04 – Heure limite des bénédictions du matin

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Si l’on a oublié de réciter les Birkot hacha’har avant la prière, on pourra les réciter après la prière, à quelques exceptions près. La bénédiction sur l’ablution des mains, Al nétilat yadaïm  ne peut être dite après la prière, puisqu’elle a été instituée comme préparation à celle-ci. De même, on ne pourra réciter après la prière les bénédictions de la Torah (Birkot Hatorah, cf. chapitre suivant), car on s’en sera déjà acquitté par la bénédiction Ahavat ‘olam (bénédiction qui précède le Chéma, voir chap. 16). On ne pourra pas non plus dire la bénédiction Elo-haï néchama, car certains sont d’avis que l’on s’en sera déjà acquitté par la bénédiction Mé’hayé hamétim (« qui ressuscites les défunts »), dans la ‘Amida.

Aussi, si l’on est contraint de sauter les bénédictions du matin pour pouvoir se joindre à temps à la prière publique, on commencera, à tout le moins, par dire les bénédictions Al nétilat yadaïm, Elo-haï néchama et les bénédictions de la Torah, car si l’on ne les récite pas préalablement, on ne pourra plus les rattraper après la prière (Michna Beroura 52, 2) 1.

Jusqu’à quand peut-on dire les Birkot hacha’har ? Etant donné que certains auteurs établissent une équivalence entre l’heure limite de leur récitation et l’heure limite de l’office du matin, on s’efforcera a priori de les réciter avant la fin de la quatrième heure solaire du jour. A posteriori, on pourra les dire jusqu’au midi solaire. Mais si l’on n’a pas eu le temps de les dire avant midi, on pourra les réciter toute la journée, car l’opinion de la majorité des décisionnaires est que l’heure limite de ces bénédictions est différente de celle de la prière de Cha’harit : en effet, il s’agit de bénédictions de reconnaissance pour les bonnes choses dont l’homme jouit au cours de la journée ; aussi, dans le cas où elles n’auraient pas été récitées le matin, on pourra les dire a posteriori jusqu’à la fin de la journée2.

    1. Voir chap. suivant § 2 note 2, où la question est largement abordée du point de vue des bénédictions de la Torah. Au sujet de Elo-haï néchama, le Michna Beroura 52, 9 et le Béour Halakha ad loc. disent que, selon le Peri ‘Hadach, on s’acquitte de son obligation par la bénédiction Mé’hayé hamétim, dans la ‘Amida. Le ‘Hayé Adam et le Dérekh Ha’haïm reproduisent les paroles du Peri ‘Hadach. Certes, le Maamar Mordekhaï s’oppose à ces vues, et le Peri Mégadim écrit que les termes du Rama lui-même ne semblent pas s’accorder avec elles ; et c’est ce qui semble se dégager des paroles du Gaon de Vilna. Mais quoi qu’il en soit, pour sortir du doute, celui qui doit sauter les Birkot hacha’har pour pouvoir prier en communauté dira préalablement Elo-haï néchama. Si l’on n’a pas dit cette bénédiction, on ne la récitera pas après la prière, selon le principe safeq berakha lehaqel (en cas de doute sur la nécessité de dire une bénédiction, on est indulgent, c’est-à-dire que l’on s’abstient). Toutefois, selon le Béour Halakha, celui qui s’appuie sur les décisionnaires d’après lesquels on peut dire Elo-haï néchama après la prière « ne perd rien ». Le Michna Beroura écrit encore que, si l’on a l’intention expresse de ne pas s’acquitter de Elo-haï néchama par la bénédiction Mé’hayé hamétim dans la ‘Amida, on ne s’en acquitte pas et, dès lors, on peut dire cette bénédiction après la prière. Le Ye’havé Da’at 4, 5 écrit en note qu’une telle intention est inefficace ; d’après cela, si l’on s’aperçoit, au milieu des bénédictions du Chéma, que l’on n’a pas dit les Birkot hacha’har, on dira Elo-haï néchama entre deux bénédictions du Chéma ou entre une bénédiction du Chéma et le Chéma lui-même, afin de ne pas laisser passer l’occasion de dire cette bénédiction (Yalqout Yossef I p. 53)
    2. Le Dérekh Ha’haïm écrit, d’après le Maguen Avraham, que la règle qui s’applique aux Birkot hacha’har équivaut à celle qui s’applique à la prière du matin : de même que l’heure limite de la prière du matin est la fin de la quatrième heure solaire – c’est-à-dire la fin du premier tiers de la journée – ainsi en est-il des bénédictions matinales. D’autres pensent que, de même que la prière de Cha’harit peut être dite a posteriori jusqu’au milieu du jour, ainsi en est-il des bénédictions matinales (Rav Chelomo Kluger). Selon le Kaf Ha’haïm 71, 4, si l’on a déjà dit la prière de Cha’harit, on peut réciter les bénédictions matinales jusqu’à la fin de la quatrième heure, mais si l’on n’a pas encore prié, on peut les prononcer jusqu’au midi solaire. Toutefois, de l’avis de la majorité des décisionnaires, il n’y a pas de corrélation entre les Birkot hacha’har et la prière ; celui qui oublie de dire ces bénédictions le matin peut donc les prononcer toute la journée. C’est ce qu’écrivent le Michna Beroura 52, 10, Rav Péalim 2, Ora’h Haïm 8 et le Yalqout Yossef I p. 54. (Selon le Gaon de Vilna, si l’on oublie de les dire de jour, on peut même les réciter la nuit jusqu’à son coucher)
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