A priori, pour éviter le doute, il est juste de prévoir, dès l’abord, ce que l’on mangera, en prenant en compte les deux conditions susdites : ou bien on mangera une mesure de quatre kabeitsa de pâtisserie, et, en y ajoutant les autres aliments, on parviendra à la satiété – en ce cas, tout le monde s’accorde à dire que l’on devra réciter Hamotsi et Birkat hamazon – ; ou bien on mangera moins que le volume de quatre kabeitsa de pâtisserie, et, même en y ajoutant les autres aliments, on restera en-deçà de la satiété – en ce cas, de l’avis de tous, on dira Mézonot et ‘Al hami‘hia, ainsi que les bénédictions appropriées sur les autres aliments.
Si, malgré cela, on se trouve dans le doute, et que l’on ne puisse décider si ce que l’on a l’intention de manger atteindra la mesure de satiété, ou que l’on sache que, avec le reste des aliments, on sera rassasié, mais que la quantité de pâtisserie sera certainement inférieure au volume de quatre kabeitsa, on dira Mézonot et ‘Al hami‘hia, en raison du doute. De même, sur les autres aliments, on dira les bénédictions adéquates. Mais il est préférable de cesser sa consommation de pâtisserie avant de manger à satiété, puis de réciter la bénédiction finale ‘Al hami‘hia. De cette manière, tous les autres aliments que l’on mangera ensuite ne s’additionneront pas à la pâtisserie, et, de l’avis de tous, les bénédictions de celle-ci seront effectivement Mézonot et ‘Al hami‘hia, tandis que, pour les autres nourritures, on dira les bénédictions correspondantes.
C’est ici le lieu de signaler une erreur fréquente : il arrive que des gens invitent leurs parents et amis à une fête, et qu’ils veuillent les honorer par un repas consistant. Mais, comme on ne veut pas les contraindre à se laver les mains et à réciter le Birkat hamazon, on sert des crackers et des gâteaux au lieu de pain, et l’on propose aussi de la viande, du poisson, des saucisses, des salades, des omelettes épaisses et leur assaisonnement. Or en halakha, puisqu’il est habituel de manger, à de tels repas, un volume de pâtisserie équivalent à quatre kabeitsa, et que l’on en tire également la satiété, il faut se laver rituellement les mains, dire la bénédiction Hamotsi sur la pâtisserie, puis le Birkat hamazon. Même si l’on ne mange pas un volume de quatre kabeitsa, on entre dans un cas douteux dès lors que l’on se rassasie, comme nous l’avons vu. Parfois, en de telles occasions, on sert des petits pains au goût sucré ; on croit que la bénédiction est Mézonot, mais il y a là deux erreurs : a) en général, ces petits pains sont considérés comme du pain, et, même si l’on n’en mange que très peu, la bénédiction est Hamotsi (comme nous le verrons au paragraphe suivant) ; b) on en mange généralement un volume supérieur à celui de quatre kabeitsa. Par conséquent, si l’on souhaite servir à ses invités un repas propre à les rassasier, il est juste de prévoir du pain. De cette façon, tout le monde saura qu’il faut se laver les mains et dire Hamotsi, et l’on aura le mérite de réciter, à la fin du repas, le long texte du Birkat hamazon, qui constitue une mitsva toranique et qui comprend quatre importantes bénédictions[4].