05. Autres mets (schnitzel, kibbeh, strudel, poivron farci, moussaka)

Sur du schnitzel (escalope panée) de poulet ou de poisson, on dit Chéhakol. Bien que la panure revêtant ces escalopes contienne des céréales qui contribuent au goût, la viande reste le principal, puisque la panure n’est pas mêlée à l’intérieur du mets, et que son propos est seulement de contribuer extérieurement au goût de la viande. De même, pour des aubergines poêlées, recouvertes de farine ou de panure, la bénédiction est Ha-adama (tel est l’usage ; pour ceux-là mêmes qui estimeraient que la bénédiction est Mézonot, il faudrait dire Chéhakol, puisqu’il y a doute en la matière).

Mais pour un kibbeh (ou qoubé, ou qouba), boulette de viande enrobée d’une épaisse enveloppe de pâte, c’est la pâte qui est le principal, parce qu’elle possède une importance autonome ; aussi la bénédiction est-elle Mézonot.

De même, pour un strudel farci de viande : puisque l’enveloppe de pâte qui a été cuite avec la farce possède une importance autonome, et quoiqu’elle soit fine et en petite quantité relativement à la viande, la pâte est le principal, et la bénédiction du strudel dans son ensemble est Mézonot. Bénédiction finale : si la pâte formait un kazaït (volume d’un demi-œuf), on dira ‘Al hami‘hia. S’il n’y avait pas un kazaït de pâte, mais que l’on ait mangé un kazaït de l’ensemble, on dira Boré néfachot. Si, dès l’abord, on voulait séparer l’enveloppe de pâte de la viande, on aura transformé le strudel en deux aliments distincts ; on dira donc la bénédiction de la pâte d’un côté, celle de la viande de l’autre, aussi bien pour la bénédiction initiale que pour la finale.

Quant aux blintzes, qui sont faits d’une fine pâte préparée à la poêle, que l’on fourre de fromage ou de légumes broyés : même quand la pâte n’a pas été frite avec la farce, la réunion des deux constitue un mets unifié, dès lors que l’on ne souhaite pas séparer la pâte de la farce. Par conséquent, la pâte est principale, et la bénédiction est Mézonot (quant à la bénédiction finale, la règle est la même que pour le strudel).

« Cacahuètes américaines » : ce sont des cacahuètes enveloppées d’une épaisse couche de farine sucrée[e]. Puisque la farine est l’un des ingrédients de cette spécialité, la bénédiction est Mézonot. Si, de cette seule farine cuite, on a mangé un kazaït, la bénédiction finale sera ‘Al hami‘hia. Si l’on n’a pas mangé un kazaït de cette farine, mais qu’on ait mangé un kazaït des deux constituants pris ensemble, on récitera Boré néfachot.

Il y a des mets pour lesquels il est difficile de déterminer si, parmi leurs composants, il y a un principal et un accessoire. C’est le cas de la moussaka, spécialité faite de tranches d’aubergine farcies de viande hachée. Puisque les deux composants sont importants et reconnaissables, il est difficile de décider lequel d’entre eux l’est le plus. Par conséquent, on mangera d’abord de l’aubergine prise séparément, sur laquelle on dira Ha-adama ; puis on mangera de la viande séparément, sur laquelle on dira Chéhakol ; par la suite, on les mangera ensemble.

Sur du poivron farci de riz et d’un peu de viande, on dit Mézonot. Le riz est en effet le principal, tandis que la fonction du poivron est de l’envelopper, et celle de la viande de lui donner du goût. Si l’on a séparé la farce du poivron, afin de manger de chaque chose séparément, on dira Mézonot sur la farce, Ha-adama sur le poivron.


[e]. En Israël, on les appelle kabukim.

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