ce qui recouvre différents types de préparations cuites au four, telles que les gâteaux et les crackers. D’un côté, il s’agit de pâtes cuites au four, comme le pain ; de l’autre, il n’est pas habituel de fixer son repas sur la base de tels mets, comme on le fait sur du pain ; on les mange plutôt comme desserts. Nos sages enseignent que, si on les mange à la manière dont on mange entre les repas, pour le plaisir ou pour apaiser sa faim, leur consommation n’a pas un degré d’importance égal à celle du pain, puisque l’intention n’est pas ici de s’en rassasier, comme on le ferait d’un repas ordinaire. Aussi dira-t-on, avant de les manger, la bénédiction Mézonot, puis ‘Al hami‘hia comme bénédiction finale. Mais si l’on fixe son repas (qovéa’ sé‘ouda) sur de tels mets, leur statut s’élève à celui de pain, et il faut d’abord se laver rituellement les mains, réciter la bénédiction de cette ablution, dire la bénédiction du pain, Hamotsi, avant de les manger, puis le Birkat hamazon à la fin du repas. Tout cela, parce qu’il s’agit de plats cuits au four. Mais si l’on fixe son repas sur des pâtes (nouilles, spaghettis, langues d’oiseau, etc.), on ne dira jamais que Mézonot puis ‘Al hami‘hia, puisqu’il s’agit de plats cuits à l’eau (tavchil), et non de plats cuits au four (maafé).


[a]. Littéralement « substitut de trois », c’est-à-dire résumé de la triple bénédiction qu’est le Birkat Hamazon (celui-ci comprend certes quatre bénédictions, mais les trois premières ont, dans la hiérarchie des normes halakhiques, un rang plus élevé que la dernière).

[b]. Cf. ci-dessus, chap. 3, note 9.

 

Livres

Série Pniné Halakha 9 volumes
Commandez maintenant
Pniné Halakha We use cookies to ensure the website functions properly and improve user experience. You can choose which types of cookies to enable.
Cookie Selection