Les décisionnaires sont partagés quant à la quantité de nourriture à partir de laquelle il faut se laver rituellement les mains. Certains estiment que la règle de l’ablution est parallèle à celle de la bénédiction Hamotsi (« … qui fais sortir le pain de la terre ») : de même que celui qui mange ne serait-ce qu’un morceau minime de pain doit réciter la bénédiction Hamotsi, de même doit-il se laver les mains (Lé‘hem ‘Hamoudot, Maguen Avraham). D’autres pensent que l’ablution a été instituée pour celui qui a l’intention de manger la mesure d’un kazaït[7]. D’après cette opinion, la règle de l’ablution des mains est parallèle à celle du Birkat hamazon : de même que, pour la consommation d’un kazaït, on doit dire la bénédiction finale, de même celui qui s’apprête à manger une telle mesure doit préalablement se laver les mains (Ritva, Gaon de Vilna). Selon d’autres auteurs encore, l’ablution n’a été instituée que pour celui qui a l’intention de manger un volume de kabeitsa (volume d’un œuf) (Beit Yossef, d’après le Roqéa‘h).
En pratique, on tient compte de toutes les opinions. Par conséquent, même si l’on a l’intention de ne manger qu’une quantité minime de pain, on se lave rituellement les mains. Mais quant à la bénédiction, on ne la dira que si l’on a l’intention de manger une mesure de kabeitsa de pain. Telle est en effet la règle : en tout cas de doute portant sur une bénédiction, on ne la récite pas (Choul‘han ‘Aroukh 158, 2-3, Michna Beroura 10). Chacun connaît la grandeur d’un œuf ; si donc on estime que le volume de pain que l’on a l’intention de manger est égal ou supérieur à celui d’un œuf, on prononcera la bénédiction sur l’ablution (cf. ci-après, chap. 10 § 6).
Si l’on a l’intention de fixer son repas (liqboa’ sé‘ouda) sur des pâtisseries[8], dont la bénédiction est fondamentalement Boré miné mézonot, il faut également procéder à l’ablution des mains, assortie de sa bénédiction. La bénédiction initiale à prononcer sur les pâtisseries sera, en ce cas, Hamotsi ; et la bénédiction finale, le Birkat hamazon (comme l’expliquent le Michna Beroura 158, 8 et le Kaf Ha‘haïm 158, 7, et comme nous le verrons ci-après, chap. 6 § 2).