07. On allume un nombre croissant de veilleuses, jusqu’à ce qu’on atteigne le nombre de huit

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Toute chose, en ce monde, passe et disparaît. C’est aussi le lot des idées, des souvenirs : avec le temps, ils perdent de leur force, de leur vitalité. Or par l’allumage des veilleuses de ‘Hanouka, il apparaît que la foi en Dieu ne faiblit pas : au contraire, malgré les misères et l’obscurité environnantes, elle continue d’exister avec plus d’intensité, et s’accroît plus encore. La spiritualité pure qui se révèle dans la Torah est éternelle, aussi continue-t-elle de se développer. Les autres doctrines, en revanche, qui ne sont pas éternelles, passent et disparaissent.

C’est animé de cette merveilleuse idée, idée affectionnée, que tout le peuple juif a pris l’usage d’accomplir la mitsva de la manière la plus parfaite (mehadrin min hamehadrin), en ajoutant une lumière par jour, jusqu’au huitième jour, où huit veilleuses sont allumées.

Comme on sait, le chiffre huit fait allusion à ce qui se situe au-delà de la nature matérielle. En effet, le monde entier a été conçu en sept jours ; de même, les jours de la semaine sont au nombre de sept. Le chiffre huit, en revanche, fait allusion à ce qui s’élève au-dessus de la nature : ainsi de la circoncision, qui a pour rôle de parachever et d’élever la nature à un plus haut degré d’élévation, de sorte qu’elle a lieu le huitième jour. La Torah elle-même, qui vient élever la nature à un niveau divin, relève de la dimension du huit. C’est pourquoi elle fut donnée après le compte de sept semaines (débutant à la fête de Pessa’h) – compte qui exprime la plénitude de la nature – ; après cela, on s’élève à une dimension surpassant la nature : la fête de Chavou’ot, jour du don de la Torah, qui a lieu le cinquantième jour. De même, nous avons coutume d’achever la lecture publique de la Torah le jour de Chemini ‘atséret (huitième jour de fête, clôturant la semaine de Soukot), qui est le jour de Sim’hat Torah, la joie de la Torah.

Les jours de ‘Hanouka, qui expriment l’élévation de la Torah orale, appartiennent eux aussi à la dimension supranaturelle ; c’est pourquoi nous allumons des veilleuses pendant huit jours, et en nombre croissant, jusqu’à atteindre le nombre de huit veilleuses[6].


[6]. Cf. Maharal, Tiféret Israël, chap. 2 et fin du chap. 25, ainsi que Ner Mitsva p. 23 [traduit en français par Benjamin Gross sous le titre Que la lumière soit]. La conception grecque émanait de la nature : puisque la nature contient différentes forces, les Grecs croyaient en une multiplicité de dieux. Et puisque la nature n’est pas le lieu de valeurs, mais seulement de puissance, de beauté et de sagesse extérieure, telles étaient leurs aspirations.

Face à cela, le fondement du judaïsme réside en un Dieu unique, qui créa la nature mais qui, Lui-même, se situe au-delà et en dehors de la nature. Le but est alors de révéler l’unité divine au sein du monde, de dévoiler l’image divine inscrite en l’homme, par le biais de la morale, de la Torah et des commandements. Les Grecs ne peuvent s’entendre avec nous, car la foi dans le Dieu un et les principes de la morale anéantissent leur vision du monde ; en revanche, le judaïsme peut se concilier avec l’hellénisme, en l’utilisant comme instrument de recherche, de définition, et comme mode d’expression des concepts juifs. Sur toutes ces questions et sur d’autres, cf. Bina Le’itim I, chap. 25-27.

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