Sur quatre catégories de bonnes odeurs on ne dit pas de bénédiction : a) les odeurs dont il est interdit de tirer profit ; b) les odeurs destinées à atténuer les mauvaises odeurs ; c) les bonnes odeurs destinées à parfumer d’autres choses ; d) les bonnes odeurs détachées de leur source (réa‘h ché-ein lo ‘iqar).
- a) Sur des parfums servant à l’idolâtrie, il est interdit de dire les bénédictions. Puisqu’il est interdit de tirer profit d’une chose servant à un culte païen – comme il est dit : « Il ne s’attachera rien à ta main qui soit anathème » (Dt 13, 18) – il est interdit de dire une quelconque bénédiction sur son odeur, même si on l’a sentie (Choul‘han ‘Aroukh 217, 6). De même, on ne dit pas de bénédiction sur l’odeur d’un fruit ‘orla[b], puisqu’il est interdit d’en tirer profit (Radbaz ; Cheyaré Knesset Haguedola).
Il est de même interdit à un homme de sentir un flacon de parfum qui évoque, en son esprit, une femme qu’il connaît et qui n’est pas la sienne ; et s’il l’a senti, il n’en dira pas la bénédiction. C’est l’une des haies protectrices fixées par les Sages pour renforcer la sainteté du mariage et empêcher la formation de liens personnels entre un homme et une femme qui n’est pas la sienne (Choul‘han ‘Aroukh 217, 4 ; Michna Beroura 16-17).
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- b) On dit une bénédiction sur une bonne odeur destinée à la jouissance ; mais si la destination de l’odeur est d’atténuer les mauvaises odeurs, comme c’est le cas des parfums et pulvérisateurs pour toilettes, on ne dit pas de bénédiction, même dans le cas où l’odeur est bonne (Berakhot 53a ; Choul‘han ‘Aroukh 217, 2). Même si l’on sent un tel parfum hors des toilettes et que sa bonne odeur nous procure du plaisir, on ne dira point de bénédiction : puisque la spécialité de ce parfum est de masquer les mauvaises odeurs et non de dispenser du plaisir, les Sages n’ont pas prescrit de bénédiction quand on le respire (Cha‘ar Hatsioun 217, 16 ; Béour Halakha, passage commençant par Chel). De même, on ne dit pas de bénédiction sur un déodorant, qui est destiné à masquer l’odeur de la transpiration ; non plus que sur les savons parfumés, dont la fonction principale est d’ôter la saleté et les mauvaises odeurs du corps (‘Aroukh Hachoul‘han 217, 5). Toutefois, si l’on décide de modifier la destination d’un produit odorant, et de s’en servir désormais pour en tirer jouissance, et non pour atténuer les mauvaises odeurs, on dira la bénédiction pour le plaisir qu’on prend à le sentir.
- c) Lorsque la destination d’une bonne odeur est de parfumer d’autres choses, on ne dit pas de bénédiction, puisque le propos de cette odeur n’est pas que l’on en tire spécifiquement jouissance. On ne dira donc pas de bénédiction sur une poudre à laver contenant une matière parfumée, ni sur des produits odorants que l’on place dans une armoire à linge, car ils sont destinés à donner une bonne odeur aux vêtements, et non à ce que l’on tire profit de leur odeur de manière différenciée (Choul‘han ‘Aroukh 217, 3). De même, on ne dit pas de bénédiction sur la bonne odeur provenant d’une crème pour les mains ou d’un après-rasage, puisque les composants parfumés de ces produits sont simplement destinés à donner au corps une sensation olfactive agréable, et non à ce que l’on jouisse de leur parfum en tant que tel. En revanche, l’eau de Cologne, l’eau de toilette ou l’eau de parfum requièrent une bénédiction, puisque leur odeur est bonne et puissante, et qu’elles sont destinées au plaisir tiré de leur odeur même.
- d) On ne dit pas de bénédiction sur une odeur qui n’est pas principale – littéralement, « dont le principe (‘iqar) est absent » – ce qui désigne une odeur dont la matière odoriférante-source est absente. Puisque l’odeur que nous sentons va se dissiper en peu de temps, elle n’a pas assez d’importance, et les Sages n’ont pas prescrit de bénédiction à son endroit. Par conséquent, on ne dit pas de berakha sur une bonne odeur émanant de vêtements qui ont absorbé leur parfum d’une lessive odorante ou de matières odorantes posées dans l’armoire à linge. Point de bénédiction non plus sur l’odeur de parfum émanant d’une personne qui s’est parfumée (Choul‘han ‘Aroukh 217, 3). De même, si l’on entre dans un magasin de cosmétiques et que l’on respire l’odeur, qui plane encore dans l’air, des flacons qui ont été ouverts avant cela pour être sentis, on ne dit pas de bénédiction : puisque, à présent, tous ces flacons sont fermés, l’odeur qui plane encore n’est pas principale. Ce n’est que si l’on ouvre un flacon pour en respirer le parfum que, lorsqu’on tirera jouissance de son odeur, on prononcera la berakha sur ladite jouissance (Béour Halakha 217, 3, passage commençant par Ela). De même, quand une femme se parfume, elle dira la bénédiction sur l’odeur qui se répandra du flacon.