Même si l’on a parlé à son ami par téléphone ou par vidéo au cours des trente jours, on dira la bénédiction quand on le reverra, si l’on se réjouit de le revoir[10].
Si, ayant rencontré un bon ami que l’on n’avait pas vu pendant trente jours, on a récité Chéhé‘héyanou, et qu’on rencontre ensuite un autre bon ami, que l’on n’avait pas vu non plus pendant trente jours, on répétera la bénédiction ; et ainsi de suite pour le troisième ami, le quatrième, et ainsi de suite. Car tant qu’il s’agit de nos amis chers, et que l’on est heureux de les revoir, on récite la bénédiction. Cependant, si l’on voit plusieurs de ses amis ensemble, une seule bénédiction vaudra pour tous (Da‘at Torah 225, 1).
Lorsqu’on prend part à une réunion amicale ou familiale, il est juste d’honorer l’un des participants, qui se réjouit assurément de cette rencontre, en l’invitant à réciter à haute voix la bénédiction Chéhé‘héyanou pour ses retrouvailles avec tous ceux de ses amis ou parents présents qu’il n’avait pas rencontrés pendant trente jours. Celui-là formera l’intention de les acquitter tous de la bénédiction, et eux aussi répondront amen en formant l’intention de s’en acquitter de cette façon. Ainsi, tous seront quittes de la mitsva de louer et bénir l’Éternel pour tous les bons amis qu’ils voient lors de cette rencontre.
[10]. Le Michna Beroura 225, 2 écrit que les A‘haronim sont partagés quant au cas dans lequel on reçoit une lettre de son ami au cours des trente jours. En raison du doute, ajoute-t-il, on ne récitera pas la bénédiction ; et plusieurs auteurs contemporains reproduisent ces paroles. Cependant, de nombreux auteurs se sont étonnés de cette position, car, disent-ils, on n’a point trouvé l’expression d’une telle opinion dans la littérature. Selon ces auteurs, on prononcera la bénédiction, même si l’on a reçu une telle lettre. Telle est la position du Halakhot Qetanot I, 220 et du Séder Birkot Hanéhénin 12, 11. Selon certains auteurs, même si les deux amis se sont parlé par téléphone, ils réciteront la berakha quand ils se reverront ; c’est ce qu’écrivent le ‘Hazon Ovadia p. 506, le Birkat Hachem IV, 2, note 146, et le Pisqé Techouvot 225, note 23. On pourrait certes dire que, si l’on a eu une longue conversation vidéo, il n’y aura plus lieu de réciter la berakha quand on se reverra. Mais en pratique, il semble qu’il y ait une valeur particulière au fait de se rencontrer véritablement ; par conséquent, dès lors que l’on se réjouit de la rencontre véritable, on récitera la berakha.