03. À quoi s’applique la bénédiction Chéhakol

Pour des aliments qui ne croissent pas à partir de la terre, tels que la viande d’élevage, le gibier, la volaille, le poisson, ainsi que les œufs, le lait ou le fromage, les sages ont institué la bénédiction Chéhakol nihya bidvaro (« Béni sois-Tu… par la parole duquel tout advint »). De même, si l’on boit de l’eau pour étancher sa soif, on récite Chéhakol. La bénédiction des champignons est également Chéhakol. Certes, ils semblent être des fruits de la terre ; mais ils ne tirent pas leur nourriture de la terre, d’où il suit que la bénédiction doit être la plus générale : Chéhakol (Choul‘han ‘Aroukh 204, 1).

De même, pour des fruits sauvages et des feuilles qui ne sont comestibles qu’en cas de nécessité pressante, on dit Chéhakol ; et quoiqu’ils poussent sur un arbre ou sur la terre, ils n’ont pas l’importance d’un fruit ou d’un légume, parce qu’on ne plante pas ces espèces dans le but de les manger. Leur bénédiction est donc Chéhakol (comme nous l’expliquons ci-après, § 6).

Il en va de même pour les jus de fruits, comme le jus d’orange ou de pomme : leur bénédiction est Chéhakol. Bien que le jus vienne du fruit, on dit Chéhakol parce que l’état du fruit a grandement changé, au point que l’aliment s’est transformé en boisson (comme nous le verrons ci-après, § 15). Même chose pour une boisson alcoolisée faite à partir d’orge, ou pour le café, le thé, dont le goût provient de plantes ou de fruits : puisque ces plantes sont devenues boissons, la bénédiction est Chéhakol (cf. § 17).

De même, si l’on mange des aliments qui se sont quelque peu abîmés, mais qui restent encore consommables en cas de nécessité pressante – par exemple du pain qui a moisi, un plat cuisiné dont l’apparence a changé et qui s’est détérioré –, on dira Chéhakol. Mais si la détérioration est complète, au point que cela ne convienne plus à l’alimentation humaine, on ne dit aucune bénédiction (Choul‘han ‘Aroukh 204, 1, Michna Beroura 1-2).

La règle est semblable pour des fruits ou légumes que l’on a l’usage de manger cuits, comme la courge ou la pomme de terre : quand on les mange crus, leur bénédiction est Chéhakol (Choul‘han ‘Aroukh 205, 1 ; cf. ci-après § 14).

On peut généralement dire que la bénédiction Chéhakol a été instituée pour deux sortes d’aliments. 1) Des aliments importants dont l’origine est animale, viande, produits laitiers, œufs ; ainsi que pour les champignons qui puisent leur nutrition de l’air. 2) Des aliments qui ont changé de nature, au point d’avoir perdu leur bénédiction d’origine ; ainsi des aliments transformés en boissons, des aliments abîmés – mais qui sont encore, à la rigueur, propres à la consommation – ; de même, des pousses qui ne sont pas parvenues à l’importance d’un fruit ou d’un légume, comme les fruits sauvages. Une part importante des discussions halakhiques présentées dans ce chapitre est consacrée à cette question : à partir de quand un aliment est-il considéré comme changé, et comme ayant perdu sa bénédiction d’origine au bénéfice de Chéhakol ?

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