01. Birkat haréa‘h, bénédiction de l’odorat

De même que bénir l’Éternel pour toute nourriture que nous mangeons est une mitsva, de même est-ce une mitsva que de réciter une bénédiction pour la jouissance que nous tirons d’une bonne odeur. Et bien que le plaisir que procure l’olfaction soit plus proche du spirituel, les Sages ont institué des bénédictions à cet égard, car il est interdit de tirer profit de ce monde sans bénédiction (Berakhot 35a ; cf. ci-dessus, chap. 1 § 2). De même, les Sages commentent ainsi le verset « Toute âme louera Dieu, Alléluia ! » (Ps 150, 6) : « Quelle est la chose dont l’âme jouit, et dont le corps ne jouit pas ? C’est l’odorat. » (Berakhot 43b) Nous voyons donc qu’il faut louer l’Éternel pour le plaisir olfactif. En revanche, les Sages n’ont pas prescrit de bénédiction pour le plaisir que procure l’écoute d’un beau son, ou une belle vision, car, pour de tels plaisirs, il n’y a pas de chose tangible qui entre dans le corps de l’homme ; tandis que, s’agissant du plaisir olfactif, des particules odorantes pénètrent dans le corps (Michna Beroura 216, 4).

Cependant, les Sages n’ont pas institué de bénédiction finale sur les parfums, puisque, après avoir cessé d’en humer l’odeur, le plaisir cesse, et il n’en reste rien (Choul‘han ‘Aroukh, Ora‘h ‘Haïm 216, 1).

Par cette bénédiction, nous apprenons à prêter attention aux choses fines et délicates que l’Éternel a créées en ce monde, car elles aussi procurent du plaisir à l’homme et enrichissent ses sentiments. Et puisque les Sages enseignent que c’est l’âme qui tire jouissance de l’odeur, nous voyons qu’un bon parfum est capable d’éveiller la foi résidant en l’âme, de renforcer les facultés spirituelles que l’on porte en soi, et d’éveiller en nous l’aspiration à s’élever à un haut niveau, bien au-delà des choses discernables par les sens.

Afin que l’expression de la reconnaissance soit complète et précise, les Sages ont institué une berakha particulière à chaque catégorie de parfum, suivant la matière dont l’odeur provient. On compte cinq bénédictions :

1) Pour un parfum provenant d’un arbre ou d’un arbuste, on dit : Baroukh Ata Ado-naï, Elo-hénou, Mélekh ha’olam, boré ‘atsé bessamim (« Béni sois-Tu, Éternel, notre Dieu, Roi de l’univers, qui crées des arbres odoriférants »).

2) Pour un parfum émanant d’herbes, on dit : Baroukh Ata… boré ‘isbé bessamim (« Béni sois-Tu… qui crées des herbes odoriférantes »).

3) Pour une bonne odeur émanant d’un fruit, la bénédiction est : Baroukh… hanoten réa‘h tov bapérot (« Béni sois-Tu… qui donnes une bonne odeur aux fruits »).

4) Pour un parfum provenant d’autres produits, ou de matières synthétiques, on dit : Baroukh… boré miné bessamim (« Béni sois-Tu… qui crées diverses sortes de parfums »).

5) Pour le parfum de l’huile d’afarsemon (« baumier »), on récite : Baroukh Ata… boré chémen ‘arev (« Béni sois-Tu… qui crées l’huile délectable »). Mais cette huile ne se trouve plus de nos jours[1].

La bénédiction Boré miné bessamim a ceci de particulier que, a posteriori, elle nous acquitte pour toutes les catégories de parfums, puisque, de tous, on peut dire qu’ils sont des « sortes de parfums ». Aussi, chaque fois qu’il y a un doute concernant la catégorie à laquelle appartient tel parfum, on dit Miné bessamim (Choul‘han ‘Aroukh 216, 2 ; cf. ci-après, § 5, où l’on définit ce que sont les herbes et les arbres).

C’est la raison pour laquelle, selon la coutume ashkénaze, on a l’usage de dire, lors de la Havdala, Miné bessamim pour toutes les sortes de parfums. En effet, de nombreuses personnes ignorent ce qui se rattache aux herbes et ce qui appartient aux arbustes, de sorte qu’il est à craindre qu’elles ne se trompent dans leur bénédiction ; tandis que, si elles disent toujours Miné bessamim, elles s’acquittent de toute façon de leur obligation. Mais suivant la coutume séfarade, tant que l’on sait à quelle catégorie appartient tel parfum, on prononce sa berakha spécifique (Michna Beroura 297, 1 ; Kaf Ha‘haïm 31).


[1]. L’huile d’afarsemon est ce qui, dans la langue biblique, se nomme tsori (baume), « résine qui s’écoule des arbres à baume » (seraf hanotef mé-‘atsé haqtaf), c’est-à-dire du balsamier ou baumier (l’afarsemon en question ne doit pas être confondu avec le kaki, fruit qui, en hébreu moderne, est appelé afarsemon). Cette huile était particulièrement prisée, et on la produisait en terre d’Israël ; de là, on l’exportait dans le monde. En l’honneur de la terre d’Israël, les Sages instituèrent pour elle une bénédiction particulière (Berakhot 43a).

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