06. Remplacement d’une prière oubliée

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Si l’on a coutume de réciter une ‘Amida chaque jour, et que l’on n’ait pas eu le temps de prier avant l’heure du midi solaire – qui marque l’achèvement du temps prescrit pour la prière de Cha’harit (cf. chap. 8 § 1) –, on laissera s’écouler une demi-heure solaire après le milieu du jour, et l’on pourra alors réciter la ‘Amida de Min’ha. Si l’on n’a pas eu le temps non plus de dire Min’ha avant le coucher du soleil[i], on dira la prière d’Arvit à partir de la tombée de la nuit.

Si l’on a coutume de prier chaque jour à Cha’harit et à Min’ha, l’institution de la prière de remplacement (Tachloumin) s’applique. Si l’on a oublié – ou si l’on a été empêché – de réciter la ‘Amida de Cha’harit, on dira deux fois celle de Min’ha : la première fois en tant que prière de Min’ha, la deuxième fois comme prière de remplacement de celle de Cha’harit.

Si l’on a oublié – ou si l’on a été empêché – de réciter la ‘Amida de Min’ha, et que l’on ait aussi l’habitude de réciter celle d’Arvit, on remplacera la ‘Amida de Min’ha après avoir récité celle d’Arvit. Mais si l’on n’a pas l’usage de prier à Arvit, on pourra, si l’on veut, réciter cette fois la ‘Amida à Arvit, puis on dira une ‘Amida supplémentaire pour remplacer celle de Min’ha. Toutefois, la femme n’est pas tenue de faire cela, dès lors qu’elle n’a pas l’usage de dire régulièrement la prière d’Arvit : dans ce cas, puisqu’elle ne récite pas la ‘Amida d’Arvit, elle ne peut pas réciter non plus de ‘Amida de remplacement pour Min’ha. Quant au lendemain matin, il est clair que, après avoir récité la ‘Amida de Cha’harit, elle ne pourra pas remplacer celle de Min’ha, car nos sages ont institué l’usage de Tachloumin aux fins de remplacer seulement la ‘Amida immédiatement précédente. Dès lors que le temps de la prière suivante a expiré, la prière précédente ne peut plus être remplacée (La Prière d’Israël 18, 9).

Si l’on a oublié – ou si l’on a été empêché – de dire Min’ha le vendredi, veille de Chabbat, et que l’on veuille remplacer cette prière après celle d’Arvit de Chabbat, c’est le texte de la ‘Amida propre à ‘Arvit de Chabbat que l’on récitera comme prière de remplacement (cf. La Prière d’Israël 18, 10)[3].

La ‘Amida de remplacement (Tachloumin) doit être dite après celle qui correspond à l’obligation du moment. Si, par erreur, on avait l’intention, en disant la première ‘Amida, d’en faire une prière de remplacement, puis, en disant la deuxième, d’en faire une prière principale, on n’est pas quitte, par sa première ‘Amida, de son obligation de remplacement ; il faut alors dire une troisième ‘Amida à titre de Tachloumin (op. cit. 18, 8).

Entre la prière principale et la prière de remplacement, il faut marquer une interruption équivalente au temps nécessaire pour parcourir quatre coudées (environ deux mètres). A posteriori, dans le cas où l’on aurait dû remplacer la ‘Amida de Cha’harit et que l’on ait oublié de le faire immédiatement après celle de Min’ha, on peut encore dire une ‘Amida de remplacement pour Cha’harit tant que le délai de Min’ha n’est pas expiré, c’est-à-dire tant que le soleil n’est pas couché (op. cit. 18, 8).

La ‘Amida de Moussaf ne connaît pas de remplacement, car l’oblation des sacrifices de Moussaf n’a lieu que le jour même auxquels ils se rapportent. Dans le même sens, celle qui aurait oublié de réciter la ‘Amida de Cha’harit un jour où l’on dit Moussaf ne pourrait remplacer la prière de Cha’harit après celle de Moussaf, mais ne doit le faire qu’après Min’ha (op. cit. 18, 9).

La prière de remplacement a été instituée au seul profit de ceux et celles qui, par contrainte ou par inadvertance, n’ont pas prié. En revanche, si c’est volontairement que l’on s’est abstenu de prier, on ne peut bénéficier de l’institution du remplacement (op. cit. 18, 9).


[i]. Sur l’heure limite de Min’ha, cf. ci-après, chap. 18 § 1.

[3]. La question de la prière de remplacement, en ce qui concerne les femmes, est exposée par le Michna Beroura 263, 43 et le Kaf Ha’haïm 263, 65. La question y est abordée à propos du remplacement de la prière de Min’ha du vendredi après-midi lors de l’office d’Arvit, le soir de Chabbat. Selon le Halikhot Chelomo, Tephila 13 note 10, il faut inférer des propos du Michna Beroura que, même une femme qui n’a pas l’habitude de prier à Arvit doit, quand elle a oublié de dire Min’ha, réciter la prière d’Arvit afin de pouvoir remplacer ensuite la ‘Amida de Min’ha, dès lors qu’elle a coutume de réciter cette dernière. C’est aussi ce qu’écrivent le Halikhot Beitah 6, 8 et note 13, et le Pisqé Techouva 234, 4. Toutefois, il semble plus juste de dire que l’intention du Michna Beroura visait seulement à indiquer la voie la meilleure, sans vouloir en faire une obligation. On peut aussi supposer que, dans la mesure où de nombreuses femmes ont pris l’usage de réciter Arvit de Chabbat, le Michna Beroura a conseillé de remplacer après la ‘Amida d’Arvit celle de Min’ha, sans avoir l’intention d’y obliger les femmes. (Cf. Halikhot Bat Israël 2, 20, Iché Israël 30, note 6, qui estiment eux aussi qu’il n’y a pas là d’obligation, et qui fondent leurs propos sur le Rav Chelomo Zalman Auerbach lui-même, dont la pensée est comprise différemment de ce que rapporte le Halikhot Chelomo.)

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