Celui qui récite une bénédiction doit réellement prononcer celle-ci, de ses lèvres, de manière qu’à tout le moins ses oreilles puissent l’entendre. A priori, il est bon de dire la bénédiction à haute voix, car la voix éveille la kavana (concentration, intention) ; grâce à cela, les personnes présentes pourront également avoir le mérite de répondre amen, et la sanctification du nom divin grandira dans le monde. A posteriori, si l’on a seulement prononcé la bénédiction de ses lèvres sans la faire entendre à son oreille, on est quitte. Mais si l’on n’a pas prononcé la bénédiction, et que l’on se soit contenté de méditer à ses mots intérieurement, on n’est point quitte ; il faudra reprendre la bénédiction, cette fois en la prononçant véritablement (Choul‘han ‘Aroukh 185, 2-3, Michna Beroura 2-3)[8].
Puisque les bénédictions de jouissance ont été fixées afin de remercier et de louer Dieu, il convient de les réciter de manière honorable. Nos sages enseignent : « On ne “jettera” pas une bénédiction de sa bouche » (Berakhot 47a), c’est-à-dire : on ne dira pas la bénédiction rapidement, comme un lourd fardeau dont on voudrait se décharger.
Au titre de l’honneur dû à la bénédiction, il ne faut pas exécuter quelque travail tandis qu’on la récite. Même si la tâche est facile, cela reste interdit – par exemple, il ne faut pas ranger les assiettes et les couverts pendant la récitation du Birkat hamazon (Choul‘han ‘Aroukh 191, 3 ; cf. ci-après, chap. 4 § 12). Il est permis de réciter des bénédictions en marchant ; seul le Birkat hamazon, qui est particulièrement important, doit être dit assis. Certains estiment que le statut de la bénédiction Mé‘ein chaloch est semblable à celui du Birkat hamazon, et qu’elle aussi doit être dite assis (ibid. § 12 ; chap. 10 § 3).
Il est interdit d’interrompre une bénédiction par quelque parole. Si l’on s’est interrompu au milieu d’une bénédiction courte, celle-ci est perdue, puisque l’interruption en a aboli le sens. Si l’on a parlé au milieu d’une bénédiction longue, à un endroit qui n’en abolit pas le sens, on pourra, a posteriori, poursuivre sa récitation (‘Hayé Adam 5, 13).
Quand on récite une bénédiction, il faut que le siège de la nudité soit couvert. Chez l’homme, il faut également que le cœur soit séparé du siège de la nudité ; toute chose qui, placée entre les deux, est appliquée au corps, est considérée comme une séparation (‘hatsitsa) (Choul‘han ‘Aroukh, Ora‘h ‘Haïm 74). A priori, il est préférable de porter un pantalon et une chemise[9] quand on récite les bénédictions ; et, quand on récite le Birkat hamazon, il convient d’être plus pointilleux, et de porter un habit honorable (Michna Beroura 183, 11 ; cf. ci-après chap. 4 § 12). Les hommes doivent se couvrir la tête quand ils récitent une bénédiction. Les femmes ne sont pas tenues de se couvrir la tête en un tel cas ; même une femme mariée, quand elle est seule ou avec les membres de sa maisonnée, n’a pas cette obligation (La Prière d’Israël 10, 5-6).