Si une saleté ou de la peinture s’est attachée à la main, cela fait écran entre l’eau et la main. Si cette séparation (‘hatsitsa) inclut la majorité de la main, elle invalide l’ablution.
Mais si la ‘hatsitsa se trouve sur une part minoritaire de la main, la règle dépend de la sévérité avec laquelle on considère un tel élément étranger. Dans le cas où, aussi bien soi-même que la majorité des gens ont l’habitude de ne pas admettre une telle ‘hatsitsa – par exemple, si l’on a sur la main une trace de peinture qui a quelque consistance –, et quoiqu’elle soit minoritaire, il est obligatoire de l’ôter avant l’ablution. Si l’on a procédé à l’ablution sans l’ôter, celle-ci est invalide. On devra alors ôter la ‘hatsitsa et recommencer l’ablution, assortie de sa bénédiction. Quand une trace de peinture n’a pas de consistance, c’est-à-dire qu’on ne la sent pas au toucher, elle ne constitue pas une séparation, car on considère qu’elle n’a pas de « réalité » ; ce, bien que l’on ne s’accommode pas ordinairement d’une telle tache.
Si la ‘hatsitsa attachée à une part minoritaire de la main est de celles que la majorité des gens ont l’habitude d’avoir soin d’enlever, mais que l’on ne soit pas soi-même pointilleux à cet égard ; ou, à l’inverse, si l’on a soin de l’enlever, tandis que la majorité des gens n’ont pas cette exigence, on doit l’ôter avant l’ablution. Si, par erreur, on a fait l’ablution avec une telle ‘hatsitsa, on répétera l’ablution, mais sans dire la bénédiction, puisque, selon une partie des décisionnaires, cela ne doit pas être considéré comme une ‘hatsitsa[11].
Quant à ceux qui ont pour profession de peindre, de sorte qu’ils ont en permanence aux mains des taches de peinture qu’il est difficile d’enlever chaque jour : ces taches ne sont pas considérées, à leur égard, comme faisant écran, quoique les autres personnes aient l’usage, pour elles-mêmes, de ne pas admettre de telles taches. En effet, il est connu que les gens de cette profession ne sont pas pointilleux à ce propos. La règle est la même pour un scribe rituel (sofer stam), dont les mains sont tachées d’encre (Choul‘han ‘Aroukh 161, 2).
De même pour les femmes qui vernissent leurs ongles : ce n’est pas une ‘hatsitsa, puisqu’elles trouvent intérêt à cela. Si le vernis a commencé à s’effriter, et qu’elles aient soin de ne pas sortir ainsi, il est obligatoire d’ôter ce vernis avant l’ablution.
Une bague que l’on porte au doigt, et que l’on n’a l’usage d’ôter en aucune circonstance, est considérée comme faisant partie de la main, et ne fait pas écran à l’ablution. Mais une bague que l’on a soin d’enlever en certaines circonstances n’est pas considérée comme une partie de la main ; aussi fait-elle écran à l’ablution. Par conséquent, une femme qui a soin d’ôter sa bague quand elle pétrit de la pâte devra l’ôter aussi avant de se laver rituellement les mains. Certes, fondamentalement, quand la bague est portée de façon assez lâche sur le doigt, l’eau passe par-dessous, de sorte que la bague ne fait point écran. Mais puisqu’il est parfois difficile de savoir si la bague tient au doigt de façon lâche ou étroite, on a coutume d’être rigoureux, et d’ôter, avant l’ablution, toute bague qu’on est habitué à enlever en certaines circonstances (Choul‘han ‘Aroukh et Rema 161, 3).
Si l’on est blessé à la main, au point que l’on doit mettre un pansement ou un bandage sur sa blessure, la règle est la suivante : si l’on peut facilement ôter le bandage ou le pansement pour se laver les mains, il faudra l’enlever. Mais si la manœuvre est douloureuse, ou que le retrait du bandage soit de nature à aggraver la plaie, on lavera le reste de la main, et l’on se rendra ainsi quitte de la mitsva de l’ablution (Choul‘han ‘Aroukh 162, 10). On veillera à ce que l’eau parvienne à l’ensemble de la main, à l’exception de la partie bandée ou pansée. Et si l’on ne peut verser l’eau sur toute la main de façon continue, on versera successivement, sur chaque partie de la main hormis la partie bandée ou pansée, un revi‘it d’eau (75 ml, comme nous le verrons au prochain paragraphe, où il est dit que, lorsqu’on verse un revi‘it, l’eau ne contracte pas l’impureté).
Quand une plaie s’est cicatrisée, voici la règle : quand la croûte est dérangeante et qu’il est facile de la retirer, il faut la retirer avant l’ablution. Mais si elle n’est pas dérangeante, en raison de sa petite taille, ou qu’il soit difficile de la retirer parce que son retrait risquerait de rouvrir la plaie ou d’être douloureux, il n’est pas nécessaire de la retirer avant l’ablution (Choul‘han ‘Aroukh Harav 161, 6 ; Pniné Halakha – Les Lois de pureté 5, 14).