03 – Source de la lecture des sacrifices

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Nos sages racontent que, lorsque Dieu contracta une alliance avec Abraham et choisit sa descendance pour apporter au monde la parole divine, Abraham demanda au Saint béni soit-Il : « Maître de l’univers, peut-être – puissions-nous en être préservés – le peuple d’Israël fautera-t-il devant Toi, et leur feras-Tu subir ce que Tu as fait subir aux générations du déluge et de la tour de Babel ? ». Le Saint béni soit-Il lui répondit : « Je ne leur ferai pas cela. » Abraham demanda : « Comment saurai-je que tu ne retrancheras pas leur souvenir ? » Le Saint béni soit-Il lui répondit (Gn 15, 9) : « Prépare-moi une génisse âgée de trois ans… » (Taanit 27b ; Méguila 31b). Dieu lui fit ainsi comprendre allusivement que ce seraient les sacrifices qui témoigneraient du lien éternel existant entre Israël et Dieu. Ainsi, même si des fautes se trouvaient être commises parmi le peuple, cela ne serait que l’effet d’une influence extérieure ; à leur racine, les enfants d’Israël sont justes et liés à Dieu. Aussi, par le biais des sacrifices, lesquels expriment le lien absolu reliant Israël à Dieu, les fautes obtiennent leur expiation.

Dans la suite de ce passage aggadique, Abraham demande au Saint béni soit-Il : « Maître de l’univers, qu’en sera-t-il lorsque le Temple sera détruit ? Par quoi leurs fautes seront-elles expiées ? ». Le Saint béni soit-Il lui répondit : « J’ai déjà institué à leur intention le récit des sacrifices : chaque fois qu’ils le liront, Je le leur compterai comme s’ils M’apportaient un sacrifice, et leur pardonnerai toutes leurs fautes. »

Nos sages disent encore que si l’on étudie les lois relatives au sacrifice expiatoire (‘hatat), c’est comme si l’on offrait un sacrifice expiatoire, et que si l’on étudie les lois de l’offrande délictive (acham), c’est comme si l’on offrait un délictif ; et ainsi de suite pour l’étude de tous les sacrifices (Mena’hot 110a).

Ce passage signifie que chaque acte accompli en ce monde est doté d’une âme intérieure. L’âme des mitsvot est constituée par les paroles de la Torah qui se rapportent à ces mitsvot. Cela est particulièrement vrai des sacrifices, dont tout le propos est d’exprimer le lien à Dieu. Aussi, quand il est impossible d’offrir effectivement les sacrifices, l’étude de ceux-ci est considérée comme un substitut à leur oblation (voir encore Maharal, Guevourot Hachem[b] 5, 8).


[b]. Traduit en français par Edouard Gourévitch sous le titre Les Hauts Faits de l’Eternel (Cerf).

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