Il faut être assis au moment où l’on récite le Birkat hamazon : de cette manière, il est plus aisé de se concentrer sur le texte. Même si l’on a mangé debout, ou en marchant chez soi, il faut s’asseoir avant de commencer le Birkat hamazon. On ne sera pas assis négligemment, d’une manière dénotant l’orgueil ou la frivolité, mais d’une manière honorable. A posteriori, si l’on a récité le Birkat hamazon debout, ou en marchant, ou encore assis nonchalamment, on est quitte (Choul‘han ‘Aroukh 183, 9).
Certains embellissent la mitsva en portant un costume et en étant coiffés d’un chapeau, en l’honneur du Birkat hamazon (Michna Beroura 183, 11). Mais pour qui n’a pas l’habitude d’aller en costume et chapeau, cela ne constitue pas un embellissement (hidour).
Tandis que l’on récite le Birkat hamazon, il est interdit de faire un quelconque travail, même un acte facile, comme le fait de mettre en ordre l’assiette que l’on a devant soi ; cela, afin de ne pas détourner son esprit de la bénédiction. De plus, celui qui a les mains occupées au moment de la bénédiction montre par-là qu’il ne se concentre pas ; il porte atteinte à l’honneur du Ciel et déconsidère la bénédiction (Choul‘han ‘Aroukh 183, 12 ; 191, 3).
À plus forte raison est-il interdit de s’interrompre par des paroles, au cours du Birkat hamazon. Selon une opinion, celui qui, sciemment, interrompt son Birkat hamazon en parlant, invalide tout ce qu’il a récité jusque-là, et il doit reprendre du début (Maguen Avraham). Mais en pratique, a posteriori, si l’on s’est interrompu par des paroles au cours du Birkat hamazon, on reprendra depuis l’endroit de l’interruption, et l’on achèvera la bénédiction (Michna Beroura 183, 25).
De même, il est interdit de communiquer par signes avec son prochain, pendant que l’on récite le Birkat hamazon. Si l’on est dérangé par quelque chose, on s’interrompra, et l’on fera signe à son prochain de retirer cette chose. Si un érudit (talmid ‘hakham) entre dans la pièce, il est permis de se lever en son honneur[22].
Si c’est parce qu’on était pressé que l’on a mangé tout en marchant, on pourra également réciter le Birkat hamazon en marchant, car, si l’on s’arrêtait, on serait préoccupé par la « perte » de temps, et l’on ne pourrait se concentrer convenablement (Choul‘han ‘Aroukh 183, 11, Michna Beroura 36). Dans le cas même où l’on conduit une voiture, si l’on est un conducteur expérimenté, qui ne se laisse pas distraire par son chemin, on pourra, en cas de nécessité, réciter le Birkat hamazon en conduisant (cf. Cha‘aré Techouva 63, 4). Les autres passagers de l’auto peuvent, a priori, réciter la bénédiction pendant le voyage.
[22]. Bien que les sages aient permis de s’interrompre pendant le Chéma Israël, pour dire bonjour à un tiers, en raison de la crainte que celui-ci inspire ou de l’honneur qu’on lui doit, on ne s’interrompt pas pendant le Birkat hamazon, dont le statut, à cet égard, est semblable à celui de la ‘Amida (Choul‘han ‘Aroukh 183, 8 ; cf. Choul‘han ‘Aroukh Harav 11, Michna Beroura 30). Même pour répondre au Qadich ou à la Qedoucha, on n’interrompt pas son Birkat hamazon (Kaf Ha‘haïm 183, 45, Yabia’ Omer I Ora‘h ‘Haïm 11) ; mais certains estiment qu’il est permis de s’interrompre comme au cours des bénédictions du Chéma (cf. ‘Aroukh Hachoul‘han 183, 8).
Toutefois, dès lors que l’on arrive à la série des Ha-Ra‘haman, phrases extérieures à la partie principale du Birkat hamazon, il devient permis, en cas de nécessité, de s’interrompre par des paroles. De même, en cas de nécessité pressante, celui qui doit se mettre d’urgence en chemin est autorisé à commencer sa route après avoir achevé la quatrième bénédiction ; il continuera alors la récitation des Ha-Ra‘haman en marchant, jusqu’à l’achèvement du Birkat hamazon.