05. Écorces et pépins de fruits

En raison de l’importance des fruits de l’arbre et des fruits de la terre, les sages ont créé pour eux des bénédictions spécifiques ; mais quant aux autres choses qui poussent sur les arbres et sur les arbrisseaux, les sages n’ont point institué de bénédiction particulière. Dès lors, s’ils sont comestibles, leur bénédiction est Chéhakol. Par conséquent, si l’on veut manger des feuilles[c] ou des tiges d’arbre ou d’arbrisseau annuel, telles que des tiges tendres de vigne ou de céréales, on dira Chéhakol (Choul‘han ‘Aroukh 204, 1)[2].

Les peaux de fruit ou de légume que l’on a l’usage de manger avec le fruit ou le légume lui-même, comme la peau de la pomme, de la poire ou, pour certains, du concombre, sont considérées comme faisant partie intégrante du fruit ou du légume. Aussi, même si on les mange seules, on dira la bénédiction du fruit ou du légume considéré : Ha-adama pour la peau de concombre, Ha‘ets pour la peau de pomme ou de poire. Mais pour des peaux qu’il n’est pas d’usage de manger, comme les écorces d’orange, que l’on aurait adoucies avec du sucre ou du chocolat, on dit Chéhakol : puisque l’habitude est de jeter ces écorces, elles ne sont pas considérées comme faisant essentiellement partie du fruit (Michna Beroura 202, 39).

Pour les cosses fraîches de légumineuses[d], par exemple les cosses de haricot vert, si on les mange avec les graines, on dira Ha-adama sur les haricots, ce qui couvrira également la cosse. Si l’on mange la cosse séparément, on dira Chéhakol (Michna Beroura 204, 9).

Pour des graines ou des pépins comestibles de fruit ou de légume, on dit Chéhakol, car ils ne constituent pas la partie essentielle du fruit ou du légume. Mais quand ils sont mangés avec le fruit ou le légume, ils sont accessoires à celui-ci, et la bénédiction du fruit ou du légume les inclut.

Pour les graines de tournesol, en revanche, on dit Ha-adama, car elles constituent la partie essentielle de la plante. De même, sur les graines de courge et sur les graines de pastèque[e], on dit Ha-adama, car on les cultive à partir d’espèces particulières, dont la chair est peu abondante et les graines nombreuses, de sorte que leur plantation vise en premier lieu les graines. Puisqu’elles sont la partie principale du fruit ou du légume, la bénédiction est Ha-adama (cf. Choul‘han ‘Aroukh 202, 3, Michna Beroura ad loc.).


[c]. Par exemple, des feuilles de vigne bouillies et frites, quand elles sont mangées sans farce.

[2]. Tout ce qu’il est habituel de manger, et que vise également la plantation de l’arbre, mais qui n’appartient pourtant pas à la partie essentielle du fruit, « descend » de degré : de la bénédiction Ha‘ets, on passe à Ha-adama, comme nous l’apprenons au sujet des tiges et des écorces du câprier (Berakhot 36a, Choul‘han ‘Aroukh 202, 6). S’il s’agit d’une chose à laquelle on ne pense pas au moment de la plantation, quoiqu’il soit possible de la manger, la bénédiction est Chéhakol. S’agissant de la noix de cajou, qui pousse sur un arbre, on a voulu prétendre que sa bénédiction était Ha-adama, parce que cette noix pousse à l’extrémité du fruit que l’arbre produit ; elle ne constituerait donc pas la partie principale du fruit. Mais en réalité, le motif essentiel pour lequel on cultive cet arbre est d’obtenir la noix de cajou, de sorte que celle-ci doit être considérée comme la partie principale du fruit ; aussi doit-on dire Ha‘ets.

Sur les cœurs de palmier, qui poussent au sommet du tronc de certaines espèces de palmiers (notamment le palmito), on dit Chéhakol, car, si l’on plante ces arbres, ce n’est pas spécialement pour ce produit. Au contraire, quand on coupe la partie porteuse du cœur, on nuit à la croissance de l’arbre (Choul‘han ‘Aroukh 204, 1, Michna Beroura 9). Toutefois, de nos jours, on cultive des palmiers particuliers, en vue du cœur de palmier. Ces palmiers-là produisent de nombreuses tiges, que l’on coupe selon une méthode raisonnée, de manière que l’arbre puisse continuer de croître et d’offrir de nouveaux cœurs. La bénédiction est en ce cas Ha-adama (et non Ha‘ets, puisqu’il ne s’agit pas à proprement parler d’un fruit – ainsi que le dit de la canne à sucre le Halakhot Guedolot, cité par Béour Halakha 202, 15 ד »ה על).

[d]. Cosses tendres de pois, ou de fève, ou de haricot, au début de leur croissance, qui se mangent cuites.

[e]. Graines spécialement destinées à la consommation, courantes notamment en Israël.

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