05 – Occupations attristantes

Quand une personne meurt pendant la fête, on s’occupe de tout ce qui est nécessaire à son enterrement ; s’il le faut, on coud son linceul et l’on creuse sa tombe (Choul’han ‘Aroukh 547, 10 ; cf. ci-après chap. 12 § 11).

Mais on ne prononce pas d’éloge funèbre en son honneur, en raison de la joie propre à la fête, qui est une mitsva toranique ; aussi faut-il avoir soin de ne pas multiplier les pleurs et les manifestations de deuil (Mo’ed Qatan 27a, Choul’han ‘Aroukh 547,1).

Si le défunt était un érudit, on prononce un éloge funèbre lors de son enterrement, car l’honneur dû à la Torah repousse la joie de la fête (Mo’ed Qatan 27b, Choul’han ‘Aroukh, Yoré Dé’a 401, 5). Certains estiment que, de nos jours, il n’est plus d’érudit qui soit versé dans toute la Torah, aussi ne faut-il plus prononcer d’éloge funèbre pendant une fête (Maguen Avraham, Michna Beroura 547, 12). En pratique, on a coutume de faire un éloge funèbre en l’honneur d’un grand érudit, connu pour avoir propagé l’étude de la Torah, ou avoir enseigné la loi au grand nombre ; mais il est d’usage d’être quelque peu concis dans cet hommage.

Même à ‘Hol hamo’ed, les proches du défunt, qui ont l’obligation de prendre le deuil pour lui, déchirent leur vêtement au moment de l’enterrement (Choul’han ‘Aroukh 547, 6). De nombreux Ashkénazes et Séfarades ont coutume de ne déchirer leur vêtement, pendant la fête, que pour leurs parents, et non pour leurs autres proches (Rama ad loc., Kaf Ha’haïm 30).

Après l’enterrement, on remet ses vêtements de fête, et l’on n’observe pas les usages de deuil, car la joie de la fête a préséance sur le deuil. C’est après la fête que les proches s’assiéront et observeront les sept jours de deuil (chiv’a). Bien que l’on n’observe pas les coutumes des sept jours de deuil pendant la fête, les amis proches de l’endeuillé viennent lui rendre visite et le consoler (Choul’han ‘Aroukh 548,6).

Les sages ont décrété que les cohanim (prêtres) n’examineraient pas les plaies de tsara’at (« lèpre ») pendant la fête, de crainte que la plaie ne soit trouvée impure, ce qui transformerait en affliction la fête de la personne atteinte. On repousse donc l’examen de la plaie après la fête (Mo’ed Qatan 7a, Maïmonide, Yom tov 7, 16).

Il est interdit de jeûner pendant la fête ; même un jeûne visant à l’expiation de ses fautes est alors interdit (Choul’han ‘Aroukh Harav 288, 3, Michna Beroura 529, 1).

S’il faut s’abstenir d’accomplir une mitsva entraînant de la tristesse, telle qu’un éloge funèbre ou l’examen de plaies, à combien plus forte raison chacun doit-il prendre soin de ne pas s’entretenir de sujets susceptibles de causer de la tristesse – par exemple d’évoquer ses chers disparus – ou de sujets qui provoquent de la colère (Roua’h ‘Haïm 529, 4).

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