13. Grains de céréales crus, grains de blé soufflé, granola, galettes de blé soufflé

Les cinq espèces de céréales se consomment habituellement sous forme de pâtisserie au four ou de mets cuisiné au feu ; alors, la bénédiction est Hamotsi ou Mézonot. Mais si l’on mange des grains crus, ou grillés, ou légèrement cuits à l’eau, la bénédiction sera Boré peri haadama (« qui crées le fruit de la terre ») : puisqu’on ne les mange pas alors selon le niveau réel qui leur échoit ordinairement, ils sont semblables aux autres céréales ou légumineuses (kitniot), pour lesquelles la bénédiction est Haadama[12].

Cependant, si l’on a préparé, à partir de ces grains, une nourriture importante, telle que des galettes de blé soufflé (prikhiot), des grains de blé soufflé (chalva) ou des flocons d’avoine agrégés, huilés, sucrés et cuits au four (granola), les bénédictions seront Mézonot et ‘Al hami‘hia, puisqu’il s’agit de spécialités pleinement achevées, et que les gens ont l’habitude de les manger en tant que nourriture importante, qui n’est pas moindre que ces mêmes céréales à l’état bouilli[13].

 


<[12]. S’agissant des graines de céréales, un doute est apparu quant à la bénédiction finale. Selon la majorité des décisionnaires, on dira Boré néfachot, comme le pensent le Ritva, Rabbi Aaron Halévi, le Méïri, les disciples de Rabbénou Yona, le Raavad, et comme il ressort des propos de Maïmonide et du Choul‘han ‘Aroukh 208, 4. C’est aussi ce qu’écrivent le Maguen Avraham, le Michna Beroura 208, 18, le ‘Aroukh Hachoul‘han 9 et le Kaf Ha‘haïm 29.

Cependant, selon Tossephot, il se pourrait que la bénédiction fût Mé‘ein chaloch. Dans ces conditions, il est juste, selon Tossephot, de ne pas manger ces grains seuls. C’est aussi l’opinion du Roch et du Rachba. En raison du doute, il sera donc préférable de ne pas les manger seuls ; mais si on les mange seuls, on dira Boré néfachot (cf. Birkat Hachem II 2, notes 6-8, qui signale que, selon certains auteurs, il faut tenir compte du fait que le cas est douteux, et s’abstenir de toute bénédiction finale).

[13]. Certes, le Choul‘han ‘Aroukh 208, 4 décide que les céréales crues, ou grillées ou pochées, si les grains sont entiers, ont pour bénédiction Haadama. Si l’on en a retiré la peau, et que les grains se soient quelque peu attendris par l’effet de la cuisson, il semble, à en juger d’après les propos de Maïmonide, que la bénédiction soit Mézonot ; mais pour les disciples de Rabbénou Yona, cela reste Haadama (Cha’ar Hatsioun 19-20). Toutefois, ces considérations valent quand les grains ne sont pas encore parvenus à l’état dans lequel on les mange ordinairement. Mais si l’on a apprêté les céréales au point qu’elles sont parvenues à l’état dans lequel elles sont ordinairement consommées, en tant que mets important et largement adopté, comme le sont le blé soufflé (chalva), les flocons d’avoine façon granola, ou les galettes de blé soufflé (prikhiot), leur statut est celui de céréales consommées « selon leur rang », dont la bénédiction est Mézonot. Il semble en effet, d’après les paroles des Richonim et des décisionnaires, que les cinq céréales, dès lors qu’elles sont mangées comme on le fait d’une nourriture importante et largement adoptée, ont toujours pour bénédiction Mézonot (Tossephot sur Berakhot 37a ד »ה הכוסס, Rachba ad loc. 36a, Tour 208, 4, Beit Yossef 208, 7, ‘Aroukh Hachoul‘han 9). C’est bien ce que disent les responsa Choel Vénichal III 103-104.

Il est vrai que certains décisionnaires contemporains ont exprimé des hésitations à cet égard, car ces nourritures ressemblent à des céréales grillées ou légèrement bouillies. Mais en pratique, ces craintes n’ont pas lieu d’être, et les bénédictions de ces spécialités sont Mézonot et ‘Al hami‘hia, puisqu’il est certain qu’elles sont considérées comme des aliments importants, dont la préparation est pleinement achevée, et qu’elles ne sont, à nul égard, moindres que d’autres préparations dont la bénédiction est Mézonot. Certains, même, fixent sur elles leur petit déjeuner. C’est la position de l’Or lé-Tsion II 46, 43 au sujet du granola, et du Rav Mordekhaï Elyahou pour les galettes de blé soufflé.

Quoi qu’il en soit, il n’y a dans le cas présent aucun risque de bénédiction vaine, car il est certain que la bénédiction Mézonot (« qui crées diverses sortes de nourritures ») est efficace pour toute chose nourrissante ; à bien plus forte raison lorsque cette nourriture est produite à partir d’une des cinq céréales. De même, la bénédiction ‘Al hami‘hia couvre certainement, au moins a posteriori, les nourritures faites à partir des cinq céréales, de même qu’elle couvre le riz, qui y ressemble, comme nous le verrons ci-après, chap. 10, note 4.

Lorsque c’est avec un peu de lait qu’on mange les grains de blé soufflé ou les flocons d’avoine façon granola, la bénédiction Mézonot couvre également le lait. Si l’on ajoute du lait au-delà de ce qui est nécessaire pour rendre savoureux ces grains ou ces flocons, on dira Mézonot sur ceux-ci, et, séparément, Chéhakol sur le lait. Sur les amandes qui sont mêlées au granola, il n’est pas nécessaire de dire de bénédiction, car elles sont en minorité. Si l’on veut aller au-delà de la stricte obligation, en disant sur elles une bénédiction, on séparera l’une de ces amandes, puis on en dira la berakha – et on la mangera – pour elle-même.

Livres

Série Pniné Halakha 9 volumes
Commandez maintenant
Pniné Halakha We use cookies to ensure the website functions properly and improve user experience. You can choose which types of cookies to enable.
Cookie Selection