Les membres de la Grande Assemblée (Anché Knesset Haguedola), avec à leur tête Ezra le scribe, fixèrent le texte des bénédictions et des prières (Berakhot 33a). Certes, le fondement du Birkat hamazon est toranique, et Moïse notre maître, Josué fils de Noun, le roi David et le roi Salomon établirent les principes des bénédictions qui le composent, comme nous le verrons par la suite (chap. 4 § 1). Mais la version finale du Birkat hamazon a été scellée par les membres de la Grande Assemblée (Séfer Ha‘hinoukh 430).
Les sages ont institué trois catégories de bénédictions : a) les birkot hanéhénin (bénédictions de jouissance) ; ce sont des berakhot de reconnaissance pour le profit que l’homme tire du monde créé par Dieu, béni soit-Il, et c’est à elles que le présent livre est principalement consacré. b) Les bénédictions récitées à l’occasion de l’accomplissement d’une mitsva ; leur propos est d’orienter la conscience de l’homme vers la mitsva qu’il s’apprête à accomplir. c) Les bénédictions de louange, comme le sont les birkot hacha‘har (bénédictions matinales) et les birkot haréïya (qui se récitent lorsque l’on voit certains phénomènes, cf. chap. 15). Certaines bénédictions de louange comportent également une requête, comme on le voit dans celles qui composent la ‘Amida (Maïmonide, Hilkhot berakhot 1, 4).
Il ne faut pas modifier le libellé des bénédictions. Si on l’a modifié – dès lors que l’on n’a pas prononcé Baroukh (« béni »), ou que l’on n’a pas mentionné le nom de Dieu (Ado-naï ou Élo-hénou) et sa royauté (« Roi de l’univers »), ou que l’on a omis le contenu principal de la bénédiction – on n’est point quitte de son obligation (Choul‘han ‘Aroukh 214, 1 ; cf. ci-après, chap. 12 § 6).
Si l’on a dit la berakha dans une traduction en langue autre que l’hébreu, on est quitte de son obligation (Choul‘han ‘Aroukh 185, 1). Cependant, a priori, il faut dire les bénédictions en hébreu, qui est la langue sainte, dans laquelle les sages ont fixé leur texte (Michna Beroura 185, 1). Si l’on ne comprend pas l’hébreu, on peut a priori, tant qu’on n’a pas appris cette langue, dire les bénédictions dans une traduction (cf. Pniné Halakha – La Prière d’Israël 17, 8).