Pour les fruits dont le goût est acide, mais qu’il encore possible de manger en cas de nécessité pressante, on dit la bénédiction qui leur est spécifique, s’ils ont poussé et mûri de manière normale. Si l’acidité de leur goût vient du fait qu’ils ne sont pas encore arrivés à maturité, les décisionnaires sont partagés : peut-on dire la bénédiction qui leur est spécifique ? La question est discutée, aussi est-il préférable de dire Chéhakol.
Pour des fruits qui poussent sur des arbres sauvages, et qui ne sont pas tellement savoureux – comme les petites pommes et les petites poires qui poussent sur des arbres non cultivés –, la règle est la suivante : puisque ces arbres n’ont pas été plantés à cette fin, et quoique leurs fruits soient comestibles en cas de nécessité pressante, on dit Chéhakol, car on considère qu’ils n’ont guère d’importance. Même si on les fait cuire, et que la cuisson les rende savoureux, ces fruits ne sont pas considérés comme « importants », dans la mesure où l’arbre n’a pas été planté dans le but de produire des fruits ; la bénédiction est donc Chéhakol (Choul‘han ‘Aroukh 203, 4-5). De même, pour des tiges qui ont un certain goût, et qui croissent à l’état sauvage : on dit Chéhakol (Choul‘han ‘Aroukh 204, 1). Mais pour des fruits savoureux sans qu’il soit besoin de cuisson, on dit Ha‘ets, même s’ils poussent sur des arbres sauvages (Michna Beroura 203, 5 ; 204, 18-19). Par conséquent, pour le fruit du cactus (figue de Barbarie), qui est excellent, on dit Ha‘ets (Kaf Ha‘haïm 202, 6). De même, pour des noix savoureuses qui poussent sur des arbres sauvages, la bénédiction est Ha‘ets.
Si l’on suce une canne à sucre, la bénédiction est Chéhakol. Bien que les cannes à sucre poussent sur la terre – de sorte que certains pensent qu’il faut dire Ha-adama –, on dit Chéhakol, puisque l’on ne mange pas la canne elle-même, mais que l’on se contente d’en sucer le suc aromatique (Choul‘han ‘Aroukh 202, 15, Michna Beroura 76).