Si l’on reçoit un cadeau d’argent, ou que l’on ait gagné à un tirage au sort, on récite la bénédiction Chéhé‘héyanou ; s’il y a plusieurs bénéficiaires associés, ils réciteront Hatov vé-hamétiv (Berakhot 59b ; Choul‘han ‘Aroukh 223, 2). En revanche, il n’y a pas lieu de dire la bénédiction pour la perception de son salaire courant, ni pour les avantages ou gratifications qu’il est d’usage d’accorder aux employés dans le cadre de leur travail, car il n’y a pas là d’élément de nouveauté (‘hidouch).
Pour qu’un gain financier justifie de réciter la berakha, il faut que la somme d’argent soit significative. Il y a en effet une différence entre le fait de recevoir une somme d’argent et le fait de s’acheter un vêtement (ou de le recevoir). Pour un vêtement, on éprouve une joie immédiate ; aussi, même si sa valeur est peu élevée, on doit réciter la bénédiction, puisque, en pratique, on se réjouit d’en avoir fait l’acquisition. Mais un gain financier permet seulement de faire des achats ; et pour que la réjouissance tirée de l’argent soit effective, il faut que la somme gagnée soit significative pour celui qui la reçoit.
Il semble que, pour des gens modestes, comme les jeunes qui n’ont pas encore commencé à travailler, ou des adultes dans la gêne, cinq cents shekels (en 5774 / 2014) peuvent être considérés comme une somme importante, de sorte que, s’ils s’en réjouissent, ils doivent réciter la bénédiction. Mais ceux qui ont davantage d’argent n’éprouveront de joie réelle que si le gain est plus important, chacun selon son caractère et sa fortune. Toutefois, il n’est pas nécessaire que le gain soit aussi élevé que votre salaire mensuel : même si l’on gagne dix mille shekels par mois, et que l’on se réjouisse d’un gain supplémentaire de deux mille shekels, on dira la berakha.
Comme nous l’avons vu, il n’y a pas de bénédiction à dire pour des salaires réguliers ou des gains courants, que l’on a l’habitude de recevoir au gré de ses affaires. Mais si l’on a soudain réalisé un grand gain inattendu, bien au-delà de ce à quoi l’on est habitué, et quoique l’on se trouve dans le cadre de son travail et de ses affaires, on récitera la bénédiction (Halakhot Qetanot I, 200 ; Séder Birkot Hanéhénin 12, 10).
Un pauvre à qui l’on a donné une somme importante au titre de la tsédaqa (bienfaisance) ne récitera pas de berakha, car il éprouve de la honte à recevoir cette aide. Mais si c’est un vêtement qu’on lui a donné, et qu’il s’en réjouisse, il dira la berakha (Elya Rabba ; Michna Beroura 223, 20).
Si l’on reçoit une gratification ou une bourse, pour des études ou pour quelque belle action que l’on a faite, on n’éprouve point de honte à cet égard. Si donc la somme est assez grande pour réjouir le récipiendaire, celui-ci récitera la bénédiction. Cela, à condition qu’il s’agisse d’une gratification particulière, qui n’est pas accordée à tout le monde. Mais s’il s’agit d’une gratification ou d’une bourse que l’on accorde à de nombreuses personnes, de manière routinière, cela assimile ces sommes-là à un salaire, à l’égard duquel il n’y a point de joie nouvelle.