Gâteau fourré de fruits ou de légumes (strudel, chausson, pie) : puisque la pâte et la farce ont été cuites ensemble, il s’agit d’un seul et même mets ; et puisque ce mets contient des céréales, celles-ci sont le principal, même si elles sont minoritaires. Aussi doit-on dire Mézonot sur le gâteau. De même, pour une tarte dont la base est faite de pâte, et sur laquelle sont disposées des tranches de fruit : puisque tout a été cuit ensemble, il s’agit d’un mets unique, dont la berakha est Mézonot. Quant à la bénédiction finale : si l’on a mangé un kazaït de pâte, on dira ‘Al hami‘hia sur le gâteau. Si l’on n’a pas mangé un kazaït de pâte, mais que, avec la farce ou les fruits, on ait mangé un kazaït, on dira Boré néfachot (cf. ci-dessus, chap. 10, note 14).
Mais si l’on a d’abord cuit la base de pâte, que l’on ait ensuite placé sur elle de la crème fouettée, de la glace, du fromage ou de la jelly, et que cet élément surajouté sur la pâte soit en grande quantité, cet élément surajouté possède une importance propre, puisque les deux choses n’ont pas cuit ensemble. Aussi faut-il réciter deux bénédictions sur ce gâteau (Michna Beroura 168, 45). De même pour la berakha finale : on dira celle de chaque élément séparément : ‘Al hami‘hia sur le kazaït de pâte, Boré néfachot sur le kazaït qui la surplombe.
Glace en cornet, lequel est fait à partir de céréales : si l’on estime que le cornet est accessoire, et que tout son propos est de soutenir la glace, on dit Chéhakol sur la glace, ce par quoi on exempte le cornet. Mais si l’on porte un intérêt au goût du cornet, il apparaît que celui-ci a, lui aussi, une importance ; on devra donc réciter la bénédiction du cornet, de même que celle de la glace. Du point de vue de l’ordre de priorité entre bénédictions, il serait préférable, de prime abord, de dire Mézonot sur le cornet en premier lieu ; mais s’il n’est pas pratique de commencer par la consommation du cornet, on dira d’abord Chéhakol, et l’on mangera de la glace ; puis, quand on arrivera au cornet, on dira Mézonot et l’on croquera dans le cornet. À la fin, on dira Boré néfachot (mais si l’on estime que l’on a mangé un kazaït de cornet, on dira aussi ‘Al hami‘hia ; cf. ci-dessus, chap. 10 § 11).
Creambo<[f] : puisque la crème fouettée importe aussi bien que le biscuit qui en constitue la base, il faut dire Chéhakol sur la crème, et Mézonot sur le biscuit. À la fin, on dira Boré néfachot sur la crème, mais on ne dira pas de bénédiction sur le biscuit, car il n’y a pas un kazaït de biscuit (volume de la moitié d’un œuf) dans un Creambo.
Mais quant aux grandes gaufrettes-cigares, faites à base de farine et fourrées de glace, puisque la gaufrette enveloppe la glace, elles forment un seul et même aliment ; la bénédiction est donc Mézonot. À la fin, si l’on a mangé le volume d’un demi-œuf de la partie biscuit, on dira ‘Al hami‘hia, ce qui couvrira aussi la glace. Si l’on a mangé moins de biscuit que cela, mais que, avec la glace, on ait mangé le volume d’un demi-œuf, on dira Boré néfachot[6].
[6]. Sandwich à la glace (ce qu’en Israël on nomme cassata), consistant en deux biscuits qui entourent de la crème glacée : bien que la partie biscuit soit importante, la glace, parce qu’elle est en grande quantité, possède une importance autonome. Or il ressort du Michna Beroura 168, 45 que, si les deux éléments n’ont pas été cuits ensemble, ils ne constituent pas un seul et même aliment. De même, le ‘Hayé Adam 51, 13 nous dit que, dès lors que les deux éléments sont considérables, aucun d’eux n’est l’accessoire de l’autre. On dira donc d’abord Mézonot, on goûtera le biscuit, puis on dira Chéhakol et l’on goûtera la glace. À la fin, si l’on a mangé un kazaït de biscuit, on dira ‘Al hami‘hia, ce par quoi l’on exemptera la glace, puisque l’on peut soutenir que l’un et l’autre forment un même aliment. Si l’on n’a pas mangé un kazaït de biscuit, mais que, avec la glace, on ait mangé un kazaït de l’ensemble, on dira Boré néfachot, puisqu’il s’agit somme toute d’un même aliment (comme nous le voyons ci-dessus, chap. 10, note 14).
Mais s’agissant des glaces en cornet dont il a été question plus haut, le glace et le cornet ne forment pas un même aliment (car le diamètre du cornet est grand, et en général la glace dépasse la hauteur du cornet). Aussi, dans le cas où l’on a mangé un kazaït de chaque, on dira la bénédiction propre à chacun.