01. Bénir pour le bien et pour le mal
Le but des bénédictions est d’exprimer notre reconnaissance envers Dieu, béni soit-Il, et de le louer, Lui qui étend sa providence, en tout temps, sur ses créatures. Grâce aux bénédictions, nous nous rappelons que l’Éternel ne réside pas seulement dans les régions célestes, mais que chaque chose qui existe en ce monde prend vie et demeure par son biais ; et tout événement qui survient en ce monde est doté d’un sens spirituel et d’un propos divin. Par conséquent, quand une personne obtient une chose nouvelle et réjouissante, elle récite la bénédiction Chéhé‘héyanou (« qui nous as fait vivre… jusqu’à cette époque ») ; et si, à Dieu ne plaise, il lui arrive quelque malheur, elle doit savoir que cela aussi survient avec l’agrément divin ; elle dira alors la bénédiction Dayan ha-émet (« juge de vérité »).
Par les bénédictions, la conscience du divin se manifeste et s’étend dans le monde ; dès lors, la vie même de celui qui les récite se voit bénie. Le fait de savoir que l’Éternel dirige l’univers, que tout vient de Lui et de sa providence, donne en effet de la valeur à tous les événements de l’existence. Lorsqu’un homme obtient une chose réjouissante, sa joie devient plus profonde, parce qu’il sait que ce n’est pas l’effet du hasard, mais que cela émane de la providence divine. Grâce à cela, il pourra jouir comme il convient de l’abondance que Dieu lui dispense. Même quand, à Dieu ne plaise, il lui arrive quelque malheur, cet homme aura plus de force pour l’endurer, car il saura que cela a un sens. Certes, pour l’instant, il ne comprend pas quel bienfait germera du mal ; mais parce qu’il sait que tout ce que fait l’Éternel fait dans le monde est pour le bien[a], il pourra finalement s’élever, du sein du malheur, et reconstruire sa vie. Par contre, celui qui ne croit pas n’a rien d’autre que sa souffrance ; la peine pénètre en son cœur et le perce sans remède ni signification.
Il faut savoir qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un motif exceptionnel de joie pour réciter la bénédiction Chéhé‘héyanou : même pour une petite joie, qui s’éveille en nous lorsque nous achetons un vêtement neuf, ou lorsque nous mangeons un fruit nouveau, nous devons exprimer notre reconnaissance envers Dieu et réciter la berakha. Cette conception des choses porte une idée essentielle : de nombreuses personnes sont dans l’attente d’un grand événement qui élèvera d’un seul coup leur vie ; en attendant, leurs jours demeurent grisâtres et mornes. Mais une personne qui prend l’habitude de prêter attention aux petites joies qui parsèment l’existence, et de louer Dieu à leur propos, apprend à connaître la valeur de la vie, laquelle est riche de petits détails dont le contenu caché est grand. Par cela, on méritera une vie pleine, riche de contenu et de sens.