09. oupe contenant plusieurs espèces d’aliments

Les soupes de légumes[h] qui sont servies aujourd’hui tirent fréquemment l’essentiel de leur goût d’un bouillon en poudre ; par conséquent, la bénédiction du liquide sera Chéhakol, et la bénédiction des légumes Ha-adama (cf. ci-dessus, chap. 8 § 16). Mais si l’un des deux éléments est le principal et l’autre l’accessoire, on dira la bénédiction du principal, ce par quoi on exemptera l’accessoire. Cette règle se décompose en trois cas.

1) Si la grande majorité de la soupe consiste en liquide, et qu’il y ait très peu de légumes, ceux-ci sont l’accessoire du liquide, et la bénédiction de la soupe sera Chéhakol, ce par quoi l’on couvrira le peu de légumes qui s’y trouvent (Cha‘ar Hatsioun 208, 27).

2) Si la majorité consiste en liquide, mais que les légumes forment une minorité importante, il n’y a plus ni principal ni accessoire, en raison même de l’importance des légumes et en dépit de leur caractère minoritaire. Il faudra donc prononcer deux bénédictions : Ha-adama sur les légumes, Chéhakol sur le bouillon.

3) Si les légumes forment près de la moitié de la soupe, de sorte qu’il est clair pour nous qu’ils forment le principal et que le liquide est accessoire, on dira Ha-adama sur les légumes, et l’on exemptera ainsi le liquide (Michna Beroura 202, 54 ; 205, 13). Même si, après que l’on a terminé les légumes, il reste quelques cuillerées de bouillon, celui-ci est annexe aux légumes, et il n’est pas nécessaire de prononcer sur lui quelque berakha distincte.

Quant à la bénédiction finale : on n’en dira point sur une soupe principalement liquide, puisque l’on n’aura pas bu un revi’it de façon continue (comme nous l’avons vu ci-dessus, chap. 10 § 10). S’il s’y trouvait des légumes, et que l’on en ait mangé un kazaït dans le délai d’akhilat pras – c’est-à-dire le volume de la moitié d’un œuf en sept minutes (cf. chap. 10 § 7) –, on dira Boré néfachot.

Soupe aux kneidler (boulettes de farine azyme) : si les kneidler y sont nombreux, et que l’on mange la soupe essentiellement avec eux, ces derniers constituent le principal ; on dira donc Mézonot, et l’on couvrira ainsi la soupe. S’il y a peu de kneidler, on dira Mézonot sur les kneidler, et Chéhakol sur la soupe.

Soupe contenant des pâtes et des légumes, qu’il est difficile de séparer : même lorsque les pâtes sont minoritaires, elles constituent le principal, parce qu’elles sont faites de céréales. On dira donc Mézonot d’abord, puis à la fin ‘Al hami‘hia (Choul‘han ‘Aroukh 208, 2). Mais si la soupe contient des morceaux importants de légumes, que l’on peut isoler, il est douteux que ces morceaux doivent être considérés comme partie du mélange, et annexes aux pâtes. Afin d’échapper au doute, on dira d’abord Mézonot sur les pâtes, puis Ha-adama sur les légumes ; et c’est seulement ensuite qu’on mangera les deux ensemble (comme nous l’avons vu en note 4). Quant à la bénédiction finale : si l’on a mangé un volume de pâtes équivalent à un demi-œuf (dans un délai de sept minutes), on dira ‘Al hami‘hia. Si l’on a mangé séparément un volume d’un demi-œuf de légumes, on dira aussi Boré néfachot. Si l’on a mangé moins d’un kazaït de pâtes, mais que l’on ait mangé un kazaït de légumes, même si ce n’est pas séparément, on dira Boré néfachot[7].

Quand, dans du lait ou du yaourt aigre (leben), on a mis des céréales dont la bénédiction est Mézonot, céréales qui sont mélangées au point que, la plupart du temps, il en tombe dans la cuillerée, on dira Mézonot sur le tout (cf. ci-dessus, § 4). Mais si les deux éléments ne sont pas tellement mélangés, de sorte que l’on met souvent en bouche du leben ou du lait, sans céréales, on dira Mézonot sur celles-ci et Chéhakol sur le produit lacté. S’agissant de la bénédiction finale, si l’on a mangé un kazaït de céréales, on dira ‘Al hami‘hia, ce par quoi l’on couvrira le leben ou le lait. S’il n’y avait pas un kazaït de céréales dans ce que l’on a mangé, mais que, avec le leben il y avait un kazaït, on dira Boré néfachot. En revanche, si c’est avec du lait que l’on a mangé les céréales, on ne dira aucune bénédiction à la fin. En effet, puisqu’on les aura mangées à la cuiller, il est impossible que l’on ait bu un revi’it de lait dans le délai qui donne lieu à la récitation de la berakha finale (cf. ci-dessus, chap. 10 § 10 ; s’agissant des grains de blé soufflé – chalva – mangés avec du lait, cf. chap. 6 § 14).


[h]. Dans ce paragraphe, il n’est question que de soupe non moulinée.

[7]. Les petits croûtons à soupe à la mode israélienne (chqédé maraq) [dont la bénédiction initiale est Mézonot] suivent la même règle que les pâtes : s’il est difficile d’isoler les autres ingrédients constitutifs de la soupe, que l’on ait déjà ajouté les croûtons à celle-ci, et que, en général, de la soupe et des croûtons viennent tous deux dans la même cuillerée, on dira Mézonot sur l’ensemble. Mais a priori, avant d’ajouter les croûtons, il est juste de réciter sur eux la bénédiction Mézonot et d’en manger, puis de réciter sur la soupe elle-même la bénédiction qui lui est propre et d’en manger ; ensuite, on consommera le tout ensemble. Cela, parce qu’il est souvent douteux que les croûtons transforment la soupe entière en leur accessoire. Il se peut en effet qu’ils ne soient pas nombreux, ou pas entièrement mêlés à la soupe. La règle est la même pour la viande que pour les légumes.

 

Quant à la bénédiction finale : si l’on n’a pas mangé un kazaït de croûtons, les légumes ne s’additionnent pas à ceux-ci pour compléter leur mesure, car il est douteux que l’ensemble forme un même aliment. Cf. ci-dessus, chap. 10, note 14.

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