Il existe deux catégories de bénédictions sur la nourriture : celles qui précèdent la consommation, celles qui la suivent. Par la bénédiction qui précède la consommation, nous bénissons Dieu pour la jouissance qu’apporte la nourriture ; la logique même oblige à cela, car l’homme ne saurait, pour son propre profit, prendre une chose du monde de Dieu, béni soit-Il, sans lui en demander la permission. Ce raisonnement est si simple et si nécessaire que la Torah n’a pas même eu besoin d’ordonner cela, car il est juste d’en laisser l’initiative à l’homme. De même qu’il convient à celui qui a reçu de son prochain plusieurs présents de le remercier spécialement pour chacun d’entre eux – alors que celui qui remercie généralement pour l’ensemble montre qu’il ne perçoit pas la nature de chaque cadeau, de sorte que ses remerciements perdent leur sens – ainsi convient-il de se conduire à l’égard du Ciel. C’est pourquoi nos sages ont prescrit de remercier Dieu par une bénédiction particulière pour chaque catégorie d’aliment (cf. ci-après, chap. 8 § 4).
Sur le pain, on dit : « Béni sois-tu, Éternel, notre Dieu, Roi de l’univers, qui fais sortir le pain de la terre » (cf. chap. 3 § 1). Sur les pâtisseries et les produits à base de céréales : « Béni sois-tu, Éternel, notre Dieu, Roi de l’univers, qui crées des espèces nourrissantes[7] » (chap. 6 § 1). Sur le vin : « Béni sois-tu, Éternel, notre Dieu, Roi de l’univers, qui crées le fruit de la vigne » (chap. 7 § 3). Sur les fruits de l’arbre : « Béni sois-tu, Éternel, notre Dieu, Roi de l’univers, qui crées le fruit de l’arbre » ; sur les fruits de la terre : « Béni sois-tu, Éternel, notre Dieu, Roi de l’univers, qui crées le fruit de la terre » (chap. 8 § 1-2). Et sur le reste des aliments, qui ne poussent pas sur la terre, comme la viande ou le lait : « Béni sois-tu, Éternel, notre Dieu, Roi de l’univers, par la parole de qui tout advint » (ibid. § 3). Chaque bénédiction révèle la racine divine particulière à l’aliment dont il s’agit ; aussi faut-il être très précis quand on récite les bénédictions, et ne pas dire, sur telle catégorie d’aliment, la bénédiction propre à telle autre.