13. Naissance d’un fils ou d’une fille

Pour la naissance d’un fils, on dit Hatov vé-hamétiv, parce que cette joie est commune au père et à la mère (Berakhot 59b ; Choul‘han ‘Aroukh 223, 1). Si le père se trouve auprès de sa femme accouchée, l’un d’eux prononcera la bénédiction, et l’autre répondra amen. Si le père ne se trouve pas auprès de sa femme, celle-ci prononcera la bénédiction de son côté, et le père la dira au moment où il entendra la bonne nouvelle de la naissance de son fils (Or‘hot ‘Haïm I, Sé‘ouda 34).

Pour la naissance d’une fille, au moment de la voir pour la première fois, les parents diront Chéhé‘héyanou (Séder Birkot Hanéhénin 12, 12 ; Michna Beroura 223, 2). S’ils se trouvent ensemble après l’accouchement, l’un d’eux dira la bénédiction, et l’autre répondra amen. Si le père n’est pas auprès de sa femme accouchée, celle-ci dira la berakha dès qu’elle verra sa fille ; et quand le père, à son tour, verra sa fille pour la première fois, il dira, lui aussi, la bénédiction Chéhé‘héyanou. S’ils ne l’ont pas récitée au moment où ils ont vu leur fille pour la première fois, ils pourront encore louer l’Éternel et dire Chéhé‘héyanou tant qu’ils éprouvent de la joie et s’émeuvent en la voyant[11].

Quand des parents apprennent qu’ils ont donné naissance à un enfant malade, ou porteur d’une anomalie, ils ne diront pas de bénédiction, car ils ne sont pas heureux. Toutefois, s’ils sont heureux de cet enfant malgré cela, ils diront la bénédiction.

Le grand-père et la grand-mère, eux aussi, s’ils sont très heureux en voyant leur petit-fils ou leur petite-fille pour la première fois, diront la bénédiction Chéhé‘héyanou.

De même, d’autres membres de la famille, ou des amis très proches, s’ils éprouvent une grande joie en voyant le bébé, garçon ou fille, sont autorisés à dire Chéhé‘héyanou. Même au moment où l’on entend la bonne nouvelle, si l’on est très heureux, on est fondé à dire Chéhé‘héyanou, bien que l’on ne voie pas encore le nouveau-né. Si l’on a dit la bénédiction au moment où l’on entendait la nouvelle, on ne la répétera pas le jour où l’on verra le bébé (Séder Birkot Hénéhénin 12, 7 ; Béour Halakha 223, 1).


[11]. Une femme qui avait perdu son mari avant d’enfanter son fils, dira Chéhé‘héyanou, puisqu’elle est seule à éprouver de la joie. De même, l’homme dont la femme meurt en donnant naissance à son enfant dira, pour le décès de sa femme, Dayan ha-émet, puis, pour la naissance de son fils ou de sa fille, Chéhé‘héyanou (Michna Beroura 223, 4-6).

La différence faite entre la naissance d’un fils et celle d’une fille s’explique par un motif halakhique : le fils a l’obligation d’honorer et d’aider ses parents constamment. Même s’il se marie et doit élever de petits enfants, il a l’obligation de s’occuper de ses parents et de les assister s’ils ont besoin d’aide. La fille, quant à elle, lorsque l’assistance à apporter à ses parents contredit les besoins de son mari et de ses enfants, est dispensée de l’obligation d’aider ses parents (Choul‘han ‘Aroukh, Yoré Dé‘a 240, 17 et 24 ; cf. Sifté Cohen 19). Or, comme nous l’avons vu (§ 3), la bénédiction Hatov vé-hamétiv requiert un bienfait tangible. C’est ce qui ressort des responsa du Rachba IV, 77.

On peut également dire que la prescription de dire Hatov vé-hamétiv se basait, à l’origine, sur la situation socio-économique, d’après laquelle la naissance d’un garçon était un grand motif de réjouissance, tandis que la naissance d’une fille réjouissait les parents dans une moindre mesure. En effet, le fils apportait son concours à l’activité professionnelle de la famille, tandis que la fille était appelée à se marier et à habiter auprès de la famille de son mari. De plus, les parents qui avaient de nombreuses filles souffraient parfois de la faim, parce qu’ils devaient consacrer tout leur patrimoine à la recherche d’un mari pour chacune d’entre elles. De sorte que, en d’autres temps, on ne récitait pas même Chéhé‘héyanou à la naissance d’une fille.

Dans ces conditions, de nos jours, les parents qui se réjouissent de la naissance de leur fille au même degré que s’il s’agissait d’un fils, doivent dire, de prime abord, Hatov vé-hamétiv. Cependant, la consigne habituellement observée, et qui perpétue la tradition en même temps qu’elle exprime la joie liée à la naissance d’une fille, est celle que nous notions dans le corps de texte. Quoi qu’il en soit, ceux qui se réjouissent autant de la naissance d’une fille que de celle d’un fils, et qui voudraient dire Hatov vé-hamétiv, y sont autorisés.

Livres

Série Pniné Halakha 9 volumes
Commandez maintenant
Pniné Halakha We use cookies to ensure the website functions properly and improve user experience. You can choose which types of cookies to enable.
Cookie Selection