01. Omissions et erreurs dans la récitation de la ‘Amida

Les membres de la Grande Assemblée conçurent le texte de la ‘Amida comme un seul et même ensemble comprenant toutes les requêtes essentielles. Ils veillèrent également à l’ordre des bénédictions, qu’ils fondèrent sur l’interprétation de versets (Méguila 17b). Par conséquent, si l’on omet l’une quelconque des dix-neuf bénédictions de la ‘Amida, on ne s’acquitte pas de son obligation de prier. Même si l’on a modifié l’ordre des bénédictions, bien qu’en fait on ait dit l’ensemble d’entre elles, on n’est pas quitte de son obligation (Choul’han ‘Aroukh 119, 3).

Même si l’on a commis une erreur dans la récitation d’une des bénédictions, de telle manière qu’on a altéré celle-ci dans son fond – par exemple si l’on a omis sa formule conclusive (Baroukh ata…), ou si l’on a prononcé une parole hors-sujet, en demandant la pluie en été –, on considère que ladite bénédiction n’a pas été valablement prononcée (Béour Halakha 119, 3). De même, si l’on a oublié de dire le passage Ya’alé véyavo[a] un jour de néoménie (Roch ‘hodech) ou un jour de fête, on doit recommencer sa ‘Amida, en incluant cette fois Ya’alé véyavo.

En toutes ces matières, les règles applicables aux femmes sont semblables à celles qui s’appliquent aux hommes : dans tous les cas où un homme devrait répéter sa prière, la femme elle-même doit la répéter ; et en tout endroit où un homme devrait revenir à la bénédiction où il s’est trompé, la femme y revient elle aussi  (comme nous le verrons plus en détail au paragraphe suivant). Même quand une femme a récité une ‘Amida à laquelle elle n’était pas obligée – par exemple, si l’on n’a l’usage de dire que la prière de Cha’harit mais que, ce jour-là, on ait décidé d’ajouter celle de Min’ha et que l’on y ait introduit une erreur –, il faut néanmoins reprendre sa prière, cette fois sans erreur. De même, si l’on a l’habitude de réciter les prières de Cha’harit et de Min’ha, mais que l’on y ait ajouté pour une fois celle d’Arvit et que l’on s’y soit trompé, il faut répéter sa prière sans erreur. En effet, dès lors que l’on a commencé à prier, il faut le faire selon les règles instituées pas nos sages ; et si la fidèle a dérogé à la formule instituée par nos sages, il lui incombe de reprendre sa récitation de façon correcte[1].


[a]. Ya’alé véyavo: passage que l’on ajoute à la dix-septième bénédiction, Retsé (bénédiction pour le rétablissement du service du Temple), les jours de néoménie et les jours intermédiaires des fêtes de pèlerinage (‘Hol hamo’ed Pessa’h et ‘Hol hamo’ed Soukot).

[1]. Certes, selon certains avis, la femme n’est pas tenue de répéter en la corrigeant une prière à laquelle elle n’est pas obligée. Toutefois, la presque totalité des décisionnaires pensent qu’elle doit la répéter, de la même façon qu’un homme qui s’est trompé dans sa ‘Amida à ‘Arvit est tenu de se répéter, bien que cet office soit, dans son fondement, facultatif. Cf. Halikhot Beitahh 6, 9. C’est aussi ce que conclut le Yabia’ Omer 6, 18, lequel ajoute que, a priori, il est bon que la femme stipule en son cœur que, dans le cas où elle ne serait pas réellement tenue de reprendre sa prière, celle-ci devrait être considérée comme une prière additionnelle facultative. (Toutefois, le Halikhot Chelomo 15, note 5, pense que, si une femme n’a pas l’habitude de prier régulièrement et qu’elle ait oublié Ya’alé véyavo à Cha’harit ou à Min’ha de la néoménie, elle pourra choisir de reprendre ou non sa prière.)