Si l’on tartine de fromage ou de ‘houmous une biscotte, une matsia (petite matsa, galette individuelle) ou un cracker, et quoique la couche que l’on y a tartinée soit épaisse, le fromage ou le ‘houmous, dès lors qu’il a pour but de donner du goût au support à tartiner, est l’accessoire de celui-ci ; cela, bien que la chose tartinée soit très chère à nos yeux. On dira donc, sur la biscotte, la galette ou le cracker, Mézonot comme bénédiction initiale, et l’on exemptera ainsi la pâte à tartiner. De même, à la fin, si l’on a mangé un kazaït du support à tartiner, on dira ‘Al hami‘hia, ce par quoi l’on exemptera le complément à tartiner. Si l’on n’a pas mangé un kazaït du support, mais que l’ensemble formé par le support et le complément fasse un kazaït, on considèrera l’ensemble comme un aliment unique, puisque le complément est l’accessoire du support, et l’on dira Boré néfachot, bénédiction plus générale. La règle est la même si l’on a mis une saucisse sur le support, afin de lui donner du goût (Da‘at Torah 212, 1 ; Kaf Ha‘haïm 2).
Mais si l’on veut manger la saucisse pour elle-même, et qu’on la pose sur le support parce que l’on trouve plus savoureux de manger les deux ensemble, aucun des deux n’est l’accessoire de l’autre. On dira donc d’abord la bénédiction Mézonot et l’on mangera du support, après quoi l’on dira Chéhakol et l’on mangera de la saucisse ; ensuite, on continuera de manger les deux ensemble. La règle est la même si l’on veut manger le support avec un morceau de poisson, ou beaucoup de fromage, ou de légumes : si l’on veut manger chacun des éléments pour lui-même, on dira séparément la bénédiction du support puis celle du complément qu’on veut y mettre ; après cela, on les mangera ensemble (Michna Beroura 212, 6 ; 168, 45). Pour la bénédiction finale : si l’on a mangé un kazaït du support et un kazaït du complément, et quoiqu’on les ait mangés ensemble, on dira ‘Al hami‘hia et Boré néfachot, puisqu’aucun des deux éléments n’est l’accessoire de l’autre, et qu’on ne les a pas cuits ensemble non plus, de sorte qu’il s’agit de deux aliments distincts. Mais si aucun des deux éléments n’atteint un kazaït à soi seul, et bien qu’ils forment un kazaït ensemble, on ne récitera pas de bénédiction finale ; en effet, la réunion des deux ne crée pas un aliment unifié (cf. ci-dessus, chap. 10, note 14).
Même quand on doute si l’aliment associé à la biscotte, à la matsia ou au cracker lui est accessoire, on dira d’abord et séparément la bénédiction du support, puis, séparément, celle de l’aliment complémentaire ; ensuite on les mangera ensemble. Il n’est pas à craindre qu’il y ait ici une bénédiction vaine (berakha lévatala), puisque, dès l’abord, on avait l’intention de ne pas couvrir, par la bénédiction du support, l’aliment complémentaire (cf. note 2). Quant à la bénédiction finale, si l’on a mangé un kazaït du support, on dira ‘Al hami‘hia, mais on ne dira pas Boré néfachot sur l’aliment supplémentaire, dans ce cas douteux. Il se peut, en effet, qu’il ait déjà été inclus dans la bénédiction ‘Al hami‘hia. Ce n’est que si l’on mange séparément un kazaït de l’aliment supplémentaire que l’on dira aussi Boré néfachot. De même, si l’on n’a pas mangé un kazaït du support, mais que l’on ait mangé un kazaït du complément, on dira Boré néfachot.