06. Quand deux familles prennent ensemble leur repas

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Quand une famille est invitée chez une autre, certains estiment que seule la maîtresse de maison doit prononcer la bénédiction de l’allumage, tandis que l’invitée allumera des veilleuses sans prononcer de bénédiction, dans la mesure où la nécessité d’un tel allumage n’est pas certaine. Tel est l’avis de l’auteur du Choul’han ‘Aroukh, et tel est l’usage dans une partie des communautés séfarades. Mais d’après la majorité des décisionnaires, dont le Rama, l’invitée elle-même pourra dire la bénédiction sur l’allumage de ses veilleuses, car toute veilleuse supplémentaire ajoute à l’éclairage. Tel est l’usage de toutes les communautés ashkénazes et d’une partie des communautés séfarades, par exemple les originaires du Maroc.

En pratique, il n’est pas nécessaire, de nos jours, d’entrer dans un tel cas de doute puisque, dans toutes les maisons, on trouve plusieurs chambres, et que l’on a l’habitude de réserver une chambre aux invités ; or dans cette chambre, l’invitée est autorisée, d’après tous les avis, à allumer avec bénédiction. De même, quand la cuisine est séparée de la salle à manger, l’invitée peut allumer ses veilleuses dans la cuisine et y dire la bénédiction. Certes, l’allumage des veilleuses s’applique, par excellence, là où l’on prend le premier repas de Chabbat ; toutefois, c’est aussi une mitsva de veiller à ce qu’il y ait un certain éclairage dans les autres pièces ; par conséquent, lorsque deux familles passent le Chabbat ensemble, il est bon que la maîtresse de maison allume à l’endroit le plus important, près de la table à manger, et que les invitées allument dans les autres pièces, comme la cuisine et les chambres à coucher (cf. Michna Beroura 263, 38 ; cf. ci-dessus, paragraphe 2).

De même, quand on a préparé un appartement particulier pour les invités, il est bon que l’invitée allume ses veilleuses dans cet appartement, et y récite la bénédiction. Afin qu’elle puisse profiter de leur lumière, elle doit avoir soin d’utiliser des veilleuses assez grandes pour rester allumées jusqu’à son retour du repas du soir de Chabbat. Si elle allume des veilleuses ordinaires, elle aura soin de rester près d’elles jusqu’à ce qu’il commence à faire sombre, ou bien elle demandera à l’un des membres de sa famille d’aller voir ces veilleuses avant le repas. Car si aucun des membres de la famille ne les voyait après la tombée du jour, ces veilleuses ne joueraient aucun rôle dans l’honneur fait au Chabbat, de sorte que l’allumage et la bénédiction seraient vains.

De la même façon, à l’hôtel, où tous les pensionnaires prennent ensemble leur repas dans la salle à manger, il est bon que, dans ladite salle, une seule femme allume des veilleuses en prononçant la bénédiction, et que les autres femmes allument leurs veilleuses dans les chambres à coucher (Chemirat Chabbat Kehilkhata 45, 9). Certes, dans la majorité des hôtels, on interdit aux pensionnaires d’allumer des veilleuses dans les chambres, de crainte d’un incendie ; et pour permettre aux femmes d’allumer leurs veilleuses, on dispose une table dans la salle à manger, destinée aux veilleuses de toutes les femmes. Suivant la coutume ashkénaze et d’une partie des femmes séfarades, toutes les femmes peuvent allumer leurs veilleuses à cette table et dire la bénédiction. Mais selon la coutume de nombreuses Séfarades, seule la première d’entre celles qui allument récitera la bénédiction, tandis que celles qui la suivent allumeront sans dire la bénédiction.

On peut encore donner ce conseil : à part celle qui allume dans la salle à manger, les autres femmes peuvent allumer une ampoule à filament électrique (et réciter la bénédiction y afférente) dans leur chambre à coucher. En effet, nous l’avons vu au paragraphe précédent, la grande majorité des décisionnaires estiment que l’on peut faire la mitsva par le biais d’une ampoule à filament électrique. Même pour celles qui suivent la coutume du Rama, il est préférable d’allumer une lampe électrique dans sa chambre, car il vaut mieux accomplir la mitsva de cette façon qu’en un endroit où, de l’avis de certains décisionnaires, il n’y a pas lieu de dire la bénédiction. De plus, il y a davantage d’utilité à l’allumage d’une lumière électrique dans sa chambre qu’à l’allumage de nombreuses veilleuses à proximité de la salle à manger.

Certes, quand il n’y a que des ampoules au néon dans les chambres à coucher, il n’y a pas lieu de réciter la bénédiction en les allumant, car ils n’ont pas de filament assimilable à la mèche d’une veilleuse (comme expliqué en note 2). Dans un tel cas, il est juste que tout le monde allume ses veilleuses dans la salle à manger. D’après la coutume ashkénaze et d’une partie des femmes séfarades, comme nous l’avons vu, on récitera la bénédiction sur un tel allumage ; d’après la coutume d’une majorité de femmes séfarades, la première à allumer prononcera la bénédiction, les suivantes allumeront sans bénédiction. Toutefois, si l’on veut apporter un supplément de perfection à sa pratique, on se préparera des veilleuses à ampoule électrique et à prise, ainsi qu’une minuterie de Chabbat. De cette façon, on pourra accomplir la mitsva d’allumer les veilleuses et en réciter la bénédiction, dans sa chambre à coucher[3].


[3]. Selon une partie des décisionnaires séfarades, lorsque plusieurs femmes allument leurs veilleuses en un même lieu, elles peuvent prononcer la bénédiction. C’est la position du Yefé Levav 263, 10, du Guedolot Elicha 18, du Kaf Ha’haïm 56. Selon le Chémech Oumaguen 2, 38, tel était l’usage au Maroc. Face à cela, plusieurs décisionnaires ashkénazes ont écrit que, a priori, il faut tenir compte de l’opinion du Choul’han ‘Aroukh (‘Olat Chabbat, Chné Lou’hot Haberit, Choul’han ‘Aroukh Harav). Aussi, selon l’usage ashkénaze lui-même, il est préférable d’allumer une ampoule électrique dans sa chambre. Il faut veiller à ce que l’ampoule s’éteigne ensuite au moyen d’une minuterie sabbatique, faute de quoi on aurait du mal à dormir et l’on ne pourrait faire du Chabbat son délice.

 

Selon le ‘Aroukh Hachoul’han 263, 6, si plusieurs femmes allument de façon véritablement conjointe, elles peuvent toutes prononcer la bénédiction, même selon ceux qui tiennent pour l’opinion rigoureuse. Aussi est-il préférable, selon cet auteur, que toutes les femmes qui allument à l’hôtel, et allument d’ordinaire en avance, le fassent de concert, afin que toutes puissent dire, de l’avis de tous les décisionnaires, la bénédiction. Une autre possibilité est que l’une des femmes récite la bénédiction à haute voix, tandis que toutes les autres s’acquittent de la bénédiction en répondant amen.

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