05. Comment on échappe aux cas de doute

A priori, pour éviter le doute, il est juste de prévoir, dès l’abord, ce que l’on mangera, en prenant en compte les deux conditions susdites : ou bien on mangera une mesure de quatre kabeitsa de pâtisserie, et, en y ajoutant les autres aliments, on parviendra à la satiété – en ce cas, tout le monde s’accorde à dire que l’on devra réciter Hamotsi et Birkat hamazon – ; ou bien on mangera moins que le volume de quatre kabeitsa de pâtisserie, et, même en y ajoutant les autres aliments, on restera en-deçà de la satiété – en ce cas, de l’avis de tous, on dira Mézonot et ‘Al hami‘hia, ainsi que les bénédictions appropriées sur les autres aliments.

Si, malgré cela, on se trouve dans le doute, et que l’on ne puisse décider si ce que l’on a l’intention de manger atteindra la mesure de satiété, ou que l’on sache que, avec le reste des aliments, on sera rassasié, mais que la quantité de pâtisserie sera certainement inférieure au volume de quatre kabeitsa, on dira Mézonot et ‘Al hami‘hia, en raison du doute. De même, sur les autres aliments, on dira les bénédictions adéquates. Mais il est préférable de cesser sa consommation de pâtisserie avant de manger à satiété, puis de réciter la bénédiction finale ‘Al hami‘hia. De cette manière, tous les autres aliments que l’on mangera ensuite ne s’additionneront pas à la pâtisserie, et, de l’avis de tous, les bénédictions de celle-ci seront effectivement Mézonot et ‘Al hami‘hia, tandis que, pour les autres nourritures, on dira les bénédictions correspondantes.

C’est ici le lieu de signaler une erreur fréquente : il arrive que des gens invitent leurs parents et amis à une fête, et qu’ils veuillent les honorer par un repas consistant. Mais, comme on ne veut pas les contraindre à se laver les mains et à réciter le Birkat hamazon, on sert des crackers et des gâteaux au lieu de pain, et l’on propose aussi de la viande, du poisson, des saucisses, des salades, des omelettes épaisses et leur assaisonnement. Or en halakha, puisqu’il est habituel de manger, à de tels repas, un volume de pâtisserie équivalent à quatre kabeitsa, et que l’on en tire également la satiété, il faut se laver rituellement les mains, dire la bénédiction Hamotsi sur la pâtisserie, puis le Birkat hamazon. Même si l’on ne mange pas un volume de quatre kabeitsa, on entre dans un cas douteux dès lors que l’on se rassasie, comme nous l’avons vu. Parfois, en de telles occasions, on sert des petits pains au goût sucré ; on croit que la bénédiction est Mézonot, mais il y a là deux erreurs : a) en général, ces petits pains sont considérés comme du pain, et, même si l’on n’en mange que très peu, la bénédiction est Hamotsi (comme nous le verrons au paragraphe suivant) ; b) on en mange généralement un volume supérieur à celui de quatre kabeitsa. Par conséquent, si l’on souhaite servir à ses invités un repas propre à les rassasier, il est juste de prévoir du pain. De cette façon, tout le monde saura qu’il faut se laver les mains et dire Hamotsi, et l’on aura le mérite de réciter, à la fin du repas, le long texte du Birkat hamazon, qui constitue une mitsva toranique et qui comprend quatre importantes bénédictions[4].


[4]. Nombreux sont ceux qui se trompent, quant à l’évaluation du volume de quatre kabeitsa. En vérité, ce n’est pas si gros que l’on peut le penser. Par exemple, un grand croissant contient plus que ce volume. De même, quatre tranches de gâteau contiennent ce volume. Par conséquent, dans ce genre de repas, on mange en général un volume de quatre œufs de pat habaa békhissanim. Même si l’on en mange un volume de trois kabeitsa, on entre dans un grand cas de doute, puisque, selon Maïmonide et de nombreux autres décisionnaires, la mesure de pras (« demi-miche ») est égale au volume de trois œufs, de sorte qu’il faut, selon eux, dire Hamotsi sur cette pâtisserie, ainsi que Birkat hamazon. Et même si l’on en prend un volume de deux kabeitsa seulement, il faut, selon l’Igrot Moché cité dans la note précédente au titre de la première thèse, dire Hamotsi et Birkat hamazon, dès lors que l’on en est rassasié. Aussi, pour échapper à ces doutes, il est juste de servir à ces repas du véritable pain. Et s’il n’est pas servi de pain, il est juste de dire, sur ces pâtisseries, la bénédiction Hamotsi, et d’en manger un volume de quatre kabeitsa.

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