09. Conseil pour éviter de se tromper

L’erreur la plus fréquente, dans la ‘Amida, est celle qui touche à la mention des pluies et à la demande de la pluie. En effet, tous les six mois, le texte change : dans la mesure où l’on s’est habitué à un texte déterminé durant six mois, on a tendance à répéter ce texte habituel. Or, comme nous l’avons vu, trois des quatre erreurs possibles en la matière obligent à se reprendre : pour toutes les erreurs touchant à la demande de la pluie, on se reprend, ainsi que pour l’une des erreurs touchant à la mention des pluies. On se reprend donc dans les cas suivants : 1) si l’on a demandé la pluie en été ; 2) si l’on n’a pas demandé la pluie en hiver ; 3) si l’on a mentionné la pluie en été. On ne se reprend pas si l’on a oublié de mentionner la pluie en hiver, pour peu que l’on ait mentionné la rosée.

Si l’on doute d’avoir dit le texte qui convient, et tant qu’on est encore dans les trente jours qui suivent le changement de texte – au début de l’été ou de l’hiver –, il faut considérer que l’on s’est probablement trompé, car l’habitude est encore rivée au texte de la période précédente. Si donc il s’agit de l’une des trois erreurs obligeant à se reprendre, il faut se reprendre et prier comme il convient. Mais si trente jours sont déjà passés, on présume que la bouche s’est déjà habituée au changement de texte et que l’on a probablement prié correctement ; aussi ne doit-on pas reprendre sa prière.

Afin de lever ce type de doute, en raison duquel on doit souvent répéter sa ‘Amida, il est bon que chacune s’habitue au nouveau texte, le jour du changement, en le répétant quatre-vingt-dix fois[m], afin que ce nouveau texte soit courant dans sa bouche et que l’on ne se trompe pas. De cette façon, même si l’on doute, par la suite, d’avoir dit le texte adéquat lors d’une ‘Amida, on présumera que cela a bien été le cas, dans la mesure où l’on avait déjà habitué sa langue à dire ce texte quatre-vingt-dix fois ; on n’aura pas, par conséquent, à reprendre sa prière (Choul’han ‘Aroukh 114, 8-9 ; La Prière d’Israël 18, note 4).

Aussi, selon la coutume séfarade, où tout le texte de la bénédiction des années est renouvelé, quand arrive la nuit du 7 ‘hechvan on s’habitue à entamer la bénédiction comme il convient, en répétant quatre-vingt-dix fois l’enchaînement entre la bénédiction précédente (celle de la guérison) et celle des années : rofé ‘holé ‘amo Israël / Barekh alénou (« qui guéris les malades de Ton peuple Israël / Bénis, en notre faveur »). Selon la coutume ashkénaze, on dira : vé-et kol miné tévouatah létova, véten tal oumatar livrakha (« … et toutes sortes de récolte, pour le bien ; et amène la rosée et la pluie, pour la bénédiction »). À l’approche de l’office de Moussaf du premier jour de Pessa’h, on dira quatre-vingt-dix fois : mé’hayé métim Ata, rav léhochia’, morid hatal (« Tu ressuscites les morts, Ton secours et grand, Tu envoies la rosée »). À la sortie du jour de Yom tov, avant ‘Arvit de ‘Hol hamo’ed, on dira selon l’usage séfarade : rofé ‘holé ‘amo Israël / Barkhénou (« qui guéris les malades de Ton peuple Israël / Bénis-nous ») ; selon l’usage ashkénaze, on dira : vé-et kol miné tévouatah létova, véten berakha (« et toutes sortes de récolte, pour le bien ; et amène la bénédiction ») (Michna Beroura 114, 40 ; Kaf Ha’haïm 60). Ainsi, on habituera sa bouche au nouveau libellé, et si par la suite on n’est pas certain d’avoir dit le bon texte, on n’aura pas besoin de se reprendre[4].


[m]. Nombre correspondant aux trois offices quotidiens multiplié par le nombre de jours nécessaires pour prendre un nouvel automatisme. Cet exercice se fait en-dehors des offices.

[4]. Mais quand il s’agit du passage de l’été à l’hiver, à Chemini ‘atseret, pour la mention des pluies, on ne doit pas se reprendre dans le cas où l’on s’est trompé. En effet, en cas d’erreur, on aura dit Morid hatal (« Tu fais tomber la rosée »), comme on a l’habitude de le dire en été. Or nous avons déjà vu que, si l’on mentionne la rosée en été, on est quitte a posteriori. (Le Rama 114, 3 écrit certes que l’on ne dit pas Morid hatal en été, mais la coutume ashkénaze en terre d’Israël est de le dire).

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