10. Règle applicable en diaspora

Nos sages ont repoussé le début de la prière pour la pluie, dans les communautés babyloniennes, au soixantième jour de l’équinoxe d’automne (ce qui correspond au 4 ou au 5 décembre). Cela en raison du fait que l’eau y abonde, en provenance du Tigre et de l’Euphrate, et qu’il n’est donc pas besoin, dans ces régions, de multiplier les prières pour la pluie dès le début de l’hiver. Toutes les autres communautés en-dehors d’Israël sont rattachées à la règle régissant la Babylonie, et l’on y prie pour la pluie à partir du soixantième jour de l’équinoxe (Choul’han ‘Aroukh 117, 1)[5].

Quand une habitante de la terre d’Israël se rend à l’étranger pour une période de plusieurs mois : d’après certains, elle doit prier pour la pluie conformément à l’usage d’Israël, puisque c’est là qu’elle est établie (Peri ‘Hadach). Selon d’autres, elle doit prier conformément à l’usage du lieu où elle se trouve présentement (Birké Yossef). Afin d’être quitte aux yeux de tous les décisionnaires, en tout cas de doute, on intercalera la prière pour la pluie à l’intérieur de la bénédiction Choméa’ téphila  et non dans la bénédiction des années (cf. La Prière d’Israël 18, note 6)[6].

Dans les contrées où l’on a besoin de pluie au printemps, on ne continue pas pour autant à prier pour la pluie dans le cadre de la bénédiction des années : la règle qui s’applique à ces lieux est semblable à celle qui régit les particuliers en voyage, et l’on doit prier pour la pluie dans le cadre de la bénédiction Choméa’ téphila (« qui écoutes la prière »), au sein de laquelle chacun peut ajouter des demandes particulières (Choul’han ‘Aroukh 117, 2 ; en cas d’erreur, voir La Prière d’Israël 18, note 7, où il est dit que, selon le Choul’han ‘Aroukh, on répète sa prière, en émettant intérieurement la condition qu’il s’agira d’une prière additionnelle volontaire si cette répétition n’est pas nécessaire ; mais que selon le Rama, a posteriori, on ne la répète pas).

Même dans les pays situés en-deçà de l’équateur, comme l’Argentine, le Brésil ou l’Australie, on prie pour la pluie quand c’est l’hiver en terre d’Israël. Et bien que, à pareille époque, ce soit l’été dans ces pays, on prie néanmoins pour la pluie selon l’hiver israélien, car la terre d’Israël est le pilier du monde, et le reste du monde y est rattaché. Quand on a besoin de demander la pluie pour le pays de sa résidence, on le fera dans la bénédiction Choméa’ téphila.

Mais dans les pays où la pluie cause des dommages en été, et bien qu’alors ce soit l’hiver en terre d’Israël, on ne peut demander la pluie dans le cadre de la bénédiction des années, car on ne saurait prier pour une chose susceptible de constituer une malédiction pour les habitants du pays. On dira toute l’année, dans de tels cas, le texte de l’été dans la bénédiction des années, et dans la bénédiction Choméa’ téphila, on demandera toute l’année la pluie : pendant l’hiver de ces contrées, on priera pour qu’il pleuve au lieu où l’on habite, et pendant l’hiver israélien, on priera pour qu’il pleuve en Israël.

Une habitante d’Israël ou de l’un des pays de l’hémisphère nord qui quitte le sol de son pays de résidence pour visiter un pays de l’hémisphère sud, continuera à prier pour la pluie selon les dates de l’hiver israélien, même si la pluie est source de dommage dans le pays où elle se trouve (puisque la voyageuse oriente sa pensée vers le pays où elle est établie de façon permanente) (Chi’ourim Hametsouyanim Bahalakha 19, 3).


[5]. Dans les pays proches de la terre d’Israël, dont le climat est aride et qui ont davantage besoin d’eau, on commence la prière pour la pluie en même temps que les habitants de la terre d’Israël, le soir du 7 ‘hechvan (Maïmonide, commentaire de la michna Taanit, chap. 1, Radbaz, Roua’h ‘Haïm de Rabbi ‘Haïm Falagi 117, 1).

[6]. Détails d’application :

Habitante de la terre d’Israël séjournant à l’étranger : 1) Si l’on a quitté Israël avant le 7 ‘hechvan, on inclura la prière pour la pluie (en disant Véten tal oumatar livrakha – « Donne une rosée et une pluie de bénédiction ») à l’intérieur de la bénédiction Choméa’ téphila, cela à partir du 7 ‘hechvan. 2) Si l’on a quitté Israël après le 7 ‘hechvan, puisqu’on a déjà commencé à prier pour la pluie, on continuera à le faire à l’intérieur de la bénédiction des années (Kaf Ha’haïm 13 au nom du Qécher Godel). 3) Si l’on a quitté Israël avec sa famille pour plus d’un an, on est considéré, durant cette période, comme résidant en-dehors de la terre d’Israël, et l’on adopte immédiatement l’usage local.

Habitante de diaspora séjournant en Israël : il est préférable qu’elle se conforme à l’usage des habitants d’Israël. Aussi, si elle a l’intention de repartir à l’extérieur d’Israël après le soixantième jour de l’équinoxe, elle priera pour la pluie comme les habitants d’Israël. Si elle a l’intention de repartir avant le soixantième jour de l’équinoxe, elle devra, selon certains, inclure la prière pour la pluie à l’intérieur de la bénédiction Choméa’ téphila (cf. Iché Israël 23, 37). Selon d’autres, elle priera pour la pluie selon l’usage des habitants de la terre d’Israël ; et une fois revenue à l’extérieur d’Israël, elle ne sera pas obligée de continuer à prier pour la pluie, mais il sera bon de le faire à l’intérieur de la bénédiction Choméa’ téphila (Yalqout Yossef 117, 17).

En toutes ces matières, il semble que, si l’on s’est involontairement comporté suivant l’une des opinions en présence (au lieu de prier pour la pluie dans la bénédiction Choméa’ téphila), il ne soit pas nécessaire de se reprendre (cf. Iché Israël 23, note 149).

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