Quand deux personnes mangent ensemble du pain, puisqu’elles se sont fixé ce repas en commun, il est bon que l’une d’elles dise à haute voix la bénédiction Hamotsi, acquittant par-là son prochain ; car une bénédiction dite pour deux personnes est plus digne d’honneur encore. Puisque l’auditeur s’acquitte par le biais de la bénédiction qu’il entend de son compagnon, il lui est interdit de s’interrompre par des paroles avant de manger lui-même[7]. Mais si chacun mange pour son propre compte, et que l’on ne s’attende pas l’un l’autre, chacun devra dire la bénédiction pour soi-même (Choul‘han ‘Aroukh 167, 11 ; cf. ci-après, chap. 5 § 2).
D’après cela, on comprend pourquoi, le Chabbat, lorsque toute la famille mange ensemble, on attend que tout le monde ait terminé de se laver les mains, puis le chef de famille récite la bénédiction Hamotsi à haute voix, tandis que les convives répondent amen à sa suite, et s’acquittent ainsi de la bénédiction. En effet, puisque l’on a organisé un repas collectif, l’accomplissement le plus parfait de la mitsva est que l’un des convives récite Hamotsi pour tous. Et chacun des convives doit avoir soin de ne pas parler avant de manger lui-même.
Lors d’un repas rassemblant de nombreux participants, quoique tout le monde se soit réuni pour manger ensemble, il est préférable que, à chaque table, un des convives prononce la bénédiction pour ceux de ses compagnons de table qui se sont lavé les mains avec lui. En effet, si l’on devait attendre tous les participants, une trop longue interruption s’ensuivrait entre l’ablution et la bénédiction[8].
[8]. Il est difficile de définir quantitativement ce qu’est un repas rassemblant de nombreux participants, tout dépendant des circonstances. Il y a un avantage à ce qu’un des commensaux dise la bénédiction pour tous, mais il y a aussi un avantage à ne pas attendre longtemps entre l’ablution des mains et la bénédiction, d’une part, et la consommation, d’autre part (cf. Michna Beroura 165, 5). Quand on mange ensemble des fruits ou de semblables aliments : le Choul‘han ‘Aroukh estime qu’il est bon que l’un dise la bénédiction pour tous, tandis que, selon le Rema, il est préférable que chacun récite la bénédiction pour soi-même, comme nous le verrons ci-après, chap. 12 § 7. Cf. Michna Beroura 213, 11-12.