09. Ordre de priorité entre alimentsayant même bénédiction

Il arrive que l’on veuille manger plusieurs aliments dont la bénédiction est identique. En ce cas, il est juste de réciter la bénédiction sur l’aliment le plus important. En effet, c’est faire honneur à la berakha que de la réciter sur l’aliment le plus important ; dans le même temps, on inclura dans le champ de la berakha les autres aliments dont la berakha est identique.

Il existe plusieurs critères d’importance : a) l’aliment entier a priorité sur celui qui est coupé ; par conséquent, si l’on s’apprête à manger des petits gâteaux, et que l’on en ait deux devant soi, l’un entier, l’autre brisé, c’est sur le gâteau entier que l’on prononcera la bénédiction. b) L’aliment que l’on préfère a priorité : si l’on est en présence de deux gâteaux de genres différents, on dira la berakha sur celui que l’on préfère. c) Le plus grand a priorité sur le plus petit : entre deux gâteaux que l’on souhaite manger, l’un et l’autre entiers et également appréciés, mais dont l’un est plus grand, c’est sur le grand que se récitera la bénédiction.

De même, pour des viandes ou des poissons de différentes sortes, dont la bénédiction est Chéhakol, l’entier aura priorité sur le coupé, le plus apprécié sur le moins apprécié, le grand sur le petit.

Lorsqu’il y a contradiction entre ces trois principes, c’est le premier principe qui a priorité sur le deuxième, et le deuxième sur le troisième. Par exemple, si l’on a un gâteau entier que l’on aime moins, et un autre, coupé, que l’on aime davantage, il est préférable de dire la bénédiction sur le gâteau entier[9]


[9].
Quant à l’ordre de préséance entre pains de différentes sortes, cf. ci-dessus, chap. 3 § 2 ; cf. aussi, en note 1 du chap. 3, les sources des règles exposées ici. Les Richonim sont partagés quant à la définition de la notion d’aliment « le plus apprécié » (‘haviv). Selon Maïmonide et Or Zaroua’, il s’agit là de l’aliment que préfère, présentement, celui qui s’apprête à dire la bénédiction. Selon les disciples de Rabbénou Yona et le Roch, il s’agit de l’aliment qu’il apprécie généralement le plus, même si, présentement, il préférerait le second ; et c’est en ce dernier sens que penche le Choul‘han ‘Aroukh 211, 1. Selon Rabbi Chnéour Zalman de Liady, dans le Séder Birkot Hanéhénin 10, 15, chacun est autorisé à choisir l’une ou l’autre coutume.

Si l’on a une pâtisserie Mézonot faite au four et un plat bouilli dont la bénédiction est aussi Mézonot, c’est sur la pâtisserie qu’il est préférable de dire la bénédiction, puisque cela ressemble davantage à du pain (Séder Birkot Hanéhénin 9, 7). Bien entendu, le blé a priorité sur l’orge ; puis suivent l’épeautre, le seigle et l’avoine. Ensuite, le riz a priorité sur le vin : bien qu’il ne fasse pas partie des sept espèces par lesquelles la Torah fait la louange de la terre d’Israël, son importance tient dans le fait qu’il nourrit et que sa bénédiction le spécifie (Even Ha‘ézer ; mais selon le Peri Mégadim, il faut donner priorité aux sept espèces).

Dans le cas où l’on devrait, selon ces règles, réciter la bénédiction sur l’aliment le plus important et le plus prisé, mais où l’on souhaiterait manger d’abord de celui qui est moins important et moins prisé, il sera préférable de réciter la bénédiction sur l’aliment le plus important ; ensuite, on mangera suivant son désir (Michna Beroura 211, 10).

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