Sur le riz, bien qu’il ne fasse pas partie des « cinq céréales[h] » les sages ont prescrit de dire Mézonot, car, comme elles, il est nourrissant. Cependant, puisqu’il ne fait pas partie des sept espèces par lesquelles est louée la terre d’Israël, on ne récite pas, après en avoir mangé, la bénédiction Mé‘ein chaloch (‘Al hami‘hia), mais seulement Boré néfachot (Choul‘han ‘Aroukh 208, 7).
Ce statut appartient seulement au riz, car c’est lui qui ressemble le plus aux cinq espèces céréalières susdites. Mais pour le maïs ou le millet, quoiqu’ils nourrissent eux aussi, et que certains en fassent du pain, les sages n’ont pas prescrit de dire Mézonot. Quand ils ne sont pas écrasés, leur bénédiction est Ha-adama ; quand ils sont moulus et que l’on en a fait du pain, leur bénédiction est Chéhakol. Dans les pays d’Amérique du sud, où tout le monde a l’habitude de manger du pain de maïs, telle est la manière ordinaire de manger cette céréale ; la bénédiction du pain de maïs est donc Ha-adama dans ces pays (cf. Michna Beroura 208, 33). Quant au riz, ce n’est que s’il est cuit à l’eau, ou pétri et cuit au four, que l’on dit sur lui Mézonot[i] ; mais s’il est grillé, ou partiellement cuit, on dit Ha-adama (Choul‘han ‘Aroukh 208, 7-8).
Un doute est apparu quant aux galettes de riz soufflé (prikhiot), car ce n’est pas en cuisant le riz qu’on les prépare, mais en faisant gonfler les grains de riz à la vapeur, et en les collant les uns aux autres par la pression et la chaleur. Puisque les grains de riz se trouvent grandement transformés, l’usage est de dire Chéhakol[10].
Pour des popcorns, faits de grains de maïs soufflés à forte chaleur, nombre de décisionnaires sont d’avis qu’il faut dire Ha-adama, puisque les grains de maïs n’ont pas été modifiés par écrasement, mais ont seulement gonflé. D’autres estiment qu’il faut dire Chéhakol, et tel est l’usage le plus répandu.
[h]. Le riz est certes une céréale, mais on ne récite le Birkat hamazon ou ‘Al hami‘hia que sur la pâte pétrie de blé, d’orge, d’épeautre, d’avoine ou de seigle (ce que l’auteur appelle « les cinq céréales »).
[i]. La règle est la même pour une paella, faite à la poêle, ou du riz à la vapeur.
[10]. Selon Rabbi Chelomo Zalman Auerbach, Or lé-Tsion 14, 21 et ‘Hazon Ovadia (Berakhot p. 184), on dit Ha-adama. Pour le Rav Elyachiv et le Pit‘hé Halakha 34, on dit Mézonot (Cha‘aré Haberakha 23, 582) ; selon le Rav Elyahou et le Rav Fisher, Chéhakol (Vézot Haberakha pp. 108-109). On est fondé à choisir ; mais l’usage est de dire Chéhakol. Pour les galettes de blé soufflé, cf. ci-dessus, chap. 6 § 13, où il est dit que les bénédictions sont Mézonot et ‘Al hami‘hia.