Quand deux personnes se réunissent dans le but de manger ensemble, il est bon qu’une seule d’entre elles récite la bénédiction Hamotsi et acquitte ainsi son ami de son obligation, puisqu’il a été convenu de manger ensemble. En effet, une bénédiction prononcée pour deux personnes est dotée de plus d’importance, et elle constitue une plus grande expression de reconnaissance envers Dieu (Berakhot 42b ; cf. ci-dessus, chap. 5 § 1). C’est ainsi que l’on procède lors des repas de Chabbat : puisque les gens se réunissent dans le but de manger ensemble, c’est à la personne la plus considérable de la maisonnée de prononcer Hamotsi pour tous ; car « selon le nombre du peuple, s’accroît la gloire du roi. » (Pr 14, 28 ; Berakhot 53a ; Choul‘han ‘Aroukh 167, 11 ; cf. ci-dessus, chap. 3 § 4, et chap. 1 § 10, sur le fait d’acquitter son prochain de son obligation.)
Mais si chacun fait son propre repas, et que l’on ne s’attende pas l’un l’autre, il est préférable que chacun dise soi-même la bénédiction. Toutefois, si l’une des personnes présentes ne sait pas la réciter, celui qui sait la réciter la dira à haute voix afin d’acquitter par-là son prochain qui ne la connaît pas ; cela, bien que chacun fasse son propre repas (cf. Choul‘han ‘Aroukh 167, 13).
S’agissant d’une collation de fruits ou d’autres aliments, pris sans pain : si l’on n’a pas convenu de manger ensemble, il est souhaitable, de l’avis de tous les auteurs, que chacun récite les bénédictions pour soi-même. Si l’on a convenu de manger ensemble, certains décisionnaires estiment préférable qu’un des convives récite les bénédictions à haute voix et en acquitte ses compagnons (Choul‘han ‘Aroukh 213, 1). D’autres pensent que seules la consommation de pain ou de vin est considérée comme fédératrice des personnes présentes ; c’est seulement alors qu’il est bon que l’un des convives dise la bénédiction pour tout le monde. Les autres nourritures et boissons, en revanche, n’ont pas assez d’importance pour que des gens se réunissent pour les consommer ensemble ; aussi, même si l’on s’attable pour les consommer ensemble – et tant que ces nourritures et boissons ne s’inscrivent pas dans le cadre d’un repas accompagné de pain –, il est préférable que chacun dise les bénédictions pour son propre compte (Rema, ad loc. ; Michna Beroura 11). En pratique, puisque chaque coutume possède son avantage, on sera autorisé à choisir : soit que l’un des convives dise les bénédictions pour tous, soit que chacun les récite pour soi-même.
S’agissant de la bénédiction finale, on s’accorde à dire qu’il est préférable que chacun la récite pour soi-même. Mais s’il se trouve là une personne qui craint de ne pas se souvenir correctement des mots de la bénédiction, ou qui doute d’avoir consommé une mesure justifiant de la réciter, il sera souhaitable qu’un autre convive la dise à haute voix afin de l’en acquitter (Choul‘han ‘Aroukh 213, 1 ; cf. ci-dessus, chap. 5 § 6, à l’égard du Zimoun).