03 – Joie, repas et vêtements

C’est une mitsva pour chacun que de se réjouir avec les membres de sa famille et tous ceux qui l’accompagnent, aux jours de ‘Hol hamo’ed, comme il est dit : « Tu te réjouiras en ta fête, toi, ton fils, ta fille, ton serviteur, ta servante, le lévite, le prosélyte, l’orphelin et la veuve qui sont en tes portes » (Dt 16, 14 ; Maïmonide, Yom tov 6, 17).

La mitsva de la joie doit s’exprimer par le biais des repas et des vêtements, car ce sont là des choses dont les gens ont l’habitude de se réjouir. De plus, d’un certain point de vue, ‘Hol hamo’ed est, lui aussi, considéré comme « convocation sainte » ; aussi est-ce une mitsva que de le sanctifier « par la nourriture, par la boisson et par une tunique propre » (Sifra, Emor 12, 4).

Par conséquent, c’est une mitsva que de fixer, chaque jour de ‘Hol hamo’ed, deux repas : l’un, le soir, l’autre le jour. C’est une mitsva que de manger, à chacun de ces repas, du pain et des mets réjouissants ; et c’est une mitsva que d’y boire un vin réjouissant, dans la mesure d’un revi’it (75 ml). Par quelque autre boisson alcoolisée, on accomplit également la mitsva, mais la façon la meilleure d’accomplir celle-ci est de boire du vin, lequel est la plus importante des boissons. Celui que la consommation de viande réjouit, il est préférable qu’il mange, lors des repas de ‘Hol hamo’ed, de la viande ou du poulet. Quiconque accomplit la mitsva avec perfection et honore les fêtes, impartissant des dépenses à l’achat de nourritures et de boissons délectables pour l’honneur du Ciel, sera grandement récompensé (Rabbi Yits’haq Louria). Ceux qui se sentiraient alourdis par la consommation de deux repas carnés par jour prendront, à l’un des deux repas, d’autres mets propres à réjouir leur cœur. On a coutume de recouvrir la table d’une nappe, tous les jours de ‘Hol hamo’ed, comme à Yom tov (‘Aroukh Hachoul’han 530, 4).

Cependant, les jours de ‘Hol hamo’ed ne sont pas aussi importants que ceux de Yom tov ; par conséquent, s’il est vrai qu’y faire des repas importants accompagnés de pain est constitutif d’une mitsva, ce n’est pas une obligation (‘hova). Si l’on n’a pas le désir de manger du pain à ces repas, on est autorisé à s’en abstenir. De même, si l’on ne souhaite pas manger de nombreux plats, ni boire du vin, on peut s’en abstenir. Cela, à condition que ses repas de ‘Hol hamo’ed soient meilleurs que ceux des jours ordinaires. Rendre son alimentation de ‘Hol hamo’ed semblable à celle des jours ordinaires, ce serait mépriser la fête ; or nos sages ont enseigné : « Celui qui méprise les fêtes n’a point part au monde futur » (Maximes des pères 3, 11 ; Rachi et Bartenora).

Puisqu’il n’est pas obligatoire de manger du pain aux repas de ‘Hol hamo’ed, celui qui, ayant mangé du pain, a oublié de réciter dans le Birkat hamazon le passage Ya’alé véyavo ne se reprendra pas. Le principe est en effet que, pour un repas où il n’est pas obligatoire de manger du pain, l’oubli de mentionner le jour n’oblige pas à recommencer le Birkat hamazon (Choul’han ‘Aroukh 188, 7 ; cf. ci-dessus, chap. 2 § 6).

C’est une mitsva que de porter de beaux et réjouissants habits, à ‘Hol hamo’ed. Ceux qui apportent à la mitsva un supplément de perfection ont coutume de porter, à ‘Hol hamo’ed, des habits aussi beaux que ceux de Chabbat. Mais cela n’est pas obligatoire ; ce qui est obligatoire, c’est qu’une certaine différence soit perceptible entre ses vêtements de ‘Hol hamo’ed et ceux des jours ordinaires[2].

Au titre de la mitsva de la joie s’inscrit le fait d’accomplir des choses qui réjouissent le cœur, comme de chanter, de danser, de se promener, chacun suivant ce qui le réjouit (cf. ci-dessus, chap. 1 § 13).


[2]. La mitsva de la joie s’applique à ‘Hol hamo’ed aussi bien qu’aux jours de Yom tov, comme l’enseigne Maïmonide, Yom tov 6, 17. Selon le Choul’han ‘Aroukh Harav 529, 5, il n’y a pas de mitsva d’honorer ces jours ni d’en faire une source de délice, puisqu’ils ne sont pas appelés « convocations saintes » (miqra qodech). Toutefois, nous trouvons dans la Mékhilta de Rabbi Ichmaël, Bo 9, que ‘Hol hamo’ed est, lui aussi, appelé miqra qodech ; aussi est-ce une mitsva que de le sanctifier « par le vêtement, par la boisson et par une tunique propre ». Le Cha’ar Hatsioun 530, 4 explique que ces jours se situent à un degré intermédiaire : d’un côté, il n’est pas interdit – comme à Yom tov – d’y accomplir des mélakhot ; aussi n’est-il pas obligatoire d’y manger du pain, et, si l’on a oublié de dire Ya’alé véyavo dans le Birkat hamazon, on ne se reprend pas (Choul’han ‘Aroukh 188, 7) ; de l’autre, puisqu’il y a en ces jours un aspect de miqra qodech, c’est une mitsva que d’y manger du pain et d’honorer ces jours par de beaux vêtements. Cf. encore Les Lois de Pessa’h 12, 1, où l’on voit que, selon certains auteurs, c’est une mitsva que de manger de la matsa chaque jour de la fête, aux deux repas. D’après certains décisionnaires, cités par Michna Beroura 639, 24, il faut en inférer qu’on doit prendre deux repas accompagnés de pain les jours de ‘Hol hamo’ed Soukot.

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