Tous les fruits et légumes qui sont mangés avec les aliments destinés à la satiété, qu’ils soient crus ou cuits, sont couverts par la bénédiction Hamotsi. Dans cette catégorie, figurent les pruneaux cuits avec la viande, les raisins secs accompagnant le riz, le mets cuit appelé tzimmes, où se mêlent pruneaux et abricots, la salade de carottes et la salade Waldorf que l’on sert avec des plats destinés à rassasier. Mais si l’on sert une salade de carottes sucrée ou une salade Waldorf en fin de repas, comme dessert, on devra réciter sur elles la bénédiction introductive. De même pour une compote – c’est-à-dire des fruits cuits au sucre[13] – que l’on sert à la fin du repas : on récitera la bénédiction introductive.
Lorsqu’on sert du pamplemousse ou du melon au début du repas, il faut réciter sur eux la bénédiction introductive, car ils forment une sorte de « dessert », servi au début du repas afin d’ouvrir celui-ci sur un goût flatteur ; cela ne fait pas vraiment partie du repas. Mais les aliments servis au début du repas dans le but d’éveiller l’appétit, comme les variantes (légumes macérés dans du vinaigre), font partie intégrante du repas, et la bénédiction Hamotsi les couvre.
Si l’on a pour intention de donner à un plat constitué de fruits – par exemple du raisin – la fonction de procurer la satiété, ces fruits restent, tant qu’ils sont consommés avec du pain, annexes à celui-ci, et la bénédiction Hamotsi les inclut. Mais si l’on a l’intention de manger également du raisin seul, non accompagné de pain, un doute apparaît : doit-on en réciter la bénédiction ? Afin de sortir du doute, il est préférable de manger, dès le début du repas, de ce raisin seul ; alors, de l’avis de tous, on récitera la bénédiction Ha‘ets (Michna Beroura 177, 10)[14].
[14]. Si l’on a pour intention que les fruits (ou quelque autre aliment) habituellement consommés comme dessert soient le seul aliment qui accompagne le pain afin de conduire à la satiété, on les mangera d’abord avec du pain, et l’on n’en récitera pas la bénédiction. Certes, selon le Roch, dans le cas même où on les mangerait sans pain, on n’en réciterait pas la bénédiction, puisque le propos de leur consommation est de rassasier. Cependant, pour les disciples de Rabbénou Yona, puisqu’il n’est pas habituel de les manger pour se rassasier, ce n’est que si l’on commence à les manger avec du pain que l’intention de les manger pour se rassasier sera manifeste ; ensuite, on pourra continuer de les manger seuls, sans devoir dire de bénédiction. Afin d’être quitte selon tous les décisionnaires, c’est ainsi qu’il convient d’agir (Choul‘han ‘Aroukh 177, 3).