05 – Heure des Birkot hacha’har pour celui qui se lève en pleine nuit

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A priori, il faut prononcer toutes les Birkot hacha’har aussi près que possible de son lever, et il n’est pas nécessaire de les dire précisément après l’apparition de l’aube. Aussi, celui qui se lève avant l’aube (alot hacha’har) afin d’étudier la Torah, de travailler, ou dans quelque autre but, prononcera les bénédictions matinales immédiatement après son lever. En revanche, il ne faut pas dire les Birkot hacha’har avant le milieu de la nuit (‘hatsot). Aussi, celui qui se lève avant le milieu de la nuit devra-t-il attendre minuit pour dire ces bénédictions. Et si l’on dit les Birkot hacha’har avant le milieu de la nuit, on n’est pas quitte de son obligation de réciter ces bénédictions (Michna Beroura 57, 31 ; Kaf Ha’h aïm 29) 1, dans la mesure où, a posteriori, tout le monde s’accorde à dire que l’on est quitte de cette bénédiction, même avant que le jour ne luise. De plus, si l’on sépare les bénédictions du matin les unes des autres, on risque d’en venir à un oubli ou à une erreur].

Si l’on se lève après le milieu de la nuit pour quelques heures, et que l’on ait l’intention de se recoucher ensuite jusqu’à l’heure de la prière du matin – cas, par exemple, d’un soldat qui se lève après minuit pour une garde et retourne ensuite se coucher –, on dira les bénédictions du matin après son lever principal. Si, de son point de vue, le premier lever est principal, et que l’on considère le fait de redormir comme l’équivalent d’un somme au milieu de la journée, on dira les Birkot hacha’har à son premier lever. Mais si c’est le second lever qui est principal, on récitera ces bénédictions à son second lever. L’usage des kabbalistes est en tout état de cause de dire ces bénédictions au premier lever, dès lors que celui-ci a lieu après le milieu de la nuit ; et si l’on ne les avait pas dites au premier lever, on les dirait au second2. Au second lever, on redira ces bénédictions en mentionnant le nom divin et Sa royauté. Mais si l’on a mentionné le nom et la royauté la première fois, on ne redira pas ces bénédictions au second lever. Dans le Béour Halakha, le même auteur précise que le Peri ‘Hadach est d’avis de ne pas dire ces bénédictions au premier lever, mais uniquement quand on aura fini de dormir pour cette nuit. Selon lui, si l’on dit ces deux bénédictions au premier lever, on n’en est pas quitte : il faudra les redire au second lever. Le ‘Hayé Adam partage son avis en ce qui concerne la bénédiction Hama’avir cheina. Mais le Chaaré Téchouva et le Dérekh Ha’haïm pensent qu’il ne faut pas redire ces bénédictions au second lever. C’est pourquoi le Michna Beroura décide que, si l’on a déjà récité ces bénédictions, on ne les répète pas. Le Kaf Ha’haïm 46, 49 écrit, au nom de différents décisionnaires et kabbalistes, que ces deux bénédictions elles-mêmes doivent être dites dès le premier lever (du moment que celui-ci suit minuit) avec mention du nom et de la royauté, et que le sommeil suivant est considéré comme un sommeil diurne. Tel est l’usage séfarade. Les Ashkénazes se conforment a priori à l’avis du Michna Beroura ; mais a posteriori, de l’avis même du Michna Beroura, on est quitte si l’on a dit ces bénédictions au premier lever.

À notre humble avis, il vaut mieux donner pour consigne générale de réciter toutes les bénédictions après son lever principal. En effet, si l’on dit la majorité des bénédictions à son premier lever, en laissant deux d’entre elles pour son second lever, il est à craindre que l’on ne se trompe, ou que l’on n’oublie de dire ces deux bénédictions, ou encore que l’on ne récite par erreur toutes les bénédictions la deuxième fois également. C’est pourquoi j’ai simplement écrit, plus haut, qu’il fallait réciter les bénédictions à son lever principal. Et même si le premier lever était le principal, celui qui dirait alors Elo-haï néchama et Hama’avir cheina aurait sur qui s’appuyer.

D’après les kabbalistes, si l’on reste éveillé toute la nuit, le temps adéquat pour la récitation des bénédictions est après minuit pour les Birkot hacha’har, et après le lever de l’aube pour les bénédictions de la Torah. Cependant, le Ben Ich ‘Haï (Toledot 14) écrit au sujet de celui qui irait dormir après minuit que, malgré l’avis du Rachach – selon lequel il pourrait dire les Birkot hacha’har après minuit, avant de se coucher –, la coutume est de les dire au réveil. C’est dans ce sens que se prononce le Rav Mordekhaï Elyahou dans son sidour, p. 3.].

Quant aux bénédictions de la Torah, l’opinion de la majorité des décisionnaires est qu’elles sont régies pas la même règle que celle qui s’applique aux bénédictions relatives aux commandements ; à ce titre, on devra les dire à chaque fois que l’on se lève d’un « sommeil régulier » (cheinat qéva, environ une demi-heure), la nuit. Cependant, nombreux sont ceux qui ont pour coutume de ne les réciter qu’une fois, après le premier lever, comme les autres Birkot hacha’har (voir chapitre suivant § 6).

    1. Au sujet de la bénédiction Hanoten la-sekhvi bina(« qui donnes au coq l’intelligence de distinguer le jour de la nuit »), le Choul’han Aroukh 47, 13 écrit d’après le Roch et le Tour que l’on doit attendre, pour pouvoir la réciter, la lumière du jour. Le Michna Beroura 47, 31 et le Béour Halakha rapportent que les A’haronim (Maguen Avraham au nom du Zohar, Peri ‘Hadach, Gaon de Vilna) s’accordent à dire que cette bénédiction peut être récitée, elle aussi, avant que le jour ne luise. Toutefois, le ‘Hayé Adam écrit qu’a priori, il y a lieu de se garder de dire cette bénédiction avant que le jour ne luise, tout le temps que l’on n’a pas entendu le chant du coq. Et a posteriori, le Michna Béroura conclut que l’on est quitte même si l’on n’a pas entendu le chant du coq, à condition que la bénédiction ait été dite à partir de minuit. Le Kaf Ha’Haïm 30 écrit au nom du Peri ‘Hadach et du ‘Hida qu’en pratique, et d’après le Zohar, il est possible de dire cette bénédiction après minuit a priori. C’est ce que j’ai écrit ci-dessus [en ne distinguant pas cette bénédiction des autres
    2. Selon le Michna Beroura 47, 30, si l’on se lève la première fois après le milieu de la nuit (‘hatsot), on peut dire alors les bénédictions matinales. L’auteur ne précise pas s’il est préférable de les dire lors du premier lever. Cependant, selon le Kaf Ha’haïm 46, 49, qui se fonde sur la Kabbale, il est bon de dire ces bénédictions dès son premier lever après minuit. Si l’on ne sait pas évaluer quel est, du premier ou du second lever, le principal, on adoptera la conduite du Kaf Ha’haïm et l’on dira les bénédictions à son premier lever.

    Il est important de signaler que, selon le Michna Béroura  47, 30, on doit dire, à son premier lever, les bénédictions Elo-haï néchama et Hama’avir cheina mé’einaï (« Qui ôtes les chaines du sommeil de mes yeux ») sans mentionner le nom divin ni Sa royauté [par exemple, dire « Baroukh hama’avir cheina mé’einaï… » au lieu de « Baroukh Ata Ado-naï Elo-hénou Mélekh ha’olam, hama’avir cheina mé’einaï… »

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